Plaistow, Live at Bimhuis fév27

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Plaistow, Live at Bimhuis

Plaistow, Live at Bimhuis

DYFL RECORDS

Bien que nos informations ne semblent pas toutes se recouper formellement, il n’est pas hasardeux de penser que le nom du trio genevois Plaistow s’inspire d’un quartier de la banlieue Est de Londres, pas très loin du stade de football où évolue le club de West Ham. Pour en venir aux faits, et étant entendu que nous ne percevons pas particulièrement quelle influence le nom de ce patelin exercerait sur la musique avant-gardiste du groupe, nous nous contenterons d’une description aussi précise que possible de celle-ci, dans l’intérêt de tous, à commencer par celui du lecteur avide de (belles) découvertes. On le sait, certaines passerelles (ici celle qui relie la musique expérimentale au jazz) se trouvent plus bancales que d’autres… La traversée peut même réserver de mauvaises surprises pour celui qui ne s’y serait pas préparé consciencieusement. Et en effet, on n’entre pas dans l’univers de Plaistow avec l’aisance du couteau aiguisé qui traverse le beurre mou. Atteindre une véritable satisfaction d’écoute requière un minimum de concentration et d’abandon de soi. Si « Titan », l’album précédent sur lequel le trio a érigé les fonds baptismaux de l’album live qui nous est proposé ici, a recueilli quelques avis dithyrambiques dans les médias, dites-vous bien que par ailleurs, beaucoup se sont certainement abstenus (à tort) d’en parler après avoir franchi le pas de l’écoute attentive. La tournée qui a suivi la sortie du disque a compté cinquante dates à travers l’Europe dont une en particulier (il y a environ un an), a donné lieu à l’enregistrement du disque « Live at Bimhuis », du nom de ce mythique club de jazz amstellodamois. La formule se veut classique en sa forme : piano/basse/batterie. Mais à l’écoute, il n’en sera rien. La musique de Plaistow sort largement des sentiers battus qui mènent aux standards du jazz. Régulièrement privé de sa résonance, le piano perd en séduction mélodique ce qu’il récupère en force percussive. La section rythmique robotique ajoute encore à l’effet de répétition qui, tout au fond du bout du compte mène à l’état d’hypnose… Le chemin est parfois long mais la patience sera toujours récompensée. Chacun des quatre titres sélectionnés sont autant de modules sonores érigés par succession de segments rectangulaires multicolores qui s’emboîtent les uns aux autres. Avec ce « Live at Bimhuis », Plaistow a inventé le concept d’un jazz – lego qui ne manque pas d’allure…

Joseph « YT » Boulier