Steve Coleman, Morphogenesis oct13

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Steve Coleman, Morphogenesis

Steve Coleman à « La Petite Halle »

Du 6 au 19 octobre, Steve Coleman est en résidence à la Petite Halle à la Porte de Pantin, pour une douzaine de concerts autour de ses  créations anciennes et récentes : Five Elements, Metrics, bien sûr, mais aussi SC’s Natal Eclipse, alors que des invités complètent certains jours le programme – Magic Malik ou le trio de Reggie Washington au sein duquel on retrouve Jozef Dumoulin. Présent lors de la première séance de ce marathon, j’ai pu retrouver les « Five Elements » tels que je les avais déjà vus à plusieurs reprises : Jonathan Finlayson à la trompette,  Sean Ryckman à la batterie et Anthony Tidd à la basse électrique. Si cette première séance confirmait l’esthétique Colemanienne dans ce line-up, elle offrait à nos oreilles grandes ouvertes une musique passionnante où les variations rythmiques, compositions à la métrique complexe et improvisations d’une maîtrise phénoménales, se mêlaient à une tradition qui voyait le saxophoniste proposer un thème parkerien d’où le phrasé bop n’était jamais absent, ou nous régaler d’une version épurée basse, trompette, saxophone, de Round Midnight, à quelques heures du centenaire de Thelonious Monk, sans doute pas un hasard, et de conclure sur un thème virevoltant. Parmi ses trois partenaires au sommet de leur forme, on épinglera le travail rythmique phénoménal de Sean Ryckman et la virtuosité/limpidité du jeu d’Anthony Tidd.

Un peu déçu de ne pouvoir assister au concert de « Natal Eclipse », je me suis illico procuré l’album « Morphogenesis » paru il y a quelques mois. Un line-up étoffé – neuf musiciens – où seul Jonathan Finlayson est issu des « Five Elements » et où on note d’emblée l’absence de batteur, un élément pourtant essentiel dans la musique de Steve Coleman. La présence d’une clarinette – Rane Moore – d’un violon – Kristin Lee – et de la voix de Jen Shyu montrent la voix d’une musique de chambre telle qu’on l’entendait déjà sur l’album précédent de Coleman, mais on peut compter sur laprésence de Matt Mitchell au piano et Greg Chudzik à la basse pour assurer un tempo bop sur Pull Counter. Si l’ensemble des compositions/improvisations sont bel et bien marquées du sceau de Steve Coleman, on s’attardera sur une pièce improvisée en studio intitulée NOH qui rappelle le In C de Terry Riley, alors que Horda, pièce également spontanée, contient les éléments répétitifs et hypnotique de la musique du saxophoniste. Pièce centrale de l’album, Morphing, laisse pendant 14 minutes une place à l’interaction remarquable des huit musiciens, le percussionniste Neeraj Mehta, discret sur l’ensemble de l’album, étant ici absent. Même si l’absence de batteur déconcertera les fans du « Five Elements », on ne peut qu’admirer la constante recherche d’un des musiciens majeurs de ces trente dernières années. (PI Recordings)

Jusqu’au 19 octobre à La Petite Halle, Parc de la Villette à Paris.

Jean-Pierre Goffin