Moonjune Records, entre jazz-rock et… Java fév11

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Moonjune Records, entre jazz-rock et… Java

Moonjune Records : entre le jazz-rock et …Java.

C’est à une séance d’« Exploration du Monde » sonore que nous invite régulièrement le label « Moonjune ». Cette fois, du côté de Jakarta (Indonésie). Ce label particulièrement actif  dans les productions de jazz prog, de jazz-rock et de la scène dite de Canterbury. Moonjune Records est surtout connu chez nous pour produire les albums des différents projets du guitariste Michel Delville  « The Wrong Object », « douBt », « Machine Mass » et son tout prochain album avec David Liebman  « INTI ») . Leonardo Pavkovic, le producteur-exécutif du label newyorkais est clairement un amoureux de « Soft Machine » et de Robert Wyatt, le nom du label y faisant directement référence, et Elton Dean, Hugh Hopper, Allan Holdsworth font partie du catalogue. 

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Ces derniers temps, Leo Pavkovic s’est mis à explorer les ressources de la musique indonésienne, dans ce qu’elle a de plus contemporain. Pour anecdotique qu’elle puisse paraître au départ, la démarche prend du corps quand on se met à écouter attentivement les derniers enregistrements d’un groupe comme « simakDialog » qui mêle astucieusement les stridences du jazz-rock et les percussions traditionnelles comme le gamelan, instrument  traditionnel indonésien composé essentiellement de gongs frappés avec des mailloches. « The 6th Story », dernier album paru du groupe, est un bel exemple de ce que le band a de particulier : s’inspirer d’un jazz progressif sans références marquées tout en distillant la tradition sonore de Java. 

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Plus intrigant  est l’album du guitariste Dewa Budjana, véritable star de la pop/rock  dans son pays, et qui pour son nouvel opus « Joged Kahyangan » parvient à réunir un line-up à rendre jaloux plus d’un jazzman new-yorkais : Larry Goldings aux claviers, Bob Mintzer aux saxes, Jimmy Johnson à la basse électrique et Peter Erskine aux drums ! Rien que ça ! Dans un style fusion plutôt easy-listening, pour ne pas dire un peu mou,  le guitariste s’inspire moins de la musique traditionnelle de son pays sur le plan des sonorités, même si on retrouve parfois les phrasés répétitifs de la musique sundanaise . On ne peut qu’admirer avec quelle aisance ses partenaires  naviguent dans cet univers sans aucune répétition avant l’entrée en studio, paraît-il. Un enregistrement plaisant, sans plus,  qui permet d’élargir nos horizons musicaux jusque dans le sud-est asiatique, et rien que pour ça, le travail de Leonardo Pavkovic mérite qu’on s’y attarde.

Jean-Pierre Goffin