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New Orleans Jazz & Heritage Festival 2011 (suite)

Blues and Soul Music

Podium de la Blues Tent, et différentes scènes en plein air

 

Lors du premier week-end des 29-30 avril et 1er mai 2011, il était tentant de privilégier les artistes Louisianais, à commencer par Coco Robicheaux avec sa dégaine de paumé et sa voix rauque d’outre tombe. En réalité, Robichaux est un musicien attachant, et son show prenant, grâce à son jeu de guitare en staccato, avec ses accents vaudous. Il se profile bien comme un lointain héritier de Marie Laveau – la Grande Prêtresse vaudoue – dont la tombe, située en ville, dans le cimetière Saint Louis N°1, est continuellement fleurie et couverte d’ex-votos.

Coco Robicheaux

Dr John se profile un peu dans cette veine-là, lui aussi, accompagné de ses gris-gris, avec ses airs mystérieux. Mais, c’est évidemment un pianiste hors pair et un chanteur fascinant. Ici, il était associé au trompettiste Dave Bartholomew, dont les compositions et la longue association avec Fats Domino sont à juste titre célèbres. Entourés de leur orchestre et avec un set à la fois jazz et rhythm and blues, ils ont fait tanguer la scène Acura. Quant à Lil’ Buck Sinegal (ou Senegal), il a quant à lui longtemps été le guitariste de Clifton Chenier puis de Rockin’ Dopsee. Aujourd’hui, il est à la tête de son propre orchestre, et continue d’accompagner régulièrement Nathan Williams et Buckwheat Zydeco. Il distille un envoutant swamp blues qui fait mouche, tout comme les blues et boogies de Henry Gray,l’homme de Bâton Rouge qui à 86 ans est toujours vert et plein d’énergie ! Il alterne blues de Chicago – Gray n’a pas été pour rien le pianiste de Howling Wolf pendant longtemps – et swamp blues et boogies, le tout sans faiblir et avec beaucoup de panache.

Henri Gray (C) Robert Sacré

D’autres musiciens locaux valaient aussi la peine d’une écoute attentive comme Walter Wolfman Washington, brillant guitariste de jazz aux doigts déliés. De plus, il insère dans son show des blues mâtinés de rhythm and blues, qu’il chante avec force. Et puis, il y a aussi la reine locale de la soul : la très charismatique Irma Thomas. Sa superbe voix, légèrement voilée, et son talent immense provoquent des rappels à répétition et une ovations délirante. D’ailleurs, quasi omniprésente, elle reviendra chanter avec Marcia Ball, et conduira aussi un très bel hommage à Mahalia Jackson, cette fois sous la Gospel Tent.

Irma Thomas

Tab Benoit est un chanteur très engagé dans sa croisade écologiste pour la sauvegarde de l’environnement, comme en attestent les paroles de plusieurs de ses chants. Il bénéficie, ici, sur ses terres, d’un statut de rock star. Avec son swamp rock percutant, et son look de jeune premier qui suscite un engouement aussi géant que justifié de la part de l’audience féminine surtout, mais pas exclusivement. Quel show !

Mais, le festival louisianais ne fait pas appel qu’à ses ressortissants. D’ailleurs, les prestations de Alvin Youngblood Hart et de Keb Mo’ ne passèrent pas inaperçues. Le premier avec son blues teinté de folk et de reggae, et le second au travers d’un blues tantôt soul, tantôt country & western.

Robert Cray (C) Robert Sacré

Toutefois le meilleur accueil fut réservé à Robert Cray, un habitué du festival, car très sollicité par un public friand de son blues westcoast, auréolé par le succès de son dernier album, « Cookin’ in Mobile », gravé en 2010, et dont il reprendra plusieurs morceaux.

Robert Sacré