Confinés mais combatifs : Nadine Nicolas (L’An Vert) déc12

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Confinés mais combatifs : Nadine Nicolas (L’An Vert)

Plus que jamais, JazzAround soutient les artistes et les programmeurs en manque de vous… tout simplement. Au-delà des pertes financières et des doutes pour la suite d’une destinée déjà kamikaze à la base, il y a le désarroi… Plus ils se sentiront inutiles et plus la rédaction de JazzAround leur rappellera le rôle essentiel qu’ils occupent en nos esprits… Âmes sensibles s’abstenir…

© Robert Hansenne

« Nadine de l’An Vert », haut lieu du jazz à Liège, évoque les problèmes que les programmeurs rencontrent en ce moment…

Nadine Nicolas : « En fait, nous ne vivons pas le confinement actuel comme celui du printemps. A ce moment-là, nous avions ressenti une impression de vide incroyable, et surtout la désagréable impression d’être franchement inutiles face à la mort et la maladie. On n’osait pas trop se plaindre non plus, puisque nous avions la chance de bénéficier d’un contrat-programme de la Fédération Wallonie / Bruxelles (certes plutôt faiblard compte tenu de notre programmation) et des aides de la Région wallonne pour les salaires. Mais, au moins, on se disait que cela allait plus ou moins s’arranger. Là, on retombe sur nos pieds et on vit mal ces moments d’incertitude répétés, ces projets avec nouvelle dates à chaque fois reportés, voire annulés. Et des musiciens qui craquent au bout du fil ou dans leurs mails. On s’attend tout le temps à des changements… qui ne viennent pas et on a l’impression de ne pas compter ou alors d’être un peu pris pour des cons. Genre : organiser un concert en un set, bar fermé, pour maximum 17 personnes, à mettre dehors en 15 minutes une fois le concert terminé ! Du grand n’importe quoi  pour le public… Pour les musiciens, certes un cachet mais une expérience pénible et pour nous, une perte totale. Bref, un vrai gâchis… »

© Robert Hansenne

« Concrètement, jusqu’à nouvel ordre, nous ne pouvons pas organiser de concert jusqu’au 15 décembre mais on est quasi certain que tout le mois de décembre est déjà foutu (les nouvelles mesures prises par le Comité de concertation ce 28 novembre lui donnait en effet raison… NDLR). Officiellement, je programme à partir de début janvier mais j’annule les concerts sans subsides, question de pouvoir assurer un minimum aux artistes sans trop gratter dans nos fonds de tiroir. Par ailleurs, des aides qui étaient destinées à améliorer le confort des artistes, vont être utilisées pour assurer les frais fixes et ça, c’est franchement rageant. Voilà,  l’ambiance n’est pas au beau fixe, nous allons de nouveau passer en chômage technique une partie de notre horaire de travail…et faire semblant les jours restants que l’aventure se poursuit malgré tout ! »

Propos recueillis par Claude Loxhay / Photos © Robert Hansenne