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Jazz Brugge 2012: un festival paneuropéen !


Du 4 au 7 octobre, le festival biennal Jazz Brugge fêtera son dizième anniversaire. Un festival qui se décline, chaque jour, en trois phases : à midi, les concerts découvertes dans la magnifique salle voûtée du musée Sint Janshospitaal (Manu Hermia, Evan Parker, Pierre Favre et la chanteuse Claron MPc Fadden avec le Artvark Saxophone Quartet). A 19h., dans la salle de musique de chambre du Concertgebouw, des concerts intimistes axés sur un Steinway aux sonorités cristallines (Irène Schweizer, Hans Lüdeman, Kris Defoort, Django Bates), et à partir de 20 h.30, dans la grande salle du Concertgebouw, un mariage heureux entre talents consacrés (Enrico Pieranunzi, Aka Moon à la rencontre des Balkans, le quartet d’Aldo Romano et Henri Texier dans un hommage à Don Cherry) et des projets innovants (Vivaldi Universel de Christophe Monniot avec Michel Massot, Monteverdi Old And New Standards de Michel Godard, le quartet de l’Italien Francesco Bearzatti, le quintet du Portugais Carlos Bica, le Free Flamenco de Renaud Garcia-Fons), sans compter le projet multimédia des Lyonnais de l’ARFI (le dimanche à 17h.) ou les fins de soirées endiablées des vendredi et samedi avec DJ Grazzhoppa et l’Electric Barbarian. Le tout pour un prix démocratique (25 euros par jour en prévente, abonnement de 4 jours à 75 euros).

Rencontre avec l’une des chevilles ouvrières du festival et du label De Werf : Rik Bevernage. (www.jazzbrugge.be) 

Rik Bevernage

La particularité du festival, depuis sa création en 2002, est d’être spécifiquement orienté vers la jazz européen. Pourquoi ce choix?

NL Door de praktijk van De Werf en onze betrokkenheid met de Belgische jazzscene waren we er ons van bewust dat het probleem voor de Belgische jazzbands het gebrek aan professionele podiumplaatsen in ons land is. 10 à 15 (betalende!) podia in het ganse land. Niet ieder podium kan dan nog ieder jaar dezelfde band brengen. Resultaat is dat zelfs de best georganiseerde en meest gevraagde bands maximum een tiental keer kunnen spelen in professionele omstandigheden. Te weinig om te kunnen overleven. De enige uitweg is de grenzen te verleggen. Daar speelt niet meteen de afstand een rol ( Frankrijk, Nederland, Duitsland,…), maar vooral het feit dat zij onze bands/muzikanten  niet kennen. In de andere Europese landen is precies dezelfde situatie: er is onvoldoende kennis en media-aandacht (dit gaat samen natuurlijk) over de diverse jazzscenes in Europa. En dit ondanks de hoogstaande artistieke kwaliteit. Vandaar de uitdrukkelijke keuze om een festival te brengen met louter Europese bands. (Aan de andere kant van de medaille moet je de Belgian Jazz Meeting zien, waar wij onze bands proberen meer bekendheid te geven in het buitenland.)  De keuze voor louter Europese én hedendaagse projecten is dus een statement. De eerlijkheid gebiedt ons te zeggen dat deze consequente keuze het ons niet makkelijker op maakt.

FR L’expérience du Centre Culturel De Werf et notre participation aux scenes du jazz belge sont à la base d’une prise de conscience : le manque des scenes professionnelles  en Belgique. 10 à 15 scènes « payantes » pour tout le pays ! En conséquence, chaque scène ne peut se permettre de faire revenir la même formation, le même projet, de saison en saison. Les meilleurs groupes et les mieux organisés ne joueront donc qu’une dizaine de fois maximum, dans des conditions optimales. Trop peu donc pour pouvoir survivre. La seule réponse consiste donc à déplacer les frontières.  Les distances ne constituent pas le seul paramètre à prendre en compte (France, Pays-Bas, Allemagne), mais aussi le fait qu’ils ne connaissent pas nos orchestres. D’ailleurs, on retrouve la même situation dans les autres pays européens : trop peu de notoriété et d’intérêt de la part des médias.  Deux choses qui vont bien entendu de pair. Tout ceci, malgré le haut niveau qualitatif. De ces constats découle notre choix assumé de ne programmer que des groupes européens.  (Le revers de la médaille, le Belgian Jazz Meeting, est une initiative qui vise à donner plus de notoriété à nos orchestres à l’étranger.) Le choix de ne programmer que des projets contemporains et européens est donc aussi une forme de témoignage. Je dois à la vérité d’ajouter ici que ce choix ne nous facilite pas du tout la tâche !

 

Enrico Pieranunzi

Combien de pays seront représentés dans la programmation de cette année?

NL Deze editie komen we, onder meer door heel wat internationaal gemixte bands, op 12 landen.

FR Pour cette édition, entre autres à cause de quelques formations mixtes, nous en sommes à 12 pays européens.

Parmi ces formations, comme les années précédentes avec des musiciens comme Henri Texier, Louis Sclavis, Michel Portal, Laurent Dehors, Andy Emler d’une part et Enrico Rava, Carlo Actis Dato, Stefano Bollani, Antonello Salis ou Rita Marcotulli d’autre part, figurent beaucoup de musiciens français et italiens…

NL L’embarras du choix.  De Franse en Italiaanse jazzscène zijn wellicht de bloeiendste in Europa. We kennen ze ook relatief goed, waardoor we steeds geneigd zijn om deze schitterende projecten (die we dikwijls live meemaakten op internationale festivals) te programmeren.

FR L’embarras du choix (en français dans le texte !). Les scènes jazz de France et d’Italie sont les plus passionnantes d’Europe. De plus, nous les connaissons relativement bien, ce qui nous incline donc continuellement à programmer ces superbes projets artistiques, que par ailleurs nous découvrons comme spectateur à l’occasion de festivals à l’étranger.

 

Parmi les formations françaises, deux projets très originaux : celui du collectif Arfi centré sur une toile de Bruegel et le Vivaldi Universel Saison 5 de Christophe Monniot en résonance aux travaux du Giec sur l’évolution du climat…

NL We kennen het Arfi collectief vanuit een vroeger project. Dit kunstenaarscollectief (gegroeid uit de Workshop De Lyon) heeft als specialiteit een multi-disciplinaire aanpak. Dit « Tableau-Concert » (niet te vertalen in het Nederlands) rond het werk van Bruegel « A La Vie La Mort » past ons als gegoten. Heel goede jazzmuziek, met invloeden uit de oude muziek (wat dan weer past in de samenwerking met het Concertgebouw) en niet te vergeten de figuur Bruegel. Onze andere partner (de Musea Brugge) wordt geleid door hoofdconservator Dr. Manfred Sellink, een wereldbefaamde Bruegel – expert. Bovendien is het Sint-Janshospitaal, waar dit project doorgaat natuurlijk dé biotoop voor dit tableau : een middeleeuws hospitaal. La Mort was wel erg dichtbij daar. Het project van Christophe Monniot (vorige editie van Jazz Brugge te gast in de band MKMB met Joachim Kühn) rond Vivaldi heb ik samen met programmator Willy Schuyten gehoord op het jazzfestival in Le Mans. Zowel Willy als ik waren het na afloop over eens : dit fantastische project MOETEN we uitnodigen in Brugge.

FR Nous connaissons bien le collectif de musiciens de l’ARFI, d’un projet antérieur. Ce collectif d’artistes (né du fameux Workshop de Lyon) se caractérise par une approche multidisciplinaire. Le « Tableau Concert » créé autour de l’oeuvre de Bruegel, intitulé « A La Vie La Mort », nous va comme un gant ! Un jazz excellent, influencé par la musique ancienne (ce qui convient parfaitement dans le cadre de notre collaboration avec le Concertgebouw), sans oublier, bien entendu, la figure de Bruegel. « Les Musées de Bruges », un autre de nos partenaires, sont dirigés par le Dr. Manfred Sellink,  conservateur en chef, un expert international pour ce qui concerne l’œuvre de Bruegel.  De plus, l’hôpital Saint-Jean, où se déroulera le concert, constitue le biotope naturel pour ce tableau. En effet, il s’agit d’un hôpital construit au Moyen âge, côtoyé en permanence par La Mort. Quant au projet de Christophe Monniot autour de Vivaldi, Willy Schuyten, co-programmateur, et moi-même, nous l’avons découvert au festival de jazz du Mans. A la fin du concert, nous étions d’accord sur un point : ce fantastique projet DOIT être invité à Bruges ! 

Vous tenez aussi à vous intéresser aux musiciens belges francophones comme cette année avec Manu Hermia et Fabrizio Cassol au travers d’un nouveau projet d’Aka Moon, Aka Balkan Moon…

NL We proberen iedere editie van Jazz Brugge een aantal bands of projecten uit Franstalig België te presenteren. Zo bij vorige edities Trio Grande, Rêve D’Eléphant Orchestra, Houben/Pirotton Duo, Philp Catherine, Pierre Vaiana, Tomassenko… . Die bewuste keuze past in onze wil om samen te werken, niet in het minst over de taalgrens!

FR Nous tentons de programmer un certain nombre de groupes et de projets de Belgique francophone à chaque édition de Jazz Brugge. Ainsi, lors d’éditions précédentes, nous avons pu accueillir Trio Grande, Rêve d’Éléphant Orchestra, Houben/Pirotton Duo, Philip Catherine, Pierre Vaiana, Tomassenko…  Ce choix conscient marque bien notre volonté de collaborer, et pas le moins par delà la frontière linguistique !

Manu Hermia

Une autre particularité, c’est que le festival s’articule autour de différentes salles…

NL Het interessante is dat iedere zaal ook invloed heeft op de keuze van het project. We werken in de grote Concertzaal (1200 plaatsen), de Kamermuziekzaal (400 plaatsen) en de zolder van het Sint-Janshospitaal (250 plaatsen). Het uitgangspunt is dat we niet noodzakelijk de « grote » of bekende namen in de grootste zaal zetten, maar wel in die zaal die het best past bij het project. Eén van de belangrijke namen deze editie is de sopraan Claron McFadden met het Nederlandse Artvark Saxofoon Quartet. Dit presenteren we in het museum. De Britse pianist Django Bates staat in de Kamermuziekzaal, terwijl de minder bekende Portugese bassist Carlos Bica dan weer in de grote zaal staat. De Kamermuziekzaal met zijn prachtige architectuur en akoestiek is een uitgelezen plaats voor concerten waar de piano centraal staat, op de Museumzaal kan dan weer geen piano binnen en kiezen we voor zeer hedendaagse, uitzonderlijke projecten. Niet toevallig zijn deze twee zalen het meest populair bij die jazzliefhebbers die het avontuur en de spanning in de muziek opzoeken.

FR Effectivement, et chaque salle influence le choix d’un projet musical. Nous travaillons avec la grande salle du Concertgebouw (1200 places), la salle de Musique de Chambre (400 places) et le grenier de l’hôpital Saint-Jean (250 places). Au départ, les noms importants ou les plus connus ne se retrouvent donc pas nécessairement dans la plus grande salle, mais bien dans l’espace qui correspond le mieux à la nature du projet artistique. Un des noms les plus importants de cette édition est la soprano Claron McFadden avec l’Artvark Saxofoon Quartet (Pays-Bas). Nous les présentons au musée. Le pianiste britannique Django Bates se produira dans la salle de Musique de Chambre, un lieu avec une acoustique et une architecture absolument unique pour des projets où le piano occupe une place centrale. La salle du musée ne peut accueillir de piano, raison pour laquelle nous y optons pour des projets plus contemporains et hors du commun. Et, ce n’est pas un hasard, si ces deux salles rencontres un vrai succès populaire à chaque édition. L’amateur de jazz recherche justement l’aventure et la tension dans la musique.

salle de la Musique de Chambre

 

Une constante aussi consiste à se replonger, après les concerts de Zentralquartett, Alex von Schlippenbach ou Barry Guy, dans le free jazz des années ’70-80… cette année avec Irene Schweizer ou Evan Parker…

NL Inderdaad, dit is zeker geen toeval , U kan er nog een aantal namen aan toevoegen : Keith Tippet, Albert Mangelsdorf, Wolfgang Dauner… We geven die generatie én jazzscène, die trouwens zeer Europees is in zijn historiek, een duidelijke plaats op ons festival. Het is trouwens opvallend hoe goed deze scène accordeert met de avontuurlijke jonge gasten zoals een Francesco Bearzatti, Hans Lüdemann of een Samuel Blaser.

FR En effet, ceci n’est certainement pas dû au hasard. Vous pouvez encore citer d’autres noms : Keith Tippet, Albert Mangelsdorf, Wolfgang Dauner… Nous réservons à cette génération, à cette scène spécifique au jazz européen, une place évidente dans la programmation de notre festival. D’ailleurs, il est frappant d’observer à quel point cette scène du jazz européen s’accorde avec la jeune génération comme Francesco Bearzatti, Hans Lüdemann ou encore Samuel Blaser. 

Irène Schweizer

Enfin, un des objectifs reste de conserver des prix très démocratiques…

NL Inderdaad. Wanneer je niet die grote en klinkende namen op de affiche zet die door het grote publiek gewild worden, dan ben je ook verplicht om democratische prijzen toe te passen. Het ergste wat ons zou kunnen overkomen is dat muziekliefhebbers omwille van de ticketprijzen afhaken. Overigens is het feit dat we samenwerken met De Werf, het Concertgebouw en de Musea, die alle drie gratis en belangeloze infrastructuur, technische middelen én personeel ter beschikking stellen de enige mogelijkheid om de prijzen democratisch te houden. Want vergist U niet: Europese bands zijn niet goedkoper dan Amerikaanse bands. Alle bands op het festival worden speciaal voor deze manifestatie ‘ingevlogen’. De kosten zijn heel hoog.

FR En effet. Quand on ne place pas les noms clinquants, attendus par le grand public, à l’affiche d’un festival, en contrepartie, on est bien obligé d’appliquer des prix démocratiques. Ce qui pourrait nous arriver de pire serait que les amateurs ne décrochent à cause du montant des tickets d’entrée aux concerts. Par ailleurs, la mise à disposition gratuite des salles, des moyens techniques et du personnel tant par De Werf, le Concertgebouw que par Les Musées de Bruges, nous permet de maintenir un niveau de prix démocratiques. En effet, il ne faut pas se tromper, les orchestres européens ne sont pas moins chers que les formations américaines. Ainsi, tous les groupes viennent tout spécialement à Bruges pour le festival. Les frais de voyage et d’hébergement sont donc fort élevés.   

Claude Loxhay

Philippe Schoonbrood pour la traduction