Claude Evence Janssens, Close Up 5 mai10

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Claude Evence Janssens, Close Up 5

Close up 5 (Claude Evence Janssens), 

Instants

MOGNO RECORDS

Claude Evence Janssens a d’abord étudié le trombone classique puis le trombone jazz avec Jean-Paul Danhier, professeur du Conservatoire de Bruxelles et membre d’Act Big Band de Félix Simtaine comme du septet H de Pirli Zurstrassen. Par la suite, il s’est intéressé aux instruments à anche. De 2000 à 2013, il a occupé différentes fonctions de direction à La Médiathèque. Depuis 2013, il se dédie surtout à la clarinette basse. Il enregistre alors Rituals, album « carrefour entre écriture classique, évocation jazz et couleurs world ». Il dirige ainsi The Janssens Flexible Ensemble, formation réunissant cordes et instruments électriques. Voici maintenant Instants, album dédié au saxophoniste aveugle américain Eric Kloss qui a enregistré différents albums durant les années ’60 -’70, avec Chick Corea aussi bien que Jacky Byard. Ici, Claude Evence Janssens se trouve à la tête du Close up 5. A la trompette, un musicien expérimenté, Michel Paré qu’on a entendu au sein de plusieurs big bands, le Tuesday Night Orchestra, le Jazz Station Big Band ou le West Music Club de Richard Rousselet mais aussi à la tête du quartet MP4, avec le guitariste François Decamps. Au piano, Jean-Philippe Collard-Neven, qui mène une double carrière, entre musique classique et jazz: on se rappelle du duo avec Jean-Louis Rassinfosse (albums Regency’s Night et Second Move), du quartet avec Fabrice Alleman (Braining Storm) ou du trio « canadien » avec le contrebassiste Michel Donato (Mardi 16 juin). Tout au long de l’album, il fait preuve d’un évident sens du swing. A la contrebasse, un musicien qui « monte », Félix Zurstrassen, membre d’Urbex, de Tree-Ho, du LG Jaz Collective comme du trio de Pierre de Surgère et leader d’un trio avec le guitariste brésilien Nelson Veras. A la batterie, Jérôme Baudart. Elève de Bruno Castellucci du Conservatoire de Bruxelles, on a pu l’entendre au sein du Brussels Little Big Band d’Alex Scorier, aux côtés des chanteuses Fanny Bériaux (Blow up my world) et Natacha Wuyts (Nature avec Charles Loos au piano). Bref, des musiciens qui n’ont pas l’habitude de jouer ensemble mais forment ici un groupe soudé et interactif. Au répertoire, dix compositions originales, enracinées dans une authentique tradition jazz (Nonchalant Blues) mais avec d’autres inspirations, notamment actuelles (Tribute to the victims). La plupart du temps, on y entend le leader à la clarinette basse, avec une belle sonorité ondoyante, mais il intervient au trombone, avec un son gras à souhait, sur le virevoltant Jasm et, en partie, sur Vagues, flux et reflux multiples entre trombone et clarinette basse, le tout ponctué par une belle série de solos (contrebasse, trombone, piano et batterie). L’album s’ouvre sur Nonchalant Blues, avec un beau chassé croisé entre clarinette basse et trompette bouchée. On retrouve le même climat bluesy sur Il y a des soirs, avec son intro piano-basse-batterie, suivie d’un dialogue enflammé entre clarinette et trompette. Claude Evence Janssens a veillé à diversifier les intros: contrebasse-batterie sur Walking through the flow, trombone-trompette pour Jasm, trompette sur Hymn to the lost causes, intro piano-contrebasse débouchant sur un tempo recueilli empreint de solennité pour Tribute to the victims. Il alterne aussi les tempos: lent puis bluesy avec trompette bouchée (I would prefer not to), très dansant avec beau solo de contrebasse et de piano (Hymn to lost causes), voire groovy avec Jasm. Une musique dense et bien charpentée qui tire le meilleur de chacun.

Claude Loxhay