Animus Anima, Résidence sur la terre juin01

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Animus Anima, Résidence sur la terre

Animus Anima, Résidence sur la terre

IGLOO RECORDS

Animus Anima est une formation liée au Collectif du Lion et fondée par le saxophoniste Nicolas Ankoudinoff. Né à Liège, d’une famille de musiciens russes, celui-ci a poursuivi ses études au Conservatoire de Liège, auprès de Garrett List et Michel Massot. Se qualifiant lui-même de « musicien voyageur », il a côtoyé aussi bien Fred Van Hove ou Bart Maris que les Gnawas du Maroc ou la fanfare Rage Dedans. Dès les années 2000, il fonde Animus Anima, formation se réclamant d’un « jazz psychédélique contemporain », balançant, à l’image du principe animus-anima (masculin-féminin), entre écriture et improvisation, entre « jazz rock furieux » et « ballades charnelles ». En 2002, le trio de base réunit le guitariste français Benoist Eil, tritureur de sons amoureux des larsens, et le batteur Etienne Plumer (Turlu Tursu, Tomassenko, Orchestra Vivo). En 2007, pour l’album « Le Bénéfice du Doute », la formation s’élargit en sextet avec l’arrivée de Paul Camus (voix), Vincent Matyn (sampler) et Pascal Rousseau, un tubiste formé au Conservatoire de Paris et qui se partage entre musique classique contemporaine (Ictus, Brass Label Quintet) et jazz (Marc Ducret, Claude Barthélemy, Patrice Caratini,  le X’Tet de Bruno Régnier, MikMâäk). En 2010, le quartet de base – Ankoudinoff, Rousseau, Eil, Plumer – enregistre « Qu’est-ce que tu crois ? » pour Rat Records et multiplie les concerts. Voici maintenant que sort, sur le label Igloo, « Résidence sur la Terre », avec une formation élargie : trois musiciens de renom ont rejoint le quartet de base. A la trompette, Bart Maris, membre du Flat Earth Society, de Moker, MikMâäk ou Keenroh XL, un musicien souvent sollicité aussi en France (invité par l’Orchestre National de Jazz d’Olivier Benoît, par Walabix du Tricollectif). Au Fender Rhodes, Giovanni Di Domenico, membre de Mulabanda avec le saxophoniste italien Daniele Martini et de TranseMission avec Grégoire Tirtiaux, Laurent Blondiau et Hassan El Gidiri (guembri). Enfin, aux congas et au derbouka, Stephan Pougin, membre du trio Houben-Pirotton, de l’Orchestra Vivo comme de Rêve d’Eléphant Orchestra. En présence de ce septet, un parallèle surgit immédiatement à l’esprit avec Rêve d’Eléphant Orchestra auquel sont liés les deux percussionnistes depuis 15 ans et Benoist Eil pour l’album « Pourquoi pas un Scampi ? ». Constitué de sept compositions originales d’Ankoudinoff, avec souvent des titres en forme de jeu de mots (Nomad’s Land, Argile de tes mains, Terre Ève), le répertoire de ce nouvel album évoque aussi l’univers bigarré de Rêve d’Eléphant : des compositions à l’architecture savante et aux climats variés. Des mélodies dansantes, sur des rythmes colorés ponctués par les vrombissements du tuba (Atmosphère atmosphère, Marée basse, Zaaien donc nous sommes), mais aussi de luxuriantes mélodies au charme sensuel (Baloo Stardust, Terre Ève). Mais aussi une musique qui laisse une large place à l’improvisation des solistes : impressionnant solo de  saxophone ténor (Atmosphère atmosphère), de tuba  (Baloo Stardust, Zaaien), belle intro de trompette (Atmosphère atmosphère) ou de congas (Baloo Stardust), beau passage de derbouka (Marée basse), haute voltige de la guitare aux sonorités saturées (le très rock Nomad’s Land, Marée basse), beaux dialogue ténor-tuba (Terre Ève) ou ténor-trompette (Zaaien). Avec ce nouveau répertoire et cette large palette sonore, Animus Anima fait partie des formations les plus attrayantes du paysage jazz actuel en Belgique. Après le concert du 11 mai au Centre Culturel Jacques Franck de Bruxelles, rendez-vous au Jazz 9 de Mazy le 11 juin. Et à quand un concert à l’AnVert (Liège), pourquoi pas ?

Claude Loxhay