Lionel Beuvens Motu, Earthsong jan30

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Lionel Beuvens Motu, Earthsong

Lionel Beuvens Motu, Earthsong

IGLOO RECORDS

Lionel Beuvens, élève entre autres d’Antoine Cirri et Dre Pallemaers, est l’un des batteurs les plus sollicités en Belgique : Heptatomic de sa soeur Eve, Peter Hertmans Quartet, Fabrice Alleman, Sabin Todorov, Fabrizio Graceffa, Raf D. Backer. Après « Trinité » gravé, en quartet, en 2013, voici son deuxième album personnel enregistré avec une formation à géométrie variable : quartet, quintet ou sextet. Ce projet a vu le jour à la suite de deux cartes blanches offertes par Jean-Pierre Bissot au Gaume Jazz Festival, la première en 2011, en quartet avec le trompettiste finlandais Kalevi Louhivuori; la seconde, en 2015, en sextet avec le saxophoniste français Guilhem Verger et la vocaliste Emilie Lesbros. Pour Motu, Lionel beuvens retrouve Alexi Tuomarila, pianiste finlandais découvert, chez nous, en quartet avec Nicolas Kummert (« Voices of Pohjola », « Drifter ») mais aussi en trio (« Constellation »); Kalevi Louhivuori, virtuose de la trompette qui a côtoyé Dave Liebman, Bob Mintzer  ou Al Foster et Brice Soniano, contrebassiste français que l’on a entendu, chez nous, au sein du trio 3/4 Peace, avec Ben Sluijs et Christian Mendoza comme du quintet de Mendoza avec Joachim Badenhorst (« Arbr’en Ciel »). Et, en invités, d’une part, Guilhem Verger, sur trois plages, un saxophoniste qui a découvert Trane à 8 ans, côtoyé Daniel Humair, John Tchicai ou Serge Lazarevitch et enregistré plusieurs albums avec les groupes Sounds of Atlas et Sounds 4 Elements et, d’autre part, la vocaliste Natashia Kelly, élève de David Linx au Conservatoire de Bruxelles, qui a participé au Brussels Voval Projetc et formé un duo avec Brice Soniano. Avec ce « Earthsong », hommage à la terre, la liberté et l’énergie, Lionel Beuvens renoue avec le groupe qu’il avait formé alors qu’il fréquentait le Conservatoire de Bruxelles, Grass Monkeys, avec Alexi Tuomarila, Nicolas Kummert et la vocaliste Ingrid Weetjens, à mi-chemin entre pure tradition jazz et le pop-rock de Radiohead. Au répertoire, sept compositions dédiées à ses proches, parmi lesquelles la suite Earthsong en trois parties. Une succession de plages jouées, pour une part, en quartet, entre ballades lyriques (FableBridhe House, Adage) et groove survitaminé (Three trees, Maria): l’occasion de mettre en évidence la virtuosité de Kalevi Louhivuori à la trompette et les envolées vertigineuses d’Alexi Tuomarila au piano. Sur Song of Ive, la voix de Natashia Kelly dialogue avec la trompette, dans un contexte qui rappelle le couple Norma Winstone-Kenny Wheeler et, sur Earthsong I et III , c’est le saxophone volubile qui s’allie à la trompette. Enfin, Earthsong II est joué en sextet, sur un texte de Gertrud Stein. Alternent ainsi grooves survoltés parfaitement maîtrisé par le leader, référence à Miles ou certaines ambiances planantes très ECM, dans un bel équilibre entre vigueur des rythmes et beauté des mélodies. Une vraie richesse d’écriture et d’orchestration.

Claude Loxhay