Sal la Rocca, sans demi-mesure ! juin26

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Sal la Rocca, sans demi-mesure !

Son bandana, son petit air de corsaire et sa petite barbichette sont connus aux quatre coins du monde, et font de Sal La Rocca une référence comme contrebassiste au sein de la planète jazz. Il aime cet instrument car il lui permet de parler en même temps, de s’exprimer, de rugir, de rougir et qui sait de jouir aussi. Bavard, présent ,engagé, il nous a reçu chez lui pour parler de son dernier album, de son monde à lui et de lui dans le monde. Une belle rencontre avec un mec, bâti comme un roc, amoureux du jazz, de la musique, de sa femme et comme tous les grands : de la Vie. 

Entretien : Etienne Payen  Photographies : Jos Knaepen

Sal la Rocca by Jos Knaepen

Avant toute chose, comment définir le rôle du bassiste?
Le son est basique et est obtenu en établissant des rythmes fondamentaux, en tous cas à l’origine. Puis la basse est devenue plus bavarde, et en quittant cette fonction primordiale, a pris sa route vers le coté soliste et contrepointiste au lieu d’uniquement accompagner. Le bassiste joue un rôle de lien, de celui qui invite les autres musiciens à faire des choses ensemble.

S’embête t-on parfois dans ce rôle d’accompagnateur ?  Car, parfois, et cela ne dépend pas de la qualité du bassiste, on ne l’entend guère !
Contrairement à ce qu’on pense, le rôle de sideman, d’accompagnateur est tout un univers bien précis. C’est un travail de fou, car il faut jouer de manière égale pour que les autres puissent faire leur solo. Donc on est toujours dans ce rôle de lien entre les musiciens.

Parfois frustrant? Si il n’y pas de solo ?
Tout dépend de la manière dont on aborde sa fonction. Pas de problème pour moi, car je me mets dans le rôle de l’accompagnateur de premier plan afin de servir les autres pour leur fonction. Mais certains ne rentrent pas dans cette vision des choses. Pourtant, on peut aussi avoir une âme de soliste et très bien accompagner aussi comme Scott Lafaro ou Eddie Gomez. Les tous grands restent d’ailleurs des grands accompagnateurs.

Il est temps de parler de ton cédé « It Could Be The End» (Igloo). C’est le deuxième disque en leader en dix ans. Pourquoi aussi peu d’albums et un intervalle de temps aussi long entr’eux ? 

New Release Igloo Records


Le premier disque a été un coup de coeur, signe de la rencontre avec ma compagne. Un disque familial, presque amateur. J’avais enregistré la musique qui me venait dans la tête, et de manière spontanée. On est bien loin du challenge du second, qui se veut un disque plus réfléchi. Celui ci est plus mature! Dix ans d’écart car j’ai toujours eu pas mal de travail et le fait d’accompagner d’autres bons musiciens m’a toujours comblé. Je ne ressentais pas forcément ce besoin de jouer en leader. Tu fais ce que tu as à faire et essayer de bien le faire est déjà un challenge. Moi cela me suffisait!

Et pourquoi un matin l’idée de cet album ?
Je voulais marquer le coup, sans pour autant avoir un véritable plan de carrière. Je ne planifie pas les choses .Pour moi faire une carrière revient à planter une graine qui pousse ou qui ne pousse pas. Je ne suis pas un carriériste.

Carriériste peut-être pas, mais quelle belle carrière jusqu’ici, félicitations Monsieur Sal ! Piano piano. Mais c’est vrai que mon CV est bien rempli.

Pourquoi ce titre   »It Could Be The End» ?
Pas de véritable raison au départ. Un jour, j’étais dans mon bureau et en levant les yeux vers mon jardin, je me suis dit que tout cela pourrait finir. D’où le titre. Il n’y pas de rapport avec le lien 2012 et la fin du monde. Tout cela est un hasard.

Rien de pessimiste pour autant ?
Non. Je ne suis ni pessimiste, ni optimiste. Je me situe entre ces deux extrêmes. La fin entraine aussi un renouveau vers autre chose.

Parlons des musiciens de l’album !
Le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart.  Nous avions déjà enregistré en France, en 2007, et fait quelques concerts ensemble. Le contact était bon. Le batteur Hans Van Oosterhout. On se connaît et on joue souvent ensemble. C’est mon alter ego comme musicien. Le guitariste Lorenzo Di Maio. Je l’avais rencontré chez le saxophoniste Laurent Dumont. Il est jeune ( 27 ans ) et s’exprime très bien en jouant, il a des choses à dire.

Le pianiste belge Pascal Mohy est omniprésent dans ce disque et de démarque de brillante manière grâce à de très beaux passages de piano !
On s’est lié d’amitié il y a quatre ans. J’ai joué dans son trio et l’amitié s’est installée comme porte d’entrée d’une belle collaboration musicale. En plus, il est à demi sicilien, ce qui conforte encore nos liens. Il joue effectivement super bien, se démarque avec brio. Il a assurément une belle présence sur l’album. Je n’ai pas voulu en faire un disque de contrebasse mais de musiques où chacun peut se mettre en évidence. Toujours ce rôle de lien dont je parlais au début.

Question naïve ? On peut avoir des liens amitiés dans la musique ou dans le jazz ?
Oui et heureusement. Même si on ‘est pas forcément ami parce qu’on joue deux mois ensemble. Il n’y a pas que la musique; il y a aussi ces atomes crochus, ce coté humain.

Ta biographie indique que tu es autodidacte musicalement parlant. Est-­ce à dire pas de Conservatoire lors de ce passage de la guitare à la contrebasse ?

Exact, je n’ai aucune formation musicale. Je n’étais déjà même pas un bon élève dans ma scolarité. Or il existe souvent un lien entre le parcours scolaire et l’entrée au Conservatoire. Je ne suis pas un bon lecteur de musique. Je jouais de la guitare et me suis mis à la basse assez tard car j’avais 23 ans. Dans ces années septante à Liège où j‘habitais, il n’y avait plus de bassiste pour les musiciens. J’avais commencé à étudier à l’Académie mais très vite, je n’ai plus eu le temps car j avais des gigs avec des musiciens confirmés comme Jacques Pelzer ou Steve Houben.  J’ai eu très vite du travail. Au départ, je suis guitariste de blues et de rock, c’est à dire une musique instinctive qui ne demande pas forcément de connaitre l’harmonie.

Mais comment passe t-on de la guitare à la basse ? Cela ne s’achète au grand magasin du coin une basse ?
Au début de la vingtaine, à Liège, je cohabitais avec un saxophoniste. Il était féru de jazz et possédait une belle collection de disques. IL aimait sincèrement le jazz, et m’a fait découvrir cette musique depuis Duke Ellington à l’Art Ensemble of Chicago. J’ai littéralement craqué sur cette musique, moi qui étais dans une période de « vide musical». Un jour, il m’a regardé – moi qui portais une grosse barbe à l’époque – et m’a dit que j’avais une tête de bassiste. Je l’ai pris au mot et me suis inscrit à la première académie en Solfège. On m’a prêté une basse, puis j’ai commencé à apprendre, à avoir des engagements. Ensuite, la rencontre avec un prof privé qui était superbe. Et c’est ainsi que tout a commencé !

As-tu eu de suite un amour pour la basse, ou était-­ce aussi parce que cela te procurait du travail ?
Non, j’ai eu tout de suite un flash pour l’instrument. Je ne suis pas le genre à continuer quelque chose qui ne me convient pas. J’en suis littéralement tombé amoureux. C’est pour cela que j’ai continué. Je ne suis pas le genre à continuer quelque chose uniquement parce que cela rapporte, si cela ne me convient pas. Ce qui m a valu quelques déboires par ailleurs.

Comment composes-­tu ?

Sal la Rocca by Jos Knaepen


J’ai toujours composé depuis le premier disque. A force de lire et de travailler les compositions des autres, on en retient quelque chose. Mais je suis quelqu’un qui compose d’instinct.

Aurais-tu composé différemment si tu avais fait le Conservatoire ? Te manque t-il parfois quelque chose ?
Oui bien sûr parfois! Mais je suis content de mon chemin. Même si il peut y avoir parfois un petit regret. Mais je n’y donne pas trop d importance.

Est-‐ce facile pour toi de composer ? Qui compose facilement ? Quand peut-­on dire qu’un morceau est fini. Moi je suis instinctif ou je fais des puzzles que j’assemble en un morceau final

Comment vient l’inspiration d’un morceau de jazz par rapport à celle d’une chanson à texte ?
Avant tout la mélodie. Celle qui vient en tête. On peut s’éveiller un matin, avoir une idée et l’exploiter. Et avoir terminé le soir le morceau. On peut se dire « je vais composer quelque chose » et ne rien avoir trois semaines plus tard. Ou tout faire en dix minutes.Tous les cas de figures existent. J’adore composer mais c’est parfois une torture. Cela peut être long car on peut bloquer sur une partie du morceau pendant très longtemps. Même les grands compositeurs connaissent cela. Mais je suis dans l’instinctif. Je compose sur ma guitare et parfois, je laisse aller mes doigts, comme dans la nature sans savoir où je vais. J’enregistre sur Garageband et cela peut donner une base de mélodie en re écoutant le morceau.

Content des critiques positives de l’album? Je suppose.
Oui bien sûr, car les retours sont très bons. Mais je ne reçois pas assez de demandes de concerts. Je suis aussi en manque d’agent et de booking. L’album est sorti dans de nombreux pays et voyage pas mal sur le net. Avec pas mal de partages, de téléchargements et beaucoup de retours.

Prévient-on les gens célèbres avec qui on a joué quand on sort un album ?
Non généralement cela n’est pas possible car il y a trop d’albums qui sortent chaque jour. Cela se faisait autrefois quand il y avait moins de sorties. Autrefois on attendait la vente de l’album d’une vedette. Aujourd’hui, il y a trop de nouveautés: les vieux, les jeunes, les bons, les moins bons. C’est un marché incroyable et on n’a plus le temps d’attendre la sortie de celui qu’on admire. Il n’est pas facile de faire sa place quand on sort son album sauf si on la chance d’être soutenu par un grand major international. Beaucoup de cédés passent à la trappe. Déjà avoir quelques retours de proches est déjà un évènement en soi !

Le monde du jazz est-­‐il donc si dur que cela ?
Oui cela le devient. Autrefois, c’était dur parce que le jazz n’a jamais été un langage facile. Il fallait faire accepter la musique aux gens et les amener à écouter quelque chose de différent. Il faut aller vers les gens! Maintenant c’est différent parce que le jazz se perd dans la jungle. Les valeurs se perdent .La tête d’affiche des grands festivals comme Montreux n’est plus un jazzman mais un DJ .Avant on savait à qui on avait à faire. Aujourd’hui on travaille avec de gens qui ne connaissent même plus le produit.

C’est à dire ?
Autrefois,même dans la vente, le vendeur connaissait ( et aimait ) souvent son produit. Ceux dont le rôle est d’assumer la promotion du jazz ne sont plus forcément des passionnés (ou des connaisseurs) de cette musique. Cela devient une denrée plus rare. Il reste donc des jeunes pour faire un boulot mais qui n’ont pas cette connaissance ou cette passion. Et nous acteurs du jazz, dépendons aussi en quelque sorte de «ces gens.»

Ce cloisonnement va t-il plus loin ?
Oui car certains organismes de promotion ont des contrats avec des clubs, ou des centres culturels et ont ainsi établi une sorte de monopole. Grâce aux subsides, le club ne nous paye en réalité qu’une petite partie ou le tiers de ce nous coûtons réellement. Bien sûr, cela crée aussi du travail. Mais en tant qu’indépendant, c’est à moi à donner mon prix, négociable ou pas. Aujourd’hui, les prix sont fixés. Et cela n’est plus possible de proposer le sien.» Tu prends ou tu prends pas». En réalité, les trois quart des musiciens ont un statut d’artiste et donc un chômage qui leur donne une certaine sécurité que l’indépendant que je suis, ne possède pas. Cette différence tend à nous planter. Ce statut d’artiste est en réalité un chômage déguisé. Il faut très peu déclarer de concerts par an pour jouir et profiter de cette aide financière. Or un véritable musicien ne joue pas quelques concerts par an mais doit jouer presque quotidiennement. Pour être un musicien professionnel, pas un simple artiste. Ce statut d’artiste engendre très peu de travail car ce type de musicien cherche peu et crée peu.

Dès lors, de quoi vit-on quand on est musicien professionnel et qu’on est indépendant ?
La plupart d’entre nous donnons des cours. Personnellement, je ne le fais pas car je n’ai pas la formation de professeur. Moi, j aime donner des cours d’ensemble, apprendre à jouer ensemble comme dans le jazz qui n’est qu’interactivité, car nous devons sans cesse communiquer au sein de la formation, contrairement à la pop qui se joue de manière moins subtile. A l’origine, le jazz est une musique au parfum révolutionnaire. Le caractère et l’attitude des musiciens allaient dans ce sens. Et de nos jours, tout a tendance à devenir fonctionnel, lisse, plat. Quelques cours la journée, un peu de concert le soir, et retour à la casa familia après cela. Il faut parfois «souffrir», s’investir, apprendre à dire non à certaines demandes même si on n’a pas toujours «de quoi manger». Il ne faut toujours accepter de se faire sous-payer. C’est cela aussi être jazzman ! Non, il n’est pas toujours aisé de gagner sa vie dans le jazz. Les subsides du jazz sont en dessous de la musique légère et sont donc faibles. On nous a coupé le robinet. Les gens de ma génération, sommes reconnus pour notre expérience. Les jeunes, sortant du Conservatoire, jouent bien, mais ont peu de bouteille forcément. Ils n‘ont pas forcément l’esprit jazz et cassent les prix en jouant pour peu d’argent parfois. C’est pas grave pour eux car ils sont souvent encore chez leurs parents qui les aident. C’est plus dur pour nous, depuis la crise même si j’ai la chance d’être régulièrement sollicité. Les subsides ont stoppé, et il y a moins de boulot. On gagne plus quand on joue en France. Ce sont de vrais cachets. Ici quand j’annonce mon prix qui n’est pas celui d’une méga star; les gens tombent dans les pommes. Alors qu’il y a déplacement, soundcheck, répétition et d‘autres frais. Parfois, il ne reste pas grand chose et cela n’est pas toujours facile. 

Comment se sont-­on face à cet état de choses ?
En révolte, en déception. Je me sens prêt à créer un groupe pour nous mettre ensemble pour lutter contre cet état de faits. Si il y a problème avec un organisateur, que notre groupe -­sorte de syndicat-­ puisse réagir .Cette association n’existe pas en réalité. Peut-­‐être un jour.

Que préfères-tu : tournée, concert unique ? Y a t-il des soirs où on n’a pas envie de jouer ?
Perso, j’aime les tournées. Et oui, bien sûr, parfois on a envie de rester chez soi et on n’a pas envie de jouer. Mais en tournée, on est préparé à cela, à bouger, à cette dose d’adrénaline. Contrairement à un chanteur, notre répertoire change énormément et on ne ressort pas la même rengaine chaque soir. Mais jouer tous les soirs pourrait être invivable. Il nous faut aussi parfois un moment de repos en tournée. Il faut un équilibre entre trop et trop peu. Mais quand on joue peu, au contraire on se sent comme un lion en cage. On se prépare, on répète, on travaille son répertoire.

En tournée, les musiciens s’entendent-­ils toujours bien ?
On s’engueule parfois mais vivre et jouer ensemble reste un moment de vérité sur soi et sur les autres. Mais avec les années, on apprend à être plus tolérant. Une tournée, c’est un peu comme partir en vacances avec des amis, on apprend vite plein de choses sur la vérité des gens.

Etre leader d’un groupe signifie t-il «boss tout pouvoir « de la tournée ?
Pas du tout pour moi même si certains arrivent très bien à jouer ce rôle. Moi je m’ inclus dans mon band, et c’est le band qui est engagé, et qui est le vrai boss de la tournée.

Peut-­on caricaturer certains musiciens en tournée ?
Les américains de New York, ou de Detroit ne sont pas toujours faciles et cela n’accroche pas toujours. Sur scène pas de problèmes, mais en dehors cela ne passe toujours aussi bien. Autre manière de vivre. On
n’a pas forcement les mêmes valeurs, Il y a même parfois une certaine condescendance vis à vis de nous. On ne voit pas grand chose en tournée, des dates, des avions, des hôtels. Mais ce n’est pas un scoop, mais je n’aime pas l avion.

Quel musicien t’a laissé le meilleur souvenir ?
Le saxophoniste Harold Land, qui a joué dans le quintet de Clifford Brown. On a beaucoup joué ensemble en Hollande, il y a une quinzaine d’années, avec le pianiste Mike del Ferro. Ce musicien m’a laissé une trace indélébile, américain pourtant mais humainement très gentil. Il jouait comme un dieu, ce qui ne gâchait rien.

Celui qui t’a le plus appris ?
Steve Grossman ( qui m’ a engagé en 1987 pour ma première tournée en France, et qui était déjà une grosse pointure). Steve Houben, ( qui m’a mis le pied à l’étrier et qui m’a permis de commencer à jouer ). Jacques Pelzer( qui était un superbe musicien) et on jouait le plus souvent ensemble.

Celui avec qui tu as le plus rigolé ?
Steve Houben sans aucun doutes. On se connait maintenant depuis 20 ans. Il a un super humour et un esprit vif. On peut beaucoup rire. C’est une vraie complicité amicale et musicale.

Ton plus beau concert comme spectateur ?
Sun Ra, qui m’avait bluffé au Cirque Royal. Il y avait le show, couleurs et costume et musique .

Ton meilleur concert comme bassiste ?
Avec Scott Lafaro. Comme si c’était quelqu’un de ma famille. Aussi avec Steve Houben avec qui on a atteint parfois des sommets de connivence.

Pourquoi un concert est‐il meilleur qu’un autre ?
Les conditions de travail tout d’abord; ensuite comme on est luné. Il y a une magie qu’on ne retrouve pas toujours.

Est-­il difficile de jouer de la basse techniquement ?
Oui, un de mes anciens professeurs m’avait dit que la basse relevait de la barbarie car c’est très physique. Ensuite, on peut aussi travailler sur la lutherie pour rendre l’instrument plus facile à jouer. Mais moi j’aime le coté physique, ça doit être mon coté fils de mineur. J’aime l’effort. On le ressent d’ailleurs dans les doigts après deux heures de concert. De plus, une basse, c’est gros et ça vibre.
Ensuite, l’instrument n’est pas toujours au top de sa forme car une contrebasse est faite de bois et d’eau. Le niveau d humidité de l’endroit a des répercussions sur l’instrument. Si il y a trop d humidité, cela ne sonne pas bien car les vibrations se font mal et si c’est trop sec, c’est le contraire. Il faut toujours un équilibre.

L’instrument évolue t-il ?
La basse évolue techniquement mais je n’ai pas d expérience de ces nouveaux instruments. Je reste fidèle à la bonne basse acoustique. Je la possède depuis quinze ans et je n’en suis toujours pas blasé. Je ne suis pas en quête des nouveaux instruments. Il me faudrait déjà dix vies pour découvrir la richesse de ma basse. Je viens de guitare et suis un fidèle des cordes. Je peux être attiré par le saxo ténor mais souffler n’est pas mon pied. On ne peut parler en jouant. C’est trop cérébral. Moi, je suis un manuel.

Que ressens-­tu quand tu joues ?
Des vibrations très très fortes. Volume et vibrations constituent une sorte de mini massage qui fait du bien. Il y a quelque chose de sensuel dans la basse.

Question de Docteur! Pas de douleurs rhumatismales ?
J’ai de la chance car je ne ressens aucune douleur aux mains. Je bois chaque jour du vinaigre de cidre qui me régularise et me fait du bien, physiquement.
Je suis moins nerveux grâce à cela, alors que je l’étais plus auparavant. Et je suis sportif, je fais beaucoup de vélo.

Quelles sont tes qualités de musicien ?
Une certaine stabilité. On peut avoir confiance en moi. J’ai pris à côeur mon boulot d’accompagnateur qui ­‐on l’oublie souvent -­est aussi important que le travail d’un soliste. C’est lié à mon image, je ne me brade pas et j’essaie de jouer dans du solide. Cela se travaille de rester dans le coup.

Tes défauts comme musicien ?
La paresse. Je peux être oisif. Je pourrais aller sur la montagne avec un carnet et un crayon pour noter ce que je vois.Etre spectateur de la vie, de la nature.
Je peux être aussi comme cela. Je ne joue pas forcément tous les jours Je veux vivre aussi. J’aime énormément voir ma famille, faire du vélo. Cela représente un équilibre pour moi.

Citoyen du monde. Altruiste ?
Citoyen du monde responsable pour la Paix et la répartition équitable des biens communs. La terre et ses précieuses ressources n’appartiennent à personne.
Et même si je n’adhère à aucun parti politique, je me sens Ecolo et en Colère.

 

 

« It Could Be The End » (Igloo)

New Release Igloo Records