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Écaussinnes, le blues en capitales !

Le Spring Blues festival d’Écaussinnes est le seul festival, en Fédération Wallonie Bruxelles, entièrement consacré au blues, avec en plus des vedettes internationales de haut niveau à l’affiche !

Le 19 mai dernier, le festival fêtait son 25e anniversaire, dans une formule resserrée, avec cinq groupes au lieu des sept ou huit habituels, principalement pour des raisons économiques. C’est la crise pour tout le monde, donc aussi pour les organisateurs de festivals aussi.

En outre, le Spring Blues ne bénéficie plus de tous les soutiens publics qu’il mériterait. Le Ministère de la Culture a supprimé un subside pourtant amplement justifié, en appliquant à la lettre le critère subjectif selon lequel une programmation doit proposer un tiers de groupes de ladite Communauté. Comme si on pouvait trouver assez de groupes de blues en Wallonie et à Bruxelles, capables de jouer dans la cour des grands ? Sauf à reprendre toujours les mêmes ce qui est contraire au concept même de ce festival. Cherchez l’erreur.

Cela dit, cette année, l’ouverture a été confiée au chanteur guitariste John Primer qui a brillamment allumé le feu, accompagné par les néerlandais de la formation The Little Boogie Boy Bluesband. Primer est actuellement un des meilleurs musiciens de Chicago, vétéran des bands de Muddy Waters, Willie Dixon, Magic Slim, Mississippi Heat etc. Il allie feeling et dextérité, que ce soit dans son chant ou dans son jeu à la guitare, sa technique du bottleneck, en particulier, atteint les sommets. De plus, son répertoire englobe des douzaines de morceaux. Bref, John Primer a chauffé l’auditoire à blanc, avec, entre autres, Sweet home Chicago ou encore It hurts me too.

John Primer by Robert Sacré

Ensuite, ce fut le tour du guitariste texan Shawn Pittman dans une démonstration de sa technique de guitare inventive et bien rodée : très moderne, mais aussi bien ancrée dans la tradition de ses modèles (Stevie Ray Vaughan, Albert Collins…). L’argent n’a pas d’odeur dit-on, mais son Scent of Your Benjamins (allusion au billet de 100 dollars avec la face de Benjamin Franklin) fut fort applaudi, tout comme Edge of the World et autres faces tirées de son dernier album.

Après le Texas, retour au « Chicago Blues » musclé avec Dave Weld & the Imperials. Virtuose de la guitare slide, Wald s’inspire de Hound Dog Taylor et de J.B. Hutto, dont le neveu, Lil Ed Williams, fut un partenaire pendant de nombreuses années. Bien entouré, entre autres par Dave Kaye, un bassiste extraverti et démonstratif, Wald aurait dû pouvoir compter sur la présence du saxophoniste Abb Locke, ancien sideman de Muddy Waters, Elmore James, Howling Wol… si la maladie ne l’en avait pas empêché, fort dommage !

Le blues de la West Coast a pris le relais avec Junior Watson, guitariste chauve à longue barbe, au jeu époustouflant, ancien partenaire des plus grands, au sein des Mighty Flyers puis de Canned Heat, avant des se lancer dans une carrière solo. Ici, Watson était associé à une autre grande pointure du style californien, en la personne de l’harmoniciste Andy Just (en remplacement de Gary Smith indisponible). Ils ont littéralement fait tanguer la tente du festival avec leur musique au carrefour du blues et d’un R&B complètement speedé.

Junior Watson by Robert Sacré

Mais, le meilleur restait à venir avec l’accordéoniste zydeco Dwayne Dopsee, fils du légendaire Rockin’ Dopsee et showman exceptionnel ! Lors de chaque concert, il perd ainsi aisément deux ou trois litres de sueur qui ruisselle en continu sur le crâne et les épaules. Entouré par les Zydeco Hellraisers, il a interprété ses blues endiablés à l’accordéon chromatique amplifié qui sonnait tantôt comme un saxophone, tantôt comme un harmonica ! C’est ainsi que Dwayne Dopseel a fait danser le public en délire, jusqu’aux petites heures de la nuit.

Dopsee by Robert Sacré

Le crû 2012 du Spring Blues Festival était, une fois encore, de qualité V.S.O.P !

Robert Sacré