Matt Mitchell, A Pouting Grimace mar30

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Matt Mitchell, A Pouting Grimace

Matt MitchellA Pouting Grimace

PI Recordings 

La découverte du pianiste Matt Mitchell au sein du quintet de Dave Douglas fut une révélation qui m’incita à découvrir plus loin ses enregistrements en leader, souvent en petite formation. Alors,  l’écoute de ce « Pouting Grimace » a été un choc : le groupe compte pas moins de 12 musiciens sur Brim, la pièce centrale de l’album, musiciens qui se répartissent sur cinq autres pièces, Matt Mitchell se réservant quatre petites douceurs électroniques en solo. Dans une configuration unique à ma connaissance, Mitchell fait appel à des sonorités rarement confrontées en jazz : si Kate Gentile est à la batterie, on l’entend aussi aux gongs et percussions diverses. Ches Smith est au vibraphone, mais aussi  au glockenspiel, tanbou, timpani et bongos. Patricia Brennan au vibraphone et marimba. Katie Andrews à la harpe. Anna Weber à la flûte, mais aussi à la flûte basse. Jon Irabagon délaisse le ténor pour le soprano et le sopranino. Ben Kono est au hautbois et cor anglais. Sarah Schoenbeck au basson. Et Scott Robinson au saxophone-basse et à la clarinette contrebasse. Autant dire que l’album ne manque pas de couleurs ! Le tout sous la baguette du conducteur Tyshawn Sorey. Le line-up intrigue, mais pas autant que la musique. Impossible de classer cet album dans l’une ou l’autre catégorie : entre les solos atmosphériques du leader, s’imbriquent des pièces aux mouvements impulsifs et  parfois répétitifs, comme un torrent de musique aux sonorités qui bouleversent les canons, offrant des espaces qui se rattachent plus à la musique contemporaine qu’au jazz. L’ensemble exerce une réelle fascination sur l’auditeur, bouleversé par ce charivari de tonalités et de mouvements incessants. Une pièce rare et qui divisera sûrement les auditeurs. Pour ma part, je suis preneur !

Jean-Pierre Goffin