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Kris Defoort Trio, Monks Dance

Kris DefoortTrio, Monks Dance (WERF)

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Après « Live in Bruges » de 2012, voici le nouvel album de Kris Defoort en compagnie de Nicolas Thys à la basse électrique et Lander Gyselinck à la batterie, une façon de prolonger l’aventure de la pièce « An Old Monk » présentée notamment au festival d’Avignon en 2014 : un spectacle de théâtre conçu par le grand acteur flamand Josse De Pauw, pour le texte, et par le pianiste brugeois Kris Defoort pour la musique, et auquel, à l’époque, Philippe Schoonbrood avait consacré une chronique (ici).

« An Old Monk », un titre à double entrée : l’histoire d’un vieux moine (monk) fatigué à qui la musique redonne des jambes de jeune homme, à l’image de Thelonious Monk interrompant un concert et s’écarter de son piano pour se lancer dans une danse improbable. Ce qui explique le titre de l’album : Monks Dance (et non Monk’s Dance) en référence à la fois au moine et à Thelonious. On connaît la passion que Defoort voue à Monk, depuis son séjour à Liège au cours des années 1980. Une passion qui s’est confirmée tout au long de ses enregistrements : Trinkle Tinkle sur l’album « Sketches of Belgium » du KD’s Basement Party en 1992; Rhythm-a-Ning sur « Live » gravé en trio avec Nicolas Thys (contrebasse) et Dré Pallemaers (batterie) en 1994; Trinkle Tinkle et Monk’s dream sur « Live in the Werf » du KD’s Basement en 2003 et Reflections sur « Live in Tokyo », enregistré live en décembre 2010. Ce nouvel album se développe, en quelque sorte, en trois parties : six grands classiques de Monk (des plages de 2 à 6 minutes), six compositions originales (trois de Kris Defoort, trois collectives) et puis trois « bonus tracks » avec Josse De Pauw. L’album s’ouvre sur Crepuscule With Nellie interprété en solo par Kris Defoort qui met à plat la ligne mélodique sautillante du thème. Une approche qui aurait pu se prolonger pour les autres grands classiques de Monk (Let’s Cool One, Trinkle Tinkle, un très mélancolique ‘Round Midnight, Reflections et Bemsha Swing) tant l’attention se porte sur le seul piano. L’apport de la basse électrique comme de la batterie de Gyselinck paraît comme en décalage avec la ligne limpide du piano, là où il devient essentiel dans les six compositions originales: Tender Colours, Dancing Miles, The magic T(h)ree, un Down & Up and Down très monkien, un RAVELing ou l’intimiste Nostalgic Brotherhood. En « bonus tracks » suivent trois plages en compagnie de la voix rocailleuse de Josse De Pauw. Le Chant des Sales Maladies présente, dans une sorte de dérision rageuse, un véritable florilège des ces petites « bénédictions » que l’âge se permet de nous prodiguer sans qu’on n’ait rien demandé : « diabetes mellitus », « hypertensio », « trombosis » et autres « prostates »… Viennent ensuite une chanson de Kevin Coyne, Are We Dreaming, interprétée en empathie avec la basse électrique et Tom Hay’s Fox, un texte de Robert Wyatt récité par Josse De Pauw sur la musique du trio. Au total, un album qui se place parfaitement dans la lignée des précédents albums de Kris Defoort et de son rapport affectif à Monk.
Claude Loxhay

Thelonious Monk Dancing. par holesstrangely