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Jazz @ Liège, pour tous !

Mithra Jazz Festival à Liège : « Jazz pour tous »

 

Ça y est, le programme des 7, 8 et 9 mai est définitivement bouclé, les line up complétés, la répartition des 5 salles réalisée : voilà déjà la 25e édition de Jazz à Liège avec son tir groupé de quelque 25 concerts. Du « jazz pour tous », selon l’adage cher à Jean-Marie Peterken : des grandes figures historiques du jazz américain (Ron Carter, Gary Peacock) aux jeunes pousses belges (LG Jazz Collective, Octave de la Musique 2015), en passant par la scène européenne actuelle (Enrico Rava, Thomas de Pourquery); du jazz classique à l’afro-cubain (Omar Sosa), du piano-trio (Marc Copland) au big band (le Brussels Jazz Orchestra). Mais avec une petite hantise : impossible de tout voir lors de ce festival multi-salles, sauf si on se contente de papillonner d’une salle à l’autre, sans oublier une station du côté du bar (vers 22 heures…). Si on ne veut pas se contenter de miettes de musique, il est temps de se choisir un itinéraire avec comme GPS, les vidéos du site du festival Mithra Jazz à Liège, iTunes ou, pour les dinosaures, un petit détour vers les albums des différentes formations (et vers les médiathèques) : c’est la solution que vous propose Jazzaround.

Melanie De Biasio

 

Jeudi 7 mai :

Deux concerts dans la salle des 1000 : deux chanteuses belges. A 20 h 30, Mélanie De Biasio, un jazz feutré animé d’un vrai feu intérieur (« A Stomach Is Burning » disait le titre du premier album). Le deuxième album, « No Deal » a connu un succès retentissant, côté jazz (Belgique, France) comme côté pop rock (Werchter) et un Remix supervisé par Gilles Peterson vient de paraître. Une voix  en parfaite fusion avec le piano de Pascal Mohy, le clavinet de Pascal Paulus et la batterie de Dré Pallemaerts. A 22 h 15, Dani Klein, la chanteuse de feu Vaya con Dios, dans un répertoire cher à Billie Holiday, avec trois fidèles complices : Sal La Rocca à la contrebasse, William Lecomte au piano et Tim de Jonghe à la trompette. Une manière de revisiter un des grands moments du jazz vocal.

Vendredi 8 mai :

Les choses se compliquent : entre début de soirée et round after midnight, il faut choisir son itinéraire.

RON CARTER

Salle des 1000 :

Ron Carter et son Golden Striker Trio : une légende, le contrebassiste du quintet de Miles puis de VSOP (Wayne Shorter, Herbie Hancock), ici en compagnie du guitariste Russell Malone (il a joué avec Diana Krall) et du pianiste Donald Vega. A écouter : « The Golden Striker », album du label Somethin’Else Records, en trio avec Russell Malone et Mulgrew Miller au piano. Une série de compositions originales, mais aussi Autumn Leaves et ce Golden Striker composé par John Lewis. Un trio dans la plus pure tradition.

Vivo Orchestra sous la direction de Garrett List : 30 musiciens et chanteurs, cordes et instruments à vent dans un répertoire original signé André Klenes (contrebasse), Manu Baily (guitare), Aurélie Charneux (clarinette), Johan Dupont (piano), Louis Louis (guitare et voix) et, bien sûr, Garrett List et son fameux The Heart, sur un poème d’Emily Dickinson (thème qu’il a joué avec la Grande Formation comme avec son Ensemble). A écouter : Orchestra Vivo, album Igloo chroniqué dernièrement.

Salle des 500 :

Enrico Rava, la plus belle sonorité de trompette depuis Miles, et son quintet Tribe. Une des meilleures formations européennes avec un funambule du trombone Gianluca Petrella, déjà présent dans le quintet de 2004 (album « Easy Leaving » avec Stefano Bollani au piano). Ici, une nouvelle rythmique : deux jeunes musiciens plus que prometteurs, Giovanni Guidi au piano, Gabriele Evangelista à la contrebasse et, à la batterie, Fabrizio Sferra qui a fait partie du trio italien d’Enrico Pieranunzi. A écouter : « Tribe » de 2011, une série de compositions originales au charme méditerranéen, d’Amnesia à Tears for Neda, et gorgées de swing, de Garbage Can Blues à Cornettology.

ENRICO RAVA

Marc Copland-Gary Peacock-Joey Baron : un grand moment en perspective. Le pianiste américain possède une discographie importante notamment chez Pirouet Records (« Speak To Me » en duo avec John Abercrombie, « Some More Love Songs » en trio avec Drew Gress, avec un répertoire allant de Cole Porter à Joni Mitchell) mais aussi sur « Minium » (duo avec Bill Carothers, avec un répertoire dédié à Ellington, Miles, Monk et Ornette Coleman), il a déjà rencontré, en duo, Gary Peacock, le pilier du trio de Keith Jarrett, sur « Insight » (label Pirouet) et enregistré avec Joey Baron, un des batteurs préférés d’Enrico Pieranunzi, au sein du quartet de John Abercrombie. Le trio « Now This » devrait bientôt enregistrer.

Salle des Fêtes :

Guillaume Perret et son Electric Epic : le quartet détonant d’un saxophoniste dont l’album « Brutalum Voluptuous » a été produit par John Zorn.

C.W. Stoneking : le bluesman australien (banjo et guitare) auteur de l’album « Gon’Boogaloo ».

Salle de 200 :

La sélection de l’opération Ça Balance, initiée par le service culture de la province de Liège : Pinto : le groupe de la chanteuse Margaux Vranken, le quartet de Laurent Barbier, le saxophone alto du LG Jazz Collective et Ruby, formation de la vocaliste Ingrid Weetjens.

Club des Congressistes :

Un plateau prometteur…

OCTAVE DE LA MUSIQUE 2015

LG Jazz Collective, auréolé de son Octave de la Musique, soit le septet de Guillaume Vierset (guitare), avec Jean-Paul Estiévenart (trompette), Steven Delannoye (saxophone ténor et soprano), Laurent Barbier (saxophone alto), Igor Gehenot (piano), Félix Zurstrassen (contrebasse et basse électrique), Antoine Pierre (batterie). A écouter : « New Feel » (Igloo 2014) avec des compositions originales de Guillaume (Grace Moment, Nick D), mais aussi de Philip Catherine, Alain Pierre, Eric Legnini, Lionel Beuvens (album chroniqué dernièrement).

Andrea Motis : la jeune Espagnole fêtera ses 20 ans dans quelques jours. On a comparé sa voix à celle de Norah Jones mais elle peut aussi jouer de la trompette, elle se produit avec son professeur Joan Chamorro. A écouter : « Feeling Good ».

Thomas de Pourquery Supersonic : le saxophoniste alto et soprano, mais aussi vocaliste, enfant terrible du Megaoctet d’Andy Emler, revisite ici le répertoire du mythique claviériste Sun Ra, à la tête d’un sextet de poly-instrumentistes joyeusement déjantés. A découvrir Fabrice Martinez, le trompettiste de l’actuel Orchestre National de Jazz sous la direction artistique d’Olivier Benoit. A écouter : Supersonic Play Sun Ra (label Quark), des compositions du claviériste de l’Arkestra, comme Love In Outer Space, mais aussi Eulipions de Roland Kirk et des compositions originales du leader auréolé par une récente Victoire de la Musique.

THOMAS DE POURQUERY SUPERSONIC

Samedi 9 mai :

Salle des 1000 :

Brussels Jazz Orchestra : la Rolls Royce des big bands, avec sa pléiade de solistes,  jouera des compositions de Bert Joris. Le trompettiste a souvent été l’invité de la formation dirigée par Frank Vaganée que ce soit avec « The Music of Bert Joris » (double album WERF de 2002), « Signs And Signatures » de 2010 et le récent « The Music of Enrico Pieranunzi ». Swing Garanti.

Avishai Cohen : on avait découvert le contrebassiste d’origine israélienne aux côtés de Chick Corea, depuis plusieurs années, il dirige sa propre formation. A écouter : « From Darkness » (RazDaz Records) en trio avec Nitai Hershkovitz (piano) et Daniel Dor (batterie). Une série de compositions originales aux inspirations éclectiques : classique, jazz survolté, latino pour se clore sur la reprise de Smile de Chaplin, un thème cher à Toots. Un trio très démonstratif : succès public garanti. La critique est davantage partagée : « un des meilleurs piano-trios du moment » pour Le Soir, tout juste « honorable » pour Le Vif qui regrette son mélange d’influences.

AVISHAI COHEN TRIO

Salle des 500 :

Dimitri Baevsky, le saxophoniste d’origine russe mais établi aux USA depuis plusieurs années a notamment enregistré avec Cedar Walton. A écouter : « Over And Out ».

Kyle Eastwood, le fils de Clint, bassiste de son état, à la tête d’un quintet résolument post-bop, en compagnie de Quentin Collins à la trompette, B. Allen au saxophone, Andrew Mc Cormack au piano et Gary Husband à la batterie, avant son passage au festival de Coutances et au Ronnie Scott de Londres. A écouter : « The View From Here » (Jazz Village 2013) ou son septième et dernier album « Time Pieces ». Le parcours d’un voyageur : From Rio to Havana, Une nuit au Sénégal, Luxor et d’un amateur de cocktail (Caipinheira).

Matthew Halsall, le trompettiste anglais en compagnie de son Gondwana Orchestra. A écouter : « When The World Was One ».

Salle des Fêtes :

Omar Sosa, le pianiste cubain, après son passage en duo avec Paolo Fresu au festival de Tournai, présente ici son quartet afro-cubain: Leandro Saint-Hill (saxophone, clarinette, flûte), Ernesto Simpson (batterie, kalimba), Childo Tomas du Mozambique (basse, chant). A écouter : « Ilé » (World Village), une série de standards de musique cubaine enregistrés avec ce quartet. Ou alors, plus ancien, « Mulatos » (Skip Records) très révélateur de sa musique mondialiste, en compagnie de Paquito D’Rivera (sax) et Dhafer Youssef (oud).

Taxi Wars, une rencontre initiée au festival de Gand : Tom Barman, le chanteur de dEUS, avec Robin Verheyen au saxophone, Nic Thys à la basse et Antoine Pierre à la batterie.

TAXI WARS

Salle des 200 :

Jean-François Foliez’s Playground : le nouveau projet du clarinettiste liégeois en compagnie de Casimir Liberski au piano, Janos Bruneels à la contrebasse et Xavier Rogé à la batterie. Jean-François s’était déjà produit avec Casimir à la soirée anniversaire de la Maison du Jazz.

Le Club :

Robert Jeanne, le saxophoniste liégeois, sur qui le temps n’a pas d’emprise, présente la musique de son dernier album « Awèvalet » (titre d’une composition de Bobby Jaspar), un hommage aussi à la grande période de saxophonistes comme Al Cohn, en compagnie de Jacques Pirotton (guitare), Werner Lauscher (contrebasse) et Stefan Kramer (batterie).

Groove Catchers : le groupe du saxophoniste B. Weeger.

Stuff : une formation emmenée par le saxophoniste Andrew Claes, avec Lander Gyselinck, le batteur du Lab Trio.

Bon choix, Monsieur, bon choix Madame, comme disait Giscard…

Claude Loxhay