Big Noise, Live août19

Tags

Related Posts

Share This

Big Noise, Live

Big Noise, Live

IGLOO RECORDS

La plupart des activités humaines sont une succession de cycles, «ça change et c’est toujours la même chose » dit le dicton populaire. On  le constate dans la mode en général, avec ses hoquets, et l’engouement pour les objets et les vêtements des années 1960 et 1970. Alors, pourquoi  la musique ferait-elle exception ? Il n’y a pas de raison ! Pour ce qui est du jazz qui tourne en rond dans toutes ses fusions et dans ses revivals, en recherche de styles vraiment originaux et expérimentaux, on recycle à tour de bras : les années 1930 et la Big Band Era, ensuite la fin de la seconde guerre mondiale pour le  Be Bop,  les années 1070 pour le Free jazz… et, parfois avec succès. Dans ce contexte, on a pu constater chez nous le retour bienvenu de la clarinette dans les orchestres de jazz, notamment avec Jean François Foliez et son Playground, mais aussi le succès de plus en plus affirmé du jazz traditionnel épicé, à la mode New Orleans. Aujourd’hui, c’est  Big Noise, un des groupes belges – même liégeois – les  plus emblématiques de ce style qui nous revient avec un nouvel album, le troisième, un « live » enregistré aux Riches Claires (Bruxelles), au début de cette année. Ce quartet affiche une belle cohésion avec Raphael D’Agostino (cornet et chant), Johan Dupont (piano), Max Malkomes (contrebasse) et Laurent Vigneron (batterie). Le répertoire de Big Noise se construit autour de modèles : les « néo-Orléannais » bon teints comme le pionnier Joe Robichaux (Forty Second Street), les maîtres Louis Armstrong (Cornet Shop Suey), Sidney Bechet (Old Stack O’Lee Blues) ou encore Kid Ory (Savoy Blues), mais aussi le compositeur W.C.Handy de Memphis ( Oh Didn’t He Ramble), sans oublier un bond en avant dans le temps avec un titre du pianiste new-yorkais Fats Waller (Black and Blue). Pour le reste, à l’instar des premiers jazzmen du début du siècle précédent, les 4 compères s’amusent comme larrons en foire en empruntant des morceaux aux styles apparus dans le Sud, bien avant le jazz lui-même : un gospel, Down By The Riverside, Jesus On The Mainline, ou encore un blues, Make Me A Pallet On The Floor du pianiste Jimmy Yancey et Big Chief du pianiste Professor Longhair, avec, pour ces deux derniers titres, un Johan Dupont particulièrement inspiré. La technique pianistique hors-pair de Dupont, dans tous les autres morceaux , sans exception, fait merveille ! Par ailleurs, sur chaque titre, chaque musicien prend un solo, avec talent et jubilation. D’ailleurs, les réactions du public sont à la mesure de cette joie communicative. Si, comme je vous le souhaite, vous avez suivi les 4 saisons de la série télévisée « Treme »  (H.B.O.), également disponible en dévédés, vous retrouverez ici, outre l’esprit festif typique pour le jazz de New Orleans, un morceau leitmotiv des épisodes de la série désormais culte : My Indian Red, l’hymne des Black Indians.

Robert Sacre