Shannon Barnett, Hype sept21

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Shannon Barnett, Hype

Shannon Barnett, Hype

CHALLENGE RECORDS

Née en Australie, Shannon Barnett fait partie de ces rares femmes à avoir le bras assez long pour jouer du trombone. Pas de propos sexiste de ma part ici, c’est tout simplement ce qu’un passager de train lui a rétorqué lorsqu’elle lui apprit qu’elle était tromboniste ! Ceci dit, à part l’Américaine Sarah Morrow qu’on a vu au Festival Jazz à Liège il y a quelques années, on aurait du mal à citer d’autres trombonistes féminines dans le milieu du jazz. Après ses études en Australie, Shannon Barnett s’envole pour Bannf au Canada pour suivre une masterclass avec Dave Douglas; elle s’installe ensuite à New York où elle fera partie du bigband du « Birdland ». Elle postule ensuite et obtient un poste à Cologne au « WDR Big Band », un des orchestres européens les plus renommés, Cologne où elle vit depuis. Son premier album, entourée de musiciens allemands, sort ce mois-ci chez Challenge Records et est une belle surprise. Avec son quartet sans piano, composé du sax-ténor Stefan Karl Schmidt, du contrebassiste David Helm et du batteur Fabian Arends,  Shannon Barnett présente neuf compositions personnelles toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Au petit jeu des références, même si l’Australienne aime le jazz traditionnel  – on peut l’entendre sur « A Tribute To Bix Beiderbecke » » aux côtés d’Emile Parisien entre autres sur le label ACT – et se trouve des références chez Trummy Young ou Jack Teagarden, c’est plutôt du côté d’Albert Mangelsdorff qu’on ira puiser pour cet album qui touche résolument à un jazz très contemporain. Hype ouvre l’album avec une énergie très forte et Lembing séduit par ses changements de tempo sur les solos de trombone et de sax. People Don’t Listen To Music Anymore et PG3 sont des pièces lentes à la belle mélodie, alors que le swinguant OK Compupid propose des solos cativants de la leader et du saxophoniste Stefan Karl Schmidt. On retrouve aussi sur plusieurs pièces – Red-Bellied Stickleback, Speaking in Tongues, un univers qui fera penser à Aka Moon. Un album chaudement recommandé, un quartet qu’on aimerait découvrir sur scène chez nous.

Jean-Pierre Goffin