Soledad Plays Soledad juin05

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Soledad Plays Soledad

Soledad Plays Soledad:

changer tout en gardant son âme.

(Tym Records/Outhere Music)

WWW.SOLEDAD.BE

Du « Tango Nuevo » à leurs propres compositions, Soledad évolue avec passion entre bossa, jazz et funk ; un album passionnant.

Fondé en 1995 par cinq musiciens tous de formation classique, Soledad a obtenu immédiatement une reconnaissance internationale grâce à l’originalité de son interprétation de la musique d’Astor Piazzolla. Un des fondateurs du groupe, le pianiste Alexander Gurning, nous parle de la genèse du groupe et de leur nouvel album : «  Manu Comté m’a contacté pour jouer dans ce groupe, le but était de faire revivre la musique de Piazzolla, mais aussi de faire vivre ce nouveau groupe dont la composition était assez particulière : il fallait faire coexister des timbres qui n’étaient pas communs : accordéon guitare et piano, trois instruments harmoniques. Il s’agissait d’une relecture mais aussi de s’approprier de nouveaux arrangements, car il n’y avait pas de partitions pour ce type d’ensemble. Nous nous sommes basés sur les enregistrements que nous avions en reprenant les techniques de composition de Piazzolla qui sont assez précises et en les transposant à notre formation.»  Le succès est immédiat, l’enregistrement obtient un « Choc » dans la revue « Le Monde de la Musique », le groupe tourne dans le monde entier, mais vire assez vite vers de nouveaux horizons : « On ne voulait pas s’enfermer dans la musique de Piazzolla, nous avons enregistré la musique de Devreese, de Gismonti,… »  Puis avec Philip Catherine qui aurait peut-être inspiré le nouveau projet ? « Peut-être ! En tout cas, nous avons joué plusieurs concerts avec lui et notre guitariste Patrick De Schuyter a eu l’occasion de jouer plusieurs duos avec lui et je pense qu’il a absorbé beaucoup de sa manière de jouer, les nappes sonores, la mélodie, cela donne un côté plus aquatique  qui enveloppe la sonorité du groupe. » L’univers de chaque musicien transparait dans la variété des compositions : « Nous évoluons tous dans des milieux musicaux différents, que ce soit le blues, le jazz, le rock, le classique, le brésilien, le funk…Pour ma part, je viens du classique mais je m’intéresse depuis quelque temps au jazz ; pour un classique, le passage est long : si on joue du Bartok, par exemple, on est déjà habitué à certains rythmes, mais le plus dur, c’est l’improvisation…Il faut retourner son cerveau ! » Le répertoire original du nouvel album offre une plus large place à l’improvisation, tout en conservant la signature du groupe Soledad : « Il y a le travail sur le long terme qui est imperceptible, mais qui donne cette sonorité au groupe, je peux difficilement l’expliquer, c’est la maturité du groupe acquise en 18 ans de travail. C’est une musique où il y a quelque chose de direct, de pulsionnel, un  côté passionnel aussi dans le sens où chacun essaie de surprendre l’autre, ce qui donne un côté un peu volcanique,  souvent inattendu. »  Le percussionniste Michel Seba est nouveau dans le groupe et apporte de nouvelles couleurs : « C’était un vieux rêve ! Par contre, on avait l’idée de jouer du Piazzolla avec un percussionniste. On s’était rencontrés sur un projet très précis avec l’Orchestre de Chambre de Wallonie et on s’est rendu compte que certaines pièces fonctionnaient dix fois mieux avec lui. » A côté ses compositions personnelles, le groupe reprend quelques-uns de ses auteurs fétiches comme Gismonti ou Hermeto Pascoal, mais aussi une ballade de Jobim chantée par Maurane : « On avait pensé mettre une voix sur une ballade brésilienne, la voix de Maurane est tellement chaleureuse et enveloppante…et puis son portugais est parfait !

Jean-Pierre Goffin