Gildas Boclé… Xavier Desandre Navarre déc09

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Gildas Boclé… Xavier Desandre Navarre

Gildas Boclé Trio, Country Roads (www.Bocle.com)

Xavier Desandre Navarre, In-Pulse (Jazz Village)

« Qui trop embrasse mal étreint. » Le proverbe est-il d’application pour ces albums aux multiples invités et pour lesquels le « line-up » varie d’une plage à l’autre ? Ou doit-on se réjouir d’avoir ainsi plusieurs disque en un seul ? Ce sont des questions que l’on peut se poser à propos de deux albums récents : « Country Roads » du contrebassiste Gildas Boclé et « In-Pulse » du percussionniste Xavier Desandre Navarre.

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Jeune adolescent, Gildas Boclé est attiré par la guitare folk. Au sein du trio du chanteur Maxime Le Forestier, il découvre Patrice Caratini, contrebassiste cher à Stéphane Grappelli. Sa voie est tracée: il étudie la contrebasse au Conservatoire de Rennes puis au Berklee College of Music de Boston. Il joue avec Chick Corea puis succède à Steve Swallow au sein du groupe de Gary Burton. En 2006, il enregistre « Or Else » en tant que leader avec Gary Burton au vibraphone et Walt Weiskopf au saxophone. En parallèle, avec son frère Jean-Baptiste, il réaffirme son goût pour les musiques traditionnelles et fonde le groupe Keltic Tales avec lequel il enregistre trois albums (le dernier « Crossfields » est sorti en 2010). Avec ce « Country Roads », il veut témoigner de son parcours éclectique. D’une part, il rend hommage à Gary Burton, au travers de huit plages gravées avec son frère au vibraphone. Selon les plages, aux côtés des deux frères, on retrouve soit le pianiste Florent Gac, soit les guitaristes Taofik Tarak et Jérôme Barde et, à la batterie, soit Simon Bernier, soit Manhu Roche. Pour trois thèmes, le contrebassiste retrouve Walt Weiskopf, le saxophoniste de « Or Else », Jean-Baptiste est alors à l’orgue et Marcello Pelliteri à la batterie. Enfin, sur Interstices II, il dialogue avec la guitare de Nelson Veras. Au répertoire, une série de compositions originales qui mettent bien en valeur toute sa vélocité de jeu, que ce soit en pizzicato ou à l’archet (Kristen, Country Roads).

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Percussionniste particulièrement inventif et spectaculaire, Xavier Desandre Navarre a joué avec nombre de grands noms du jazz, de Gil Evans à la chanteuse Youn Sun Nah. Il a fait partie de l’Orchestre National de Jazz dirigé par Denis Badault (albums « Monk », Mingus, Ellington » et « Bouquet Final ») et est, un peu, la pierre angulaire du quartet de Jean-Philippe Collard Neven et Jean-Louis Rassinfosse, aux côtés de Fabrice Alleman. Pour cet album largement dédié à des compositions originales, il s’est entouré de quelques pointures de la scène française actuelle: aux saxophones ténor et soprano, à la clarinette basse et à la flûte, Stéphane Guillaume (8 plages sur 13), l’un des membres de l’ONJ de Laurent Cugny comme du quintet Charlier Sourisse (album « Multiquarium »). Au piano, Emil Spanyi, complice du saxophoniste Christophe Monniot (« Moniomania », « Vivaldi Universel Saison V »). A la contrebasse, soit Stéphane Kerecki (album « Nouvelle Vague ») soit Bruno Rousselet (quartet de Glenn Ferris). En invité pour une plage, soit l’accordéoniste Vincent Peirani (Andaluciana) soit le rappeur Alan Allonymous Conway (Gil). Au total, six formations différentes, un quartet avec Stéphane Guillaume et Emil Spanyi, un quintet avec le vocaliste en plus, un quartet avec Vincent Peirani, deux plages en trio avec Emil Spanyi, une plage en duo avec Stéphane Kerecki et il s’efface pour le court Emil’s Day Dream joué en solo par le pianiste. Au prime abord, on pourrait s’attendre à de multiples solos de percussions mais, avec intelligence, Xavier Desandre Navare se limite à apporter cette « perpétuelle pulsation du moment présent » dont il se fait l’apôtre, à l’aide de congas, clochettes et autres petites percussions, il varie les couleurs de la trame rythmique sur laquelle se fondent les envolées des solistes. Sur Tchiki Tak, en duo avec la seule sonorité limpide de Stéphane Kerecki, il montre comment  pulsation rythmique et mélodie peuvent se fondre en parfaite osmose.

Claude Loxhay