Dhafer Youssef, Diwan of Beauty déc05

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Dhafer Youssef, Diwan of Beauty

Dhafer Youssef Birds Requiem EPK (English with French subtitles) from Dhafer Youssef on Vimeo.

Dhafer Youssef, Diwan of Beauty & Odd

OKEH RECORDS

Pour beaucoup d’entre nous, ce qui caractérise la musique de Dhafer Youssef, c’est l’ambitus incroyable que sa voix peut soutenir, avec une impression de facilité déconcertante… Cette façon unique de chanter très haut dans les aigus, Dhafer Youssef l’a héritée aussi bien de sa formation à l’école coranique où, très tôt, il s’est initié aux chants religieux musulmans, qu’aux heures passées à écouter le maître absolu du chant qawwalî, Nusrat Fateh Ali Khan. On en oublierait presque le plus important ! Dhafer Youssef est aussi et surtout un excellent musicien/compositeur de jazz, son instrument de prédilection étant le sensuel oud. Adepte des échanges et des découvertes multiculturels, le chanteur tunisien abandonnera rapidement les lieux de culte au profit des maisons de jeunes et des fêtes de mariages où son goût pour le groove, puis pour le jazz, se développera peu à peu. Par exemple (parmi tant d’autres…), il s’acoquinera brillamment avec des artistes phares de la scène électro jazz scandinave, aussi prestigieux que les incontournables Bugge Wesseltoft, Nils Petter Molvaer et Eivind Aarset. Familiarisé aux rencontres de musiciens hors-pairs, l’oudiste devait, en toute logique, déposer ses valises à New-York. Là-bas, il a embarqué la fine fleur du jazz local pour l’enregistrement de cet album largement inspiré de l’énergie dégagée par la ville. L’oud de Dhafer Youssef et le piano d’Aaron Parks sont les deux instruments pivots de « Diwan ». Grâce au binôme Anouar Brahem/François Couturier, dont « Le pas du chat noir » demeure une référence absolue en la matière, nous savions déjà quelle force émotive un tel mariage pouvait dégager. Ici, et grâce au reste du quintet formé pour l’occasion, on atteint des sommets impressionnants dans l’émotion (parfois poussée à un paroxysme étouffant) et dans la qualité fusionnelle des musiques orientale et occidentale. Techniquement irréprochable (écoutez particulièrement les thèmes où se juxtaposent le chant et la stridence de la trompette d’Ambrose Akinmusire…), mélancolique et à l’orchestration aérienne, « Diwan » atteint une nouvelle dimension universelle et atypique.A déposer sous le sapin !

Joseph « YT » Boulier