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Andy Emler MegaOctet, Obsession 3

Andy Emler MegaOctetObsession 3 ( Label La Buissonne)

labellabuissonne.bandcamp.com

Voici donc le septième album du Megaoctet d’Andy Emler, un des musiciens les plus créatifs de la scène européenne contemporaine, en témoignent deux Victoires du Jazz, trois Djangos d’Or et un prix de l’Académie du Jazz. Andy Emler n’est pas seulement un pianiste hors pair qui, à côté de son Megaoctet, a enregistré trois albums en trio et un album solo pour pianos multiples (« For Better Times »), il est aussi un compositeur à l’écriture authentiquement originale : quelles que soient ses compositions, on reconnaît sa griffe dès les premières mesures. 
Après « E Total », recueil de cinq longues compositions, toutes en « mi », l’idée centrale de ce nouvel album, objet d’une commande de la radio allemande WDR (West Deutsche Rundfunk), était d’écrire tous les morceaux en trois temps : dans sa conception ludique de l’écriture musicale, la contrainte devient pour Emler un principe de création, à la manière dont Georges Perec a pu le faire, en littérature, avec son roman « La Disparition ». Pour son « Obsession 3″, le pianiste parisien retrouve la même équipe que pour l’album précédent, à une exception près (Guillaume Orti succède à Thomas de Pourquery au saxophone alto), ce qui explique la parfaite homogénéité et interactivité de la formation : un ensemble de musiciens qui ne sont pas que de simples exécutants de thèmes figés une fois pour toute, mais qui participent, au fil des répétitions, à la mise en place définitive du « scénario » imaginé par leur leader, ainsi que le montrait le DVD de Richard Bois, à propos d’ »E Total ». 

Comme à l’accoutumée, chacune des sept compositions se présente comme un véritable mille-feuilles musical : au fil du thème, différentes envolées mélodiques, entrecoupées de brusques changements de rythme, se superposent, emmenées par une rythmique foisonnante : à la batterie d’Eric Echampard et contrebasse de Claude Tchamitchian, viennent se fondre les percussions colorées de François Verly (multiples tambours, cymbales chinoises, clochettes, tablas et marimba). A une succession de solos isolés soutenus par la seule rythmique, Andy Emler opte pour des échanges constants entre instrumentistes solistes et masse orchestrale en contrechant : échange entre altos (Philippe Sellam – Guillaume Orti) en miroir avec les autres instruments (Tribalurban 1), envol du tuba (François Thuillier) sur fond de marimba puis de tablas (Doctor Solo), feulements de la trompette (Laurent Blondiau) suivis d’une course poursuite entre les deux altos (Trois Total), foisonnement des percussions s’ouvrant sur un beau passage de bugle (Balallade 2), dialogue entre marimba et piano propulsant un ténor déchaîné aux accents libertaires (Laurent Dehors sur La Megaruse), intro de piano débouchant sur un dialogue entre altos suivi par la trompette bouchée (Tribalurban 2) pour se clore par Die Coda qui offre à Andy Emler l’occasion de présenter chacun de ses musiciens, tous solistes à part entière mais aussi toujours au service d’une sonorité d’ensemble compacte et dense. Un des albums les plus passionnants de cet automne. 
Claude Loxhay

Concerts

13-14 novembre @Le Triton (Paris)

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