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Padovani, Motian In Motion

Jean-Marc PadovaniMotian In Motion (Naïve/ Soleart)

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Diplômé du Conservatoire de Marseille, Jean-Marc Padovani est l’un des saxophonistes les plus créatifs de la scène française depuis les années 1980 et ses débuts sur la scène nîmoise. A son actif, une trentaine d’albums (dont une dizaine d’entre-eux, de « One for Pablo » à « Chants du monde »"Chants du monde » (chroniqués successivement dans Jazz in Time puis Jazzaround), des albums auxquels ont été conviés nombre d’invités : l’auteur et récitant Enzo Corman, Louis Sclavis, Enrico Rava, Richard Galliano, Michel Godard, Gérard Marais, Michel Marre, Franck Tortiller ou Yves Robert. L’actuel « Motian In Motion » n’est pas le seul album dans lequel Padovani célèbre l’une des figures légendaires du jazz. En 1991, il enregistre le « jazz poem » intitulé « Mingus Cuernavaca », en nonet, sur un texte d’Enzo Corman (magnifique souvenir d’un concert dans les jardins de Nîmes), puis cet « Out, A Tribute To Dolphy », en 2003, avec un septet drivé par Jacques Mahieux.

Pourquoi célébrer la musique de Paul Motian ?

« Au printemps 1997, pour une création au Festival de Jazz de Nîmes, j’ai invité le batteur Paul Motian et le contrebassiste Jean-François Jenny-Clarke à se joindre au duo que nous formions alors avec Jean-Marie Machado au piano. A l’automne de cette même année, nous nous sommes retrouvés pour une tournée et pour l’enregistrement du disque Takiya Tokaya« .

Ce disque est un album Hopi, enregistré en trois jours : cinq compositions de Padovani, deux de Machado et Le Réveil de Ravel arrangé par le saxophoniste. De là ce désir de célébrer la musique de Motian :

« J’avais eu un véritable choc en écoutant son quintet qui réunissait Joe Lovano au saxophone ténor, Jim Pepper aux saxophones ténor et soprano, le guitariste Bill Frisell et le contrebassiste Ed Schuller. C’est une formation assez proche que j’ai constituée pour redonner à la musique et à l’esthétique de Paul Motian un nouveau souffle. L’origine arménienne de Paul (dont il m’avait longuement parlé) m’a conduit à intégrer dans ce projet le plus « arménien » des instruments traditionnels : le doudouk« .

Outre  Didier Malherbe de l’Hadouk Trio, au doudouk, cette sorte de hautbois à la sonorité douce et grave, Jean-Marc Padovani s’est entouré de Paul Brousseau (piano et claviers) que l’on a entendu auprès de Louis Sclavis et au sein de l’actuel Orchestre National de Jazz d’Olivier Benoït, Claude Tchamitchian, le contrebassiste du MegaOctet et de MikMâäk et Ramon Lopez, batteur du trio de Joachim Kuhn et Majid Bekkas comme de l’ONJ de Didier Levallet. Si Padovani a été impressionné par le quintet réunissant Joe Lovano et Jim Pepper, pourtant pas de compositions reprises à  l’album « Misterioso » de 1987, mais huit compositions enregistrées au sein de différentes formations avec saxophonistes.

CHAPELLE DES LOMBARDS (c)Emily REMY

Du trio Motian-Lovano-Frisell ou de l’Electric Bebop Band : trois titres repris à l’album du trio « Motian in Tockyo » de 1992 (Birdsong, Shakalaka, It is); The Sunflower de « Live At Village Vanguard », autre album du trio de 1995; trois titres de l’album « Holiday For Strings » de l’Electric Bebop Band, avec les saxophonistes Chris Cheek et Pietro Tonolo (Arabesque, Look To The Black Wall, Endgame de 2002) et Flight Of The Blue Jay de l’album éponyme de l’Electric Bebop Band, avec Chris Potter et Chris Cheek en 1997.

Une succession de mélodies légères comme un vol d’oiseau (Birdsong, Flight Of The Blue Jay avec un beau dialogue entre doudouk et tablas),  des envolées aériennes comme cet Arabesque dont la mélodie reste insensiblement au fond de l’oreille. Des thèmes introduits tantôt par les volutes du doudouk (Arabesque, Birdsong), tantôt par le ténor avec un tempo qui s’emballe en tournoyant (The Sunflower, Look To The Black Wall, Shakalaka, Endgame en complicité avec l’archet de Tchamitchian), tantôt au travers d’un dialogue saxophone-doudouk avec touches de piano électrique (Flight Of The Blue Jay). Plus qu’un hommage à un passé glorieux, la célébration d’une musique éternellement vivante.

Claude Loxhay