Cecile Mc Lorin Salvant, The Window fév14

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Cecile Mc Lorin Salvant, The Window

Cecile Mc Lorin Salvant

The Window

MACK AVENUE 

Après « Cecile » enregistré avec le Paris Quintet de Jean-François Bonnel (clarinette, saxophone ténor), « WomanChild », « For One To Love » et « Dreams and Daggers », chacun enregistré avec une formation emmenée par le pianiste Aaron Dielh, voici le cinquième album de Cecile Mc Lorin Salvant. Née à Miami, d’une mère française et d’un père haïtien, elle s’est partagée entre les Etats=Unis (chant lyrique avec des professeurs privés) et la France (étude du chant classique à Aix-en-Provence). Pour « The Window », enregistré en partie en studio à New York, en partie au légendaire Village Vanguard (applaudissements nourris à la fin de Somewhere), elle est uniquement accompagnée par  Sullivan Fortner, au piano sur toutes les plages, mais à l’orgue sur J’ai le cafard, un musicien qui a côtoyé Dee Dee Bridgewater, Wynton Marsalis, Roy Hargrove, Dave Liebman ou John Scofield. Voici sans doute son album le plus intimiste et le plus dépouillé, dans cette formule sans filet du piano/voix (de belles intros et passionnants solos de piano, notamment sur Visions, The Sweetest Sounds ou Somewhere) De sa voix limpide et lumineuse, avec un sens inné du tempo et du swing (By Myself avec piano stride), Cecile Mc Lorin Salvant chante l’amour (Wild Is Love, I’ve Got Your Number, Everything I’ve Got Belongs To You), ses tourments (Ever Since The One I love’s Been Gone) et un penchant pour la tristesse, comme ce J’ai le cafard, chanson réaliste qui fut interprétée par Fréhel et Damia, petit clin d’œil à la langue française de sa mère, comme pour A clef, seule composition personnelle. Pour le reste, elle a choisi quelques classiques comme The Sweetest Sound et The Gentleman Is A Dope de Richard Rodgers, Were Thine That Special Face de Cole Porter, Somewhere extrait de West Side Story de Leonard Bernstein, By Myself chanté par Carmen Mc Rae, Trouble Is A Man chanté par Sarah Vaughan et Peggy Lee ou Ever Since The One I Love’s Been Gone du bluesman Buddy Johnson. Mais aussi Visions de Stevie Wonder, Obsession du Brésilien Dori Caymmi et The Peacock, lyrics de Norma Winstone sur une musique de Jimmy Rowles. Un répertoire éclectique qui revisite notamment des chansons peu interprétées, une alternance entre thèmes longs (Somewhere, The Peacocks) et thèmes courts de 1’10 (Everything I’ve Got Belongs To You) à 5 minutes (Visions, I’ve Got Your Number). Si Cecile Mc Lorin Salvant s’inscrit dans la grande tradition du jazz vocal, de Billie Holiday à Sarah Vaughan ou Ella Fitzgerald, elle reste une des personnalités les plus fortes, les plus originales : une grande voix du moment, comme le prouvent ses nominations au Grammy Awards du Jazz vocal.

Claude Loxhay