Corringham-Casserley, Anemoi nov08

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Corringham-Casserley, Anemoi

Viv Corringham-Lawrence Casserley,

Anemoi 

FMR RECORDS

Un échange – partage très original entre la voix superbe et expressive de la chanteuse Viv Corringham et le live signal processing de Lawrence Casserley. Le principe de base est que si la chanteuse est libre d’improviser à sa guise, le matériau de base du processing en temps réel est le son de la voix de celle-ci capté par un micro et transformé instantanément par Casserley à travers son installation (très) complexe. Viv Corrigham a une pratique vocale très flexible qui comporte de nombreuses facettes entre musique contemporaine et traditions ethniques. Il ne faut pas se baser uniquement sur cet enregistrement pour se faire une idée de l’entièreté de son travail : elle a choisi de chanter en utilisant des modes et des motifs mélodiques qui s’inspirent de chants d’un Orient lointain, mais quand elle est confrontée à une situation « avant-gardiste » elle se révèle surprenante. Sa voix tranche particulièrement avec la musique de Casserley mais la dynamique complexe de celui-ci crée un très beau contraste avec l’intensité brute et la vocalité primale de la chanteuse. Elle tire et étire des variations au départ de motifs mélodiques qui semblent assez simples car le timbre de sa voix, les accents et impulsions sont la clef de ses mélismes travaillés, arcanes d’un lyrisme atavique qui donne l’impression qu’elle aurait connu une autre vie dans un lointain passé sous d’autres cieux. Elle modifie sensiblement le timbre, la densité, la texture et les colorations de son chant comme un oiseau qui mue avant l’hiver et passerait d’un hémisphère à l’autre chaque demi-saison. Parfois insaisissable, mais surtout originale, échappant aux classifications, écoles ou tendances. Autant expression de la réalité brute qu’émanation du rêve, la musique de Viv Corringham trouve chez son partenaire, un géant du processing électro-acoustique en temps réel, une créativité optimale qui transcende la machinerie et sublime la transformation du son brut, projetant réseaux, filets, rhizomes, architectures sonores en mouvement autour de la voix, renforçant l’expressivité et la spontanéité organique de la chanteuse par l’étendue extraordinaire et cohérente des registres très variés qu’il tire de son installation. Une paire parfaite qui défie l’entendement.

Jean-Michel Van Schouwburg

 

Ici, en trio avec le tromboniste Alan Tomlinson :