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3/4 Peace, Rainy Days On The Common Land

¾ Peace, Rainy Days On The Common Land

(El Negocito Records)

WWW.ELNEGOCITORECORDS.COM

Saxophoniste/flûtiste actif depuis plus d’un quart de siècle sur les scènes belges d’abord, puis internationales, Ben Sluys fait partie de ces musiciens polymorphes – on n’oserait pas employer le trop péjoratif  « touche-à-tout » tant ses larges champs d’activités sont toujours justes, intéressants, voire passionnants. Membre d’ « Octurn » dès la naissance du groupe  et déjà présent sur le premier opus « Chromatic History » (1994), mais aussi partenaire des formations de Myriam Alter ou de Paolo Radoni, il se révèle très tôt comme un compositeur féru de tradition (« Food For Free », 1997), de fines mélodies (All One Song sur « Ancesthree » en  2000 avec Hendrik Braeckman et Piet Verbist), d’envolées résolument plus contemporaines avec Erik Vermeulen par exemple, et de pièces doucement introspectives (comme le premier enregistrement du trio ¾ Peace).  C’est avec ce dernier trio intimiste qu’il sort « Rainy Days on the Common Land » sur le label el NEGOCITO. Les partenaires n’ont pas changé : le contrebassiste français Brice Soniano et le pianiste belgo-péruvien Christian Mendoza semblent être nés pour participer à ce florilège de douceur et de lyrisme. La galette s’ouvre sur le bien nommé Still dont la mélodie vous reste directement dans l’oreille. « Bartok Violin Concerto » reprend le thème d’ouverture du premier concerto du compositeur hongrois et l’atmosphère intimiste se poursuit sur une improvisation de Brice Soniano en ouverture de « Flying Circles », alors qu’une note plus impressionniste et un touchant  solo de Christian Mendoza clôture l’album avec « Cycling » et ses accents de Satie .  L’influence purement jazz qu’on aime chez Ben Sluys on la retrouve sur « Someone Like Lee » dont on n’aura aucune peine à discerner l’influence, le saxophoniste américain étant une de ses grandes sources d’inspiration. Tout comme Jacques Pelzer d’ailleurs ( à qui il consacra « Pour Jacques » sur l’album « Candy Century ») et dont on retrouve la sonorité sur « Hope ».  Jouer sur l’intime, la nuance, la sensibilité sans jamais lasser, c’est tout l’art de ce trio qu’il est vivement recommandé de partager.

Jean-Pierre Goffin