Citizen Jazz, Passage en Revue mar06

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Citizen Jazz, Passage en Revue

Citizen Jazz, 15 ans : passage en revue.

Passage en revue (20€)

Ce « passage en revue » imprimé, de 15 ans d’existence du site internet français est l’occasion de retracer l’histoire du site (« La genèse ») et de présenter ses différents collaborateurs :  photographes, dessinateurs et rédacteurs, de Philippe Méziat à Matthieu Jouan, en passant par Franpi Barriaux dont on peut lire les articles sur Jazzaroundmag.

L’occasion de demander leur avis à des rédacteurs d’autres medias, de Frank Bergerot à Alex Duthil, à des responsables de club comme Françoise Dupas du Petit Faucheux à Tours, d’ingénieurs du son tel Gérard de Haro, et surtout, à une trentaine de musiciens, d’Henri Texier à Emile Parisien ou Alban Darche : « que s’est-il passé dans le jazz depuis 2001 ? »

Une constante dans ces réflexions : il y a de plus en plus de musiciens, la plupart sortis d’un conservatoire comme le souligne Vincent Courtois, et de moins en moins de public et de scènes ouvertes au jazz: « J’ai l’impression que le public de jazz ne se renouvelle pas aussi vite que le jazz lui-même. Depuis quelques années, je trouve que le nombre de jeunes qui assistent à un concert est décroissant. » (Edward Perraud,batteur).

D’où l’obligation pour le musicien de se transformer en « producteur » : « Depuis une quinzaine d’années, on assiste à une pratique qui tient plus à la survie qu’au développement artistique. Je pense aux musiciens qui sont dans l’obligation, s’ils veulent survivre, de prendre leur destinée en main pour la recherche et la réalisation de concerts ou de disques.«  (Henri Texier). D’où l’obligation de se regrouper en collectif et de créer ses propres labels: « depuis une quinzaine d’années, dans chaque région, des musiciens se sont regroupés, organisés en assoc’, collectifs, voire groupe de pression«  (Daunik Lazro, saxophoniste).

Ce désintérêt pour le jazz, qui confine à un certain mépris (une « musique de vieux », « musique intellectuelle », « le jazz est mort » comme le proclame le film La La Land), est, en partie consécutif à sa quasi complète disparition des medias « généralistes » comme la télévision (vous vous rappelez des émissions de Jean-Christophe Averty enregistrées live à Nice ou Antibes ?) : « Le jazz perd de sa superbe médiatique. La chanson préfère s’abreuver à des rythmes binaires » (Nicolas Dourlhès). Une anecdote racontée par Andy Emler est révélatrice de ce « mépris »: « Il y a peu, en arrivant dans un théâtre, je m’installe sur le piano à queue et là, le régisseur me dit: « Je suis désolé mais pour vous ce n’est pas le bon piano. Pour le jazz, c’est celui-ci. » C’était le petit piano du théâtre, celui qui reste à demeure et n’est que rarement entretenu.« 

C’est aussi l’occasion de dresser le portrait de grands noms des 15 dernières années: Olivier Benoît et son ONJ, Emile Parisien, les frères Ceccaldi, Théo le violoniste et Valentin le violoncelliste, Sylvain Rifflet, Joce Miennel… et puis d’attirer l’attention sur une scène féminine émergente : Alexandra Grimal, Airelle Besson, Eve Risser, Jeanne Added, Elise Caron, Sarah Murcia rejoignent leur aînée Joëlle Léandre.

Non, le jazz n’est pas mort, il reste une musique de résistance, une « manière de vivre » : « Le militantisme, la lutte, la colère,  la résistance, toutes ces formes de combat social et/ou politique trouvent leur place dans le jazz. Depuis le début et encore aujourd’hui » (Olivier Acosta)

En 125 pages, Citizen Jazz fait le point sur la question. Le tout magnifiquement illustré par des photos et des dessins. Que Matthieu Jouan se rassure : non « une revue imprimée pour fêter les 15 ans d’un magazine sur internet » n’est pas quelque chose d’incongru et décadent. Chaque media a ses avantages : le site internet permet d’illustrer les articles par des videos ou des extraits sonores. Il s’inscrit dans l’instant. La revue imprimée permane dans le temps, là où l’internaute surfe sur la vague.

Claude Loxhay

Pour acheter ce numéro bientôt « collector » :

-  le site de Citizen Jazz : Passage en revue (20€)

-  en l’achetant chez un libraire : Liste des libraires