Henri Texier, Sand Woman fév15

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Henri Texier, Sand Woman

Henri Texier, Sand Woman

LABEL BLEU

Un nouvel album d’Henri Texier, de surcroît avec une nouvelle formation, constitue toujours un événement majeur. Aux côtés de son fils Sébastien (saxophone alto et clarinettes), le contrebassiste breton retrouve Manu Codjia à la guitare : « Manu, c’est le musicien, à part Sébastien, que je sens le plus proche de mon univers, l’un des plus grands musiciens que je connaisse et que je retrouve après bientôt cinq ans. » A la batterie, un tout nouveau complice, Gautier Garrigue. Diplômé des Conservatoires de Perpignan et de Paris, il a côtoyé Michel Portal, Eric Barret, le pianiste Roberto Negro ou le trompettiste David Enhco (album « Horizons »): « Garrigue, c’est une histoire amusante : depuis toujours, attiré par son nom, j’ai suivi son parcours dans la presse et, finalement, je suis allé l’écouter : je fus convaincu par sa respiration rythmique, le son, sa manière de danser sur la crête des vagues du tempo ». Aux saxophones ténor et soprano, Vincent Lê Quang, du Conservatoire de Paris : il a joué avec Daniel Humair (album « Seasoning ») et croisé Texier en trio (album « Liberi sumus ») : « J’ai rencontré Vincent lors d’une invitation d’Aldo Romano à donner un concert en trio totalement improvisé : immédiatement, j’ai ressenti une très grande affinité et ai aimé sa manière de jouer et d’aborder la musique ». Donc, pour ce « Sand Woman », une formation à deux saxophones qui multiple les possibilités d’alliances sonores, comme au sein du Strada Sextet, du  Hope Quartet ou du Sky Dancers Sextet (Sébastien Texier-François Corneloup), du Nord-Sud Quintet (Francesco Bearzatti-Sébastien Texier) ou lors du Concert Anniversaire Label Bleu à Amiens en 2016 (Michel Portal-Thomas de Pourquery) et, à chaque fois, avec l’assurance que chacun, dopé par l’enthousiasme et la vitalité de ce « hungry man » de leader, donne le meilleur de lui-même. Au départ de cet album, une proposition d’Armand Meignan : célébrer l’anniversaire du festival du Mans mais aussi celui des premiers albums LP enregistrés par Texier en solo absolu pour le label JMS. On retrouve ainsi des arrangements tout neufs d’Amir et de Quand tout s’arrête du LP « Amir » de 1976; Les là-bas du LP « Varech », autre album solo; Indians de l’album « An Indian’s Week » de l’Azur Quartet avec Glenn Ferris et Bojan Z, gravé en 1993 et deux nouvelles compositions : Hungry Man, au titre évocateur, et Sand Woman qui donne son titre à l’album : « Explorer, toujours explorer. Découvrir mais pas indispensablement en des territoires nouveaux, redonner une âme à des compositions anciennes, faire apparaître de nouvelles sensations… » Au total, six longues plages, de 10 à 12 minutes, à l’exception des sept minutes de Quand tout s’arrête, qui permettent à chacun de s’exprimer ad libitum comme lors d’un concert live au travers de longs solos : guitare aux accents luminescents sur Amir, Sand woman ou Hungry Man, ténor puissant sur Amir, Hungry man ou Les là-bas, alto volubile sur Amir ou Les là-bas, soprano et clarinette alto sur Quand tout s’arrête et, évidemment lumineux solos de contrebasse, sur Sand Woman, Indians, Les là-bas, Quand tout s’arrête ou ce Hungry Man sur un motif lancinant . Cela permet aussi de varier les alliances sonores : tenor et alto sur Amir ou Les là-bas, soprano et clarinette basse ou alto sur Sand Woman ou Quand tout s’arrête. Au total, un univers immédiatement reconnaissable pour la beauté de ses mélodies mais aussi pour celle de ses alliances sonores irisées. Bref une musique qui vous propulse en apesanteur : face à une musique jouée avec une passion extrême, peut-on en parler autrement qu’avec une passion équivalente ?

Claude Loxhay

Concerts

10 mars : Paris, Café de la danse

05 avril : Amiens, Maison de la Culture

26 mai : Etrechy, Salle Jean Monet

29 mai : Senart, Théâtre