Fred Hersch Trio, Sunday Night at the Vanguard déc02

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Fred Hersch Trio, Sunday Night at the Vanguard

Fred Hersch Trio, Sunday Night at the Vanguard

PALMETTO RECORDS

Fred Hersch est à la maison au “Village Vanguard”, tout comme Bill Evans l’était ( tiens, le titre de l’album évoque-t-il  le “Sunday at the Village Vanguard” du légendaire trio Evans/Lafaro/Motian ?). Dans les liner notes de l’album, Fred Hersch n’hésite d’ailleurs pas à faire du lieu fondé en 1935 par Max Gordon  le « Carnegie Hall des clubs ». Il y rappelle aussi ses premières émotions lorsqu’il écoutait les concerts depuis les escaliers de l’entrée par manque de moyen, ainsi que son tout premier concert en spectateur en 1976 pour le retour aux USA de Dexter Gordon. Par la suite, il devint le tout premier pianiste à y séjourner  une semaine complète. Ce « Sunday Night at the Vanguard » est le quatrième témoignage du lien qui unit le pianiste et le club newyorkais : après l’album enregistré en 2002 avec Drew Gress et Nasheet Waits,  il fallut attendre l’album solo « Alone at the Vanguard » de 2010 et le double album enregistré en 2012 avec John Hébert et Eric McPherson pour retrouver Fred Hersch sur la même scène, après une traversée douloureuse liée au sida ( l’album s’intitule justement « Alive at the Vanguard » et non « Live At the Vanguard »). Compositeur magistral, Fred Hersch nous propose sur cet opus quelques nouvelles pièces toutes aussi lumineuses  que les précédentes, l’album débutant par un « A Cockeyed Optimist » d’une grande finesse. « Calligram », dédié à Benoit Delbecq est une petite merveille de jazz contemporain aux variations harmoniques et changements rythmiques qui révèlent si il le fallait encore,  la connivence qui lie le pianiste à ses partenaires depuis plus de sept années, Eric McPherson en particulier jonglant sur une pièce complexe et envoûtante à la fois. La deuxième partie du set est consacrée à quelques standards familiers de l’univers Herschien : « The Peacocks » de Jimmy Rowles, « Everybody’s Song But My Own » de Kenny Wheeler et « We See » de Monk, le pianiste  que Fred Hersch ne manque pas de reprendre à chacun de ses concerts. Une ballade tout en finesse mélodique est reprise au répertoire pop, l’élégantissime « For No One » de Paul McCartney. Rares sont les pianistes qui allient à la fois générosité, sens de la chanson, variations harmoniques originales, toucher sublime. Rares ?  Fred Hersch doit être unique dans cette voie qui concilie beauté et mise en abîme de la musique.

CONCERTS SOLOS

08 décembre à Leuven (Kultureel Centrum 30CC)

10 décembre à Roeselaere (Kultuur Centrum De Spil)

11 décembre à Anvers (De Roma)

13 décembre à Hasselt (Kultuur Centrum).

Il sera aussi avec son trio cette fois au Mithra Jazz à Liège le 13 mai à la Cité Miroir. 

Jean-Pierre Goffin