Naïssam Jalal, Quest Of The Invisible juin27

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Naïssam Jalal, Quest Of The Invisible

Naïssam Jalal,

Quest Of The Invisible

LES COULEURS DU SON

Née à Paris de parents syriens, Naïssam Jalal quitte le Conservatoire après avoir découvert l’improvisation et va étudier le nay, la flûte arabo/syrienne en bambou, au Grand Institut de Musique arabe de Damas. Après un séjour au Caire, elle est de retour en France. Elle joue en duo avec l’oudiste Hazm Shaheen (album « Liqaa ») et avec Yann Pittard (guitare, oud) pour Aux Résistances. Avec le contrebassiste Hubert Dupont, elle participe aux albums « Al Joulan », avec Matthieu Donarier à la clarinette. Elle croise les guitaristes Nelson Veras et Hervé Samb ainsi que Khaled Aljaramani, l’oudiste du projet Night Stork de Manu Baily. Elle forme le quintet Rhythms Of Resistance (albums « Osloob Hayati » et « Almot Wala Almazala »), avec lequel elle participe à la chorégraphie La Déclaration. Elle sera au Gaume Jazz le 10 août prochain avec son projet Quest Of The Invisible. « Dans le monde arabe, explique-t-elle, il existe de nombreuses traditions de musiques de transe ou de méditation. Avec ces compositions, j’ai voulu aller plus loin dans la connexion à l’invisible. Je les ai écrites dans un mouvement d’introspection. » Et elle cite, comme références, aussi bien la tradition Gnawa du Maroc que A Love Supreme de Coltrane ou Journey In Satchidananda qu’Alice Coltrane a composé lors d’un séjour initiatique en Inde. Pour ce projet de double album, soit quelque 68 minutes de musique intense, elle s’est entourée de Leonardo Montana au piano et Claude Tchamitchian à la contrebasse. D’origine brésilienne, Montana a grandi entre Bahia et la Guadeloupe. Après une approche autodidacte, il gagne le département jazz du Conservatoire de Paris. Il forme le trio Triphase avec Anne Paceo (batterie), croise Gueorgui Kornazov (trombone), Dave Liebman (saxophones), Chico Freeman (saxophones),mais aussi les chanteuses Omara Portuondo et Marcia Maria. Claude Tchamitchian est le contrebassiste du MegaOctet d’Andy Emler mais aussi de MikMâäk. Il a formé le groupe Lousadzak, croisé Yves Robert (trombone) comme les saxophonistes Sylvain Kassap ou André Jaume ainsi que les guitaristes Gérard Marais ou Philippe Deschepper. Pour le deuxième cédé, le trio accueille l’Américain Hamid Drake au daf (tambour d’origine persane) : percussionniste réputé du free jazz américain (Don Cherry, Pharoah Sanders, Joey Mc Phee, David Murray), il a aussi fréquenté les milieux free européens, notamment avec Peter Brôtzmann. Pour ce « Quest Of The Invisile », la flûtiste/vocaliste propose une musique introspective qui baigne dans une sérénité apaisante due à une écriture très mélodique et aux sonorités fluides et irisées de la flûte comme du nay, en conjonction avec une voix d’une grande limpidité. Al Leil s’ouvre sur un unisson entre flûte et archet sur la trame tissée par le piano. Sur Le Temps, c’est la voix qui se mêle au chant de l’archet, avant que la flûte n’intervienne en superpositon de la voix. Même superpositon sur Le chant des nuages, avec un beau solo de contrebasse en pizzicato. Sur Al Reda, Montana adopte un jeu très percussif, avant que la flûte ne se marie à l’archet. La présence d’Hamid Drake au daf sur le deuxième cédé permet d’accélérer le tempo (Ivresse) et d’adopter parfois un rythme tournoyant (Songe). Quant à l’intro de Prière, jouée au nay sur fond d’archet, elle s’ouvre sur un chant très prégnant. « La musique, dit-elle, est le seul art invisible par nature. Elle entretient une relation particulière avec le temps: comme la vie, la musique est éternellement éphémère, un moyen privilégié pour communiquer avec l’invisible.« 

Claude Loxhay

PS : En concert le 10 août au Gaume Jazz Festival