Tom Bourgeois, Murmures sept27

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Tom Bourgeois, Murmures

Tom Bourgeois, Murmures

NEUKLANG

« Prenez le temps d’écouter les murmures dans l’air », cette phrase écrite par François Vaiana pour l’un des titres de l’album est comme une introduction à cette musique: une musique intimiste, une sorte de jazz de chambre interprétée par un quartet atypique. Le choix du studio Bauer de Ludwigsburg, souvent sollicité par ECM, n’est pas innocent. Né en 1987, Tom Bourgeois a entamé ses études à l’Ecole Nationale de Musique de Villeurbanne, en région lyonnaise, pour les terminer au Conservatoire de Bruxelles comme nombre de ses compatriotes. Il fait partie de TAB, le trio du guitariste Alex Beaurain (album Sea Horse, en 2016, avec Frédéric Malempré aux percussions), du Jelle Van Giel Group (Songs for everyone et The Journey), de l’orchestre de Christian Klinkenberg (GEO 2) mais aussi de différentes formations du pianiste Geoffrey Fiorese: quintet, quartet Odil (album Something) et tentet (Dance, blue lady). On l’a aussi entendu, lors du dernier Jazz à Liège, au sein d’Urbex, en remplacement de Steven Delannoye et il compte plusieurs collaborations avec la chanteuse hongroise Veronica Harcsa. Voici qu’il propose un double album, sur le label allemand Neuklang, à la tête d’un quartet à l’instrumentation originale. A l’accordéon, Thibaut Dille, membre d’Oak Tree aux côtés de Sarah Klenes (voix) et Annemie Osborne (cello) mais aussi du groupe réuni par Diederik Wissels pour l’album Pasarela et d’un duo avec Charles Loos (Noctis). A la guitare, Florent Jeunieaux, membre, comme Bourgeois, du tentet de Geoffrey Fiorese et de Pinto avec la pianiste Margaux Vranken, mais aussi leader du groupe Echt. A la voix, une révélation de la scène française, Loïs Le Van qui, après s’être inscrit au Conservatoire de Lyon, est devenu l’élève de David Linx au Conservatoire de Bruxelles: ce qui explique son approche originale de la voix. A la tête d’un sextet, il a enregistré The other side, avec Thomas Mayade à la trompette, Rendez-vous à l’ovyne avec le Bravo Big Band et a rejoint le Brussels Vocal Project, en compagnie de François Vaiana qui a écrit plusieurs textes pour ces Murmures. Deux volets dans ce double album. D’une part, des compositions originales (7 de Bourgeois, 2 de Le Van) que complète un arrangement original de Duke Ellington’s sound of love de Mingus. D’autre part, une sorte d’hommage à la musique impressionniste de Ravel: des arrangements de Sonatine et des 4 mouvements du Quatuor. Murmures, comme l’indique le texte de présentation, c’est « comme un souffle chaud qui vous parle dans le creux de l’oreille ». La voix limpide du saxophone, soprano ou ténor, comme sur Melancholia, Charlie, Jeff ou Winter ou celle ombrageuse de la clarinette basse (Créatures, Mechanical Boy) se marie à la voix fluide de Loïs Le Van ou au chant de l’accordéon. La guitare, le plus souvent très « jazz », peut recourir à des effets électriques bruitistes comme sur Créatures. Alternent alors quartet, trio ou duo, comme sur Duke Ellington’s sound of love, où la voix, proche de celle de Chet, se marie à la guitare. Le deuxième cédé reflète l’influence que Diederik Wissels et son écriture raffinée ont pu avoir sur Bourgeois: des arrangements subtils de Sonatine et des 4 mouvements du quatuor de Ravel, avec le souci de mettre en valeur à chaque fois un instrument: accordéon sur fond de clarinette basse (1er mouvement), soprano (2e mouvement), voix sur un texte de François Vaiana (3e mouvement) et guitare pour le dernier. « Murmures, comme le son d’une parole intime qui vous livre un secret »

Claude Loxhay

Concerts

Après la présentation de l’album à Paris, au Sunside, des concerts à Budapest et Francfort:

20 octobre: Bruxelles, Jazz Station

21 octobre: Le Salon Bugrane