Matteo Pastorino sur la route. sept21

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Matteo Pastorino sur la route.

Tournée belge de Matteo Pastorino, étoile montante de la clarinette.

On a pu découvrir le Sarde Matteo Pastorino au Pelzer Jazz Club, avec son quartet, ou au Jazz Brugge avec Francesca Palamidessi : toujours face à un public fasciné. Si la clarinette a été un instrument phare à l’époque du New Orleans et du swing, avec le bop, elle a été largement délaissée. Avec Eric Dolphy, la clarinette basse a trouvé ses lettres de noblesse mais souvent comme instrument d’appoint. Matteo Pastorino a décidé de se consacrer totalement à la clarinette, après avoir digéré toute l’histoire de l’instrument : une vraie découverte. Après un premier album, « V » chroniqué en son temps, il prépare une tournée en Lorraine et en Belgique avant d’enregistrer un deuxième album avec ses amis français : une occasion à ne pas rater pour découvrir une étoile montante du jazz européen.

Propos recueillis par Claude Loxhay

Tu es né en Sardaigne en 1989, comment as-tu découvert le jazz ?
Grâce à mon père contrebassiste. Il ne jouait pas de jazz : maintenant il s’y est mis depuis une dizaine d’années. Mais il adorait cette musique, donc j’ai découvert plein de vinyles à la maison.

Qui écoutais-tu?

Les premiers disques étaient du Ben Wester et du Stan Getz. Puis Benny Goodman et, quand j’ai découvert le bebop avec Charlie Parker, cela a était un vrai choc ! Puis, la suite je vous la laisse imaginer..

Pourquoi avoir choisi la clarinette, un peu délaissée chez les musiciens contemporains?

Depuis le plus jeune âge, j’ai été fasciné pour les instruments à vent, le saxophone et la clarinette surtout. Mon père jouait de temps en temps avec un saxophoniste et, quand celui-ci venait à la maison pour répéter alors que j’avais 4-5 ans, j’étais extrêmement fasciné par cet instrument. Puis, à l’âge de 13 ans, c’était un Noël, j’ai essayé, par hasard, une clarinette d’un oncle éloigné et j’ai demandé tout de suite à mon père de m’offrir une clarinette pour Noël.

Après avoir étudié en autodidacte, tu as suivi des workshops avec Paolo Fresu

Cela a été un vrai coup de foudre, je soufflais dans la clarinette pendant des heures. Je jouais tout seul sur les disques de jazz que je trouvais à la maison et aussi avec mon père, guitare et clarinette, sur des chansons italiennes et napolitaines. Puis, l’année après, j’ai commencé à suivre les workshops de Nuoro Jazz.

Pourquoi avoir décidé de t’installer à Paris à 19 ans ?

J’ai toujours été fasciné par Paris. J’ai rencontré, à Nuoro Jazz justement, un guitariste italien, Bartolomeo Barenghi, qui habitait à Paris et qui m’a aidé à mon arrivée.

Au Conservatoire de Paris, tu as rencontré plusieurs saxophonistes

Le Conservatoire de Paris, c’était une très bonne expérience. J’ai appris beaucoup de choses et surtout j’ai rencontré beaucoup de musiciens, entre autres, ceux avec qui j’ai créé mon quartet.

Le Siena Jazz a sans doute aussi beaucoup compté : tu as pu rencontrer Kenny Werner et Chris Potter…

Oui, tout à fait. Étudier pendant deux semaines avec de grands musiciens tels que Kenny Werner, Miguel Zenon, Chris Potter, Clarence Penn, Aaron Golberg, ça été vraiment enrichissant. Siena Jazz, c’est une grande chance pour les jeunes musiciens de jazz italiens et européens.

Tu as remporté de nombreux prix : le Massimo Urbani revêt sans doute une grande importance ?

J’ai gagné le Prix de la Presse du Massimo Urbani en 2015, un concours très réputé en Italie.Cela m’a permis d’établir des nouveaux liens avec l’Italie, vu que cela fait désormais huit ans que j’habite à Paris.

Comment as-tu rencontré les membres de ton quartet ?

Comme je le disais avant, j’ai rencontré en premier Jean-Baptiste Pinet, le batteur, au conservatoire. On est devenu tout de suite très amis et on a commencé à jouer ensemble. On a décidé de monter un quartet et il m’a présenté ses colocataires, Matthieu Roffé le pianiste, qui a fréquenté aussi le Conservatoire de Paris, et Bertrand Beruard, le bassiste. Maintenant, à la place de Bertrand, il y a un autre bassiste, Damien Varaillon, musicien que j’estime énormément et dont j’avais besoin pour un nouvel album en préparation.

L’album « V » est une vraie aventure en quartet, avec tes compositions et d’autres de Matthieu Roffé

On a beaucoup travaillé ensemble pour enregistrer « V ». Comme tout album, c’est une photo musicale de ce qu’on était en 2013. Dans les compositions, on a essayé de mélanger des dynamiques d’improvisation et d’interplay purement jazz, avec une dimension sonore qui explore les multiples facettes de chaque instrument et un équilibre qui s’inspire des couleurs et des nuances d’un ensemble de musique de chambre.  

Tu prépares une intéressante tournée

Je suis très content de cette tournée en France et en Belgique, dix dates ! Elle nous permettra de bien rôder notre nouveau répertoire..

En parallèle avec le quartet, tu as joué en duo avec Guillaume de Chassy

Il y a une très belle amitié et une bonne entente musicale entre Guillaume et moi, c’est un grand musicien. On a enregistré une video en avril et on prépare des concerts pour la saison 2016/2017.

Mais aussi avec avec Antonello Salis… 

Cette année, j’ai créé un festival de jazz chez moi, en Sardaigne. Pour la première édition, j’ai voulu inviter un musicien sarde très représentatif du jazz italien et européen. Quelle expérience incroyable ça été de jouer avec Antonello, wow, c’est quelqu’un d’une énergie invraisemblable. On a fait un concert de deux heures et demie sans faire une pause !

Tu as plusieurs liens avec la Belgique

J’adore la Belgique, son amour et son grand respect pour cette musique. Chaque fois que j’y viens jouer, il se passe de superbes choses.

Tu as enregistré plusieurs albums, avec des musiciens installés en Belgique : « In Other World I Am Three » (Mingus) avec Francesca Palamidessi et Hendrik Lazure et « Les Montgolfières », avec Nicola Andrioli et une autre chanteuse,Fabrizia Baressi. Tu joues aussi en quartet avec Nicola Andrioli… Avec quel répertoire ?

Ce sont des compositions de chacun de nous. Malheureusement ce groupe est actuellement en stand-by mais j’espère que ça va repartir bientôt !

Enfin, tu prépares un nouvel album ? Tu as composé d’autres compositions originales ?

Le quartet prépare actuellement un nouvel album dédié au peintre italien Amedio Modigliani. Il sera enregistré les 04 et 05 novembre 2016 à Paris, avec, comme special guest, le guitariste israélien Gilad Hekselman. J’ai l’intention de partager ma passion pour ce peintre qui m’accompagne depuis toujours. Ce nouveau projet s’inspire des épisodes clefs de la vie du peintre : le départ de sa terre natale, l’Italie, sa vie excessive à Paris. Ainsi que des éléments fondamentaux de son processus de création : son admiration pour l’art africain et asiatique, l’oeil intérieur et son concept de beauté pure et abstraite. Le Matteo Pastorino Quartet a le désir de révéler les sonorités visuelles et narratives des tableaux de Modigliani, et de communiquer cette incursion dans une intimité trouble et passionnante. Après plusieurs mois d’écriture et de préparation, cette tournée apparaît comme fondamentale pour consolider ce nouveau répertoire et son architecture, en vue de l’ enregistrement de l’album.

La tournée du quartet

26 septembre : Paris, Le Marcounet
30 septembre : Thionville, Wine Note
1 octobre : Metz, La Jeanne
4 octobre : Nilvange, Le Guelard
5 octobre : Luxembourg, Nex Cosette
6 octobre : Bruxelles, Bravo
7 octobre : Ans-Alleur, Centre Culturel
8 octobre : Bruxelles, Archiduc
9 octobre : Ittre, Heptone
4-5 novembre : session d’enregistrement à Paris