Igor Gehenot – Alex Tassel, Delta mar09

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Igor Gehenot – Alex Tassel, Delta

Igor GehenotAlex Tassel, Delta

IGLOO RECORDS
Après avoir démontré tout son talent en trio, avec Philippe Aerts et Teun Verbruggen (albums « Road Story » en 2012, « Motion » en 2014), Igor Gehenot a expérimenté différentes formules de quartet, notamment avec les saxophonistes Toine Thys et Vincent Thékal. C’est grâce à son ancien professeur, Eric Legnini, et au bassiste Daniel Romeo qu’il est entré en contact avec le Français Alex Tassel, un réel virtuose du bugle. S’il a enregistré plusieurs albums de jazz-soul (« Fillet of Soul » ou « Diamond Suite » avec le saxophoniste Guillaume Naturel, « Movements » avec Eric Legnini, Daniel Romeo et Manu Katché), Alex Tassel est tout aussi passionné par le jazz acoustique. Le double album « Heads and Trails », qu’Igor a écouté, illustre cet éclectisme : une face acoustique, l’autre électrique.

C’est ce versant résolument acoustique qu’on retrouve sur « Delta », en parfaite empathie avec Igor. C’est peu dire que les deux musiciens se sont « trouvés ». Complètent cette formation à dimension réellement internationale, d’une part, le contrebassiste suédois Viktor Nyberg, que l’on a pu entendre, lors d’un Jazz à Liège, en trio avec le saxophoniste Pierrick Pédron; de l’autre, le batteur luxembourgeois Jérôme Klein qu’Igor avait déjà croisé en quartet avec Toine Thys.

Au répertoire, sept compositions d’Igor, une de Tassel (Starter Pack au groove survolté), une de Klein (Johanna, une ballade mélancolique, avec un Jérôme Klein tout en légèreté aux balais). Au total, de superbes mélodies qui permanent longtemps dans l’oreille (December 15, Sleepless Night ou Abysses avec de légers effets d’écho du bugle) : des plages qui mettent parfaitement en valeur la sonorité « velours » du bugle comme le lyrisme mélodique d’Igor. Mais Bill Evans ou Brad Mehldau ne sont pas les seules références évoquées par Igor (il a aussi écouté Mc Coy Tyner) : l’album propose une belle alternance entre ces ballades tout en délicatesse et des plages au tempo énergique (Moni, Starter Pack, Drop by ou ce Step 2 avec un groove virevoltant induit par la batterie). Tout en délicatesse aux balais dans les ballades, Jérôme Klein se révèle « cogneur » (dans le sens positif du terme) sur les tempos rapides. Quant à Viktor Nyberg, il ne se contente pas seulement d’assurer une solide assise rythmique, il sait se montrer mélodique (beau solo sur Moni). Bref, ce quartet est parfaitement soudé. Du trio au quartet, un virage pleinement réussi pour Igor, grâce à la réelle complicité qui lie les quatre musiciens.

Claude Loxhay

Release concerts

11 mars, AB Club (Bruxelles)

17 mars, Centre Culturel de Sprimont

14 avril CONFLUENT JAZZ  –  NAMUR