Zazou Bikaye : Mr. Manager – Expanded Edition jan04

Tags

Related Posts

Share This

Zazou Bikaye : Mr. Manager – Expanded Edition

Crammed Discs

Trente-cinq ans après sa sortie initiale, ce second album (c’était en fait un mini-album de 5 titres) ressort désormais en version augmentée de 9 titres : 6 inédits et 3 parus sur des disques à la portée plus confidentielle. Prévus pour le troisième album (« Guilty » en 88) ces morceaux furent laissés de côté jusqu’à cette nouvelle édition. Zazou Bikaye était l’association du chanteur congolais Boni Bikaye et du musicien / producteur/compositeur français Hector Zazou (décédé en 2008). Leur musique, à la base afro funk et soutenue par des beats électros assez typiques des eighties, fut très bien accueillie dans le monde entier. Et plus particulièrement dans les clubs des States et du Vieux Continent. A l’époque de ces enregistrements le duo fut renforcé par un saxophoniste, trois choristes, un trompettiste (Luc Van Lieshout – Tuxedo Moon), un guitariste (Vincent Kenis – Honeymoon Killers), deux percussionnistes (dont Chris Joris). Le fondateur du label, Marc Hollander, joua un peu de sax et produisit le tout avec Zazou, Kenis et Gilles Martin. Du beau monde. Et c’est un plaisir de ré écouter ces morceaux, déjà publiés en 1985, tels que l’irrésistible plage titulaire, « Nostalgie » ou le très Talking Heads « Angel ». Les titres additionnels se moulent avec aisance dans ceux du mini-album, c’est particulièrement le cas pour « Le menteur (Mokosi) » sur lequel les choristes font merveille tout comme la rythmique mêlant ethno et électro. Bien sûr les sonorités programmées ou venant des synthés sont typiques de l’époque mais elles ne sont jamais trop longtemps envahissantes. Quelques touches de reggae, de dub viennent s’immiscer dans l’ensemble qui, au fil de son écoute, fait souvent pencher la balance vers les Talking Heads, notamment avec cette panoplie de rythmiques super dansantes. Sur « Sopa » j’ai même pensé que David Byrne allait débarquer au milieu des percussionnistes ! La machine se calme parfois comme sur « Signorina » ou « Viva la musica » mais c’est pour mieux se relancer et replacer l’envie des déhanchements. Et puis il y a ces efficaces mélodies et ces superbes voix pour captiver et mettre tout le monde d’accord. Allez, on pousse les meubles, on invite l’optimisme et on fait la fête ! Pour les fans de l’objet, le vinyle ne comprend que huit titres mais inclut les codes de téléchargement des six autres.

Claudy Jalet