Ça jazz à Huy (23 au 26/07) – «They did it !» août22

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Ça jazz à Huy (23 au 26/07) – «They did it !»

Un été chaud et aride…

Ça Jazz à Huy – Bateau © Jérôme Heymans

 

Foutu virus, fichue année… Se battre contre la vague de chaleur qui a submergé notre sommeil et contre les vagues & rebonds d’un ennemi qui se tient en embuscade… Les reporters de JazzAround ont néanmoins surmonté les dangers et la fatigue pour vous rapporter quelques (trop rares) reportages… Avec distanciations requises…

A la question «l’ont-ils fait?», les organisateurs du festival «Ça Jazz à Huy» édition 2020 en mode COVID (du 23 au 26 juillet) répondent qu’ils n’en ont jamais douté : «Yes Huy Can!». Un chroniqueur de JazzAround l’a vérifié de visu…

 
Durant 4 jours et en mode intimiste, c’est devant une trentaine de spectateurs par concerts que cette édition s’est déroulée, sur le bateau « Val Mosan ». Spectateurs pas toujours fair-play… Je sais que le masque s’enlève pour boire mais est-ce si difficile de le remettre par la suite ? Sachez qu’il n’y a pas des dizaines de solutions pour que l’on retrouve une certaine normalité aux concerts ! Et sans un peu de discipline ce sera foutu !

Pauline Leblon © Jérôme Heymans

C’est Pauline Leblon et son trio qui en jazz relativement soft a débuté le festival. De manière lancinante, intime dirais-je. Sur une rythmique épurée, elle place le son de sa trompette pour dévoiler les notes bleues. Le Guillaume Gillain Trio lui s’ébat dans le swing, y ajoute une bonne dose de blues. Parfois il flirte avec le rock’n roll, le manouche ou s’approche des crooners. On y croise Frank Sinatra sur la Route 66 ! Et aussi Pauline Leblon qui vient poser ses notes de trompette sur ce swing qui ratisse finalement assez large. La finale, particulièrement axée sur les voix sera très efficace.

Le lendemain Oakstreet Trio donnait son premier concert depuis la sortie de son album. Depuis, le groupe a continué de créer et nous avons déjà eu droit à de nouveaux morceaux. Les trois musiciens sont aussi compositeurs d’où un jazz éclectique, parfois landscape, contemplatif, ciselé. A d’autres moments cela pulse, monte en puissance et se termine sur un modéré et mélodique « Colours » très blues jazz. Super beau. Le Cri, duo accordéon / trombone plus effets et Moog devait me perturber pensais-je. Finalement c’était très sage, un peu musique de l’Est sans le côté festif, un peu prog quand des loops se manifestent. En somme, un duo dans la périphérie du jazz qui ose la valse et un peu les machines, Vivaldi aussi, et se révèle audacieux et superbe sur « Little Darling ».

Galius Swing Project © Jérôme Heymans

Le samedi proposait une affiche plus locale avec le Galius Swing Project renforcé par Antoine Cirri à la batterie. Les compositions, du claviériste Jean-Louis Gaillard, du EP « Uruk » ont bien été jouées mais nous avons aussi eu droit à des nouveautés tel ce « Joy » à la rythmique soutenue avec un très bon duo trompette /sax. Et puis « Brother Jo » en hommage à José Bedeur qui viendra rejoindre le groupe à la contrebasse. On retrouva ensuite José au sein de Huy Got Rythm dans lequel un musicien supplémentaire était invité : Alexandre Plumacker (trompette et bugle). Ici on revisite des standards du jazz à la façon de celui diffusé dans les clubs. Pas aventureux mais classe. Comme cette reprise de « Caravane » qu’ils exécutent à merveille. Fameux musiciens.

Guillaume Vierset © Jérôme Heymans

Le dernier jour commençait avec Bam ! Trio. Leur spécificité est l’intégration d’un orgue Hammond aux instruments. Il confère au groupe un son bien particulier, assez retro et rare à entendre de nos jours. C’est avec le Guillaume Vierset Trio et son projet Harvest que se clôturait le festival. Ici on part d’un folk que l’on déstructure pour l’orienter jazzy mais on y inclut aussi quelques touches d’un post rock assez intime. Original mais pas toujours évident si l’on ne parvient pas à bien se concentrer.

Finalement le grand vainqueur de tout ceci c’est le fait d’avoir osé ce festival. Et les organisateurs peuvent en être fiers et s’écrier « We did it ! »

JazzAround remercie Jérôme Heymans pour les photos.

Claudy Jalet