Aldo Romano, Mélodies en Noir et Blanc sept28

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Aldo Romano, Mélodies en Noir et Blanc

Aldo Romano, Mélodies en noir et blanc

LE TRITON

Un titre évocateur pour ce nouvel album d’Aldo Romano : des « mélodies », bien sûr, pour ce grand mélodiste; « en noir et blanc », comme « un polar des années 1950″, dit Romano lui-même, mais aussi comme le clavier d’un piano, car cet album en forme d’anthologie est dédié à un piano trio. Aldo Romano en a croisé des pianistes durant sa longue carrière : Michel Petrucciani (album « Flash »), Joachim Kuhn (« Impressions of New York »), Franco D’Andrea (« To be Ornette to be »  ou « Volte » en trio), Stefano Battaglia (« Bill Evans Compositions »), Baptiste Trotignon (« Flower Power »), Steve Kuhn (« Childhood Is Forever »), Danilo Rea (« Threesome »), Nico Morelli (« Live in Morocco ») ou Salvatore Bonafede (souvenir d’un concert au Château d’Oupeye avec Michel Benita). Pour ces « Mélodies en noir et blanc », Aldo Romano a fait appel à Dino Rubino, un musicien au parcours assez atypique : il a d’abord étudié le piano classique mais, après avoir écouté Tom Harrell, il s’est tourné vers la trompette et le jazz. Ainsi, Paolo Fresu lui a proposé de rejoindre son label Tuk. A la trompette, il a enregistré notamment « Mi sono inamorato di te » (un titre du chanteur Luigi Tenco) et au piano, en solo, Roaming Heart. A la contrebasse, Aldo a fait appel à un vieux complice, Michel Benita, croisé au sein de Palatino, avec Paolo Fresu et Glenn Ferris ou pour les albums « Corners » et « Préférences ». Au répertoire, outre un titre de Gérard Manset qu’Aldo chante accompagné d’un Fender, neuf compositions d’Aldo, une manière de revisiter sa longue carrière de compositeur : de On John’s guitar de l’album « Prosodie » de 1995 à Song for Ellis de « Threesome » en 2004, en passant par Dreams and waters (titre d’un album de 1991 enregistré avec Franco D’Andrea) ou Inner Smile (titre éponyme d’un album gravé avec Enrico Rava et Baptiste Trotignon). Une belle alternance entre ballades (On John’s Guitar ou Dreams and Waters avec un beau solo de contrebasse), mélodie au parfum brésilien (Favela) et tempo plus vif (L.A. 58, Webb, Rosario). Et avec surtout ces mélodies empreintes d’une nostalgie prenante (Lontano, Song for Ellis), de ces airs qui permanent dans votre tête pour un bon moment: la marque de fabrique d’Aldo Romano, des compositions écrites pour le trio avec Henri Texier et Louis Sclavis à celles imaginées pour Palatino.

Claude Loxhay