Lurrie Bell Dynasty, Tribute To Carey Bell déc03

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Lurrie Bell Dynasty, Tribute To Carey Bell

Lurrie Bell & The Bell Dynasty,   

Tribute to Carey Bell

DELMARK RECORDS

Dans le domaine des musiques africaines américaines où, comme ailleurs, les majors dominent, il n’existe plus beaucoup de compagnies indépendantes. Pour le blues, deux d’entre elles opèrent depuis Chicago. On connait Alligator Records, le label de Bruce Iglauer, spécialisé en blues moderne progressiste, tourné vers le futur, et en « roots music ». Et il y a Delmark Records, dont le catalogue blues privilégie surtout les formes traditionnelles, mais qui a également développé une ligne de jazz moderne, avec des productions de free jazz et de jazz fusion. En 2018 , on fêtait le 65ème anniversaire du label. Bob Koester, le fondateur de Delmark a pris sa retraite, en vendant tout (bâtiments, studios, archives, matrices et collections) à un duo de spécialistes, Julia Miller et Elbio Barilari, deux professeurs de musique dans des universités locales, et  musiciens eux-mêmes. Ils ont affirmé vouloir poursuivre dans la même voie que Bob Koester (interview à venir dans Jazz Around). Revenons ici à Carey Bell qui fut un harmoniciste légendaire de la scène Chicago Blues des années 1950, jusqu’à sa mort en 2007. Ses quatre fils ont suivi l’exemple paternel et sont devenus des musiciens professionnels renommés. Ils ont mis leurs talents au service d’un hommage à leur père. On peut d’emblée dire que c’est une réussite ! L’aîné, Lurrie Bell (chant /guitare) a déjà une belle carrière internationale à son crédit. Il est impérial dans sur les titres bien enlevées comme I Got To Go, To Morrow Night ou sur un slow comme Keep Your Eyes On The Prize, Hard Hearted Woman et  Woman Trouble. Depuis peu, Steve Bell s’est imposé comme un des harmonicistes avec lesquels il faudra compter. Il démontre ici son savoir-faire dans la plupart des morceaux. Quant aux deux cadets de la DynastieBell, Tyson (basse) et James (batterie), ils sont au diapason et James Bell se révèle pafois aussi un excellent chanteur comme sur Keep Your Eyes On The Prize, What My Momma Told Me et Break It Up. Et puis, n’oublions pas des guests bien choisis pour leurs relations passées avec Carey Bell : Charley Musselwhite mis en évidence dans I Got To Go, soit comme mentor dans le cas de Billy Branch (harmonica,chant), compagnon de route de Lurrie au sein des Sons Of Blues à la fin des années 1970. Ou encore Branch qui est aux commandes dans So Hard To Leave You Alone et pour l’interprétation de sa composition, bien enlevée, Carey Bell Was A Friend Of Mine. Il est rejoint sur ce titre par Steve Bell, en alternance, les deux compères montrent qu’ils ont bien retenu les leçons de leur modèle. Dans la foulée Branch est également accompagné de son pianiste Sumito « Ariyo » Ariyoshi qui officie avec panache sur trois morceaux. Enfin, se souvenant que Carey Bell fut accompagné par le guitariste Eddie Taylor sur son premier album (Delmark !), ses fils ont invité Eddie Taylor Jr. à les rejoindre. On peut l’entendre développer ses talents sur 9 des12 titres. Opus hautement recommandé.

Robert Sacre