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Ananke, Stop That Train

Ananke, Stop That Train

IGLOO RECORDS

Né à Bruxelles en 1985, Victor Abel a suivi les stages de Libramont puis les cours d’improvisation à l’Académie d’Etterbeek, avec Michel Massot et Pierre Bernard, avant de rejoindre le Conservatoire de Bruxelles, dans la classe de Diederik Wissels, pendant un an et demi. En 2003, il fonde le trio Ananke (en grec, la « nécessité », la « destinée »), avec Roméo Iannnucci (basse électrique) qui a découvert le jazz au travers d’un concert d’Aka Moon et avec Alex Rodembourg (batterie) qui a notamment suivi des stages avec Stéphane Galland : deux références évidentes au niveau de la rythmique. Après avoir enregistré les albums « Ananke » en 2004 et « Mystery Jungle » en 2007, la formation s’élargit avec la venue de Yann Lecollaire à la clarinette basse et de Quentin Manfroy à la flûte. Le premier, formé au Conservatoire d’Avignon dans la classe du saxophoniste André Jaume, a notamment joué avec le guitariste Marc Ducret avant de se fixer à Bruxelles en 2008. Formé au Conservatoire de Bruxelles, le second forme avec le clarinettiste français le groupe Mû, avec Eric Bribosia (piano) et Benjamin Chaval (batterie) et, tous les deux, ont rejoint le collectif MikMâäk de Laurent Blondiau (album WERF). « Stop That Train » est constitué de huit compositions originales de Victor Abel, au travers desquelles on retrouve l’influence du mouvement M’Base de Steve Coleman et de groupes belges tels qu’Aka Moon, Octurn ou Deep In The Deep d’Antoine Prawerman (clarinette basse). Sur une solide ligne de basse électrique (beau solo sur Wave), la formation propose une belle association de sonorités entre flûte et clarinette basse, avec souvent la clarinette en contrechant (Ebb and Flow), tout en laissant de larges places pour d’intéressants solos, de la flûte (Stop That Train) comme de la clarinette basse (Shadows). Les mélodies, au caractère hypnotiques, reposent souvent sur des motifs répétitifs (Stenaï, Wave) mais en variant les intros : flûte sur Ebb and Flow, basse électrique et Fender Rhodes sur In A Hurry, ou piano sur Lost. Selon les plages, Victor Abel passe, avec aisance, du piano acoustique volontiers lyrique (Stop That Train, Wave, Shadows, Lost) au Fender Rhodes au groove appuyé (Ebb and Flow, Ebony, Stenaï, In A Hurry). Au total, une formation aux alliances sonores originales.

Claude Loxhay