Geoffrey Burton : Me Ta Podia déc07

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Geoffrey Burton : Me Ta Podia

Gong Ear

Vous lirez dans quelques jours l’interview de ce talentueux guitariste belge qui nous propose son premier album instrumental en guitare solo. Un album qu’il introduit avec cette phrase qui résume pratiquement tout : « Guitars that don’t sound like guitars ». Après avoir officié auprès de grands noms (Arno, Bashung, Iggy Pop, Grace Jones…) il s’offre enfin un album où son amour des sons différents et intrigants se dévoile. Influencé, selon ses dires, par des artistes tels que Laurie Anderson ou Ryuichi Sakamoto, pour ne citer que les plus connus, Geoffrey Burton nous offre une suite de 10 compositions hors du temps. Hors normes aussi, bien loin de lui l’idée d’une structure couplet/refrain. Ceci est plus un travail de recherches sonores et de leur assemblage, de découvertes inédites, de ressources presque sans fin qu’offre un instrument tel que la guitare avec son jeu de pédales, fournisseur d’effets supplémentaires. Et qu’allons-nous entendre dans ces structures minimalistes, naïves, alternatives, expérimentales ? Au fil des alliages, des constructions, des ambiances légères puis sombres, nous percevrons, ou imaginerons percevoir, des martèlements industriels dignes d’un Einsturzende Neubauten assagi, une bouilloire qui siffle, des bruits denses d’une ville, une machine à écrire, un avion, des grenouilles, des sons issus du cosmos, des objets qui se brisent, de petits larsens, des explosions, une touche de Kraftwerk, une pensée nous tire vers une brève structure à la « Tubular Bells », quelques bribes aussi de musique classique… Et puis il y a le très efficace single « Kuhlmannlaan 8 » qui file lui vers le dancefloor avec ses aspects hypnotiques, répétitifs… Certains vont trouver ceci surfait, incompréhensible, déroutant. Certes. Mais cet album doit être considéré comme le fruit du travail d’un artiste talentueux qui offre son brio, sa virtuosité à d’autres, et qui voulait aussi se faire plaisir et laisser son talent s’épanouir sur ses envies. Le droit au plaisir, au désir du musicien est ici pleinement assouvi. Reste désormais à tous ceux d’entre vous que j’ai intrigué par ces mots, de laisser leur curiosité prendre le relais et de plonger, l’oreille avertie, dans ce travail de défricheur. Tout comme lui, osez ! Je terminerai en vous signalant que cette musique est uniquement disponible en téléchargement ou en version vinyle très limitée.

Retrouvez Geoffrey Burton en interview dans JazzAround ce mercredi 9 décembre

Claudy Jalet