Phil Abraham, For 4 brothers +1 mai25

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Phil Abraham, For 4 brothers +1

Phil AbrahamFor 4 brothers + 1

HYPNOTE RECORDS

On avait d’abord découvert Phil Abraham en quartet avec Michel Herr, Jean-Louis Rassinfosse et Stéphane Galland (album « Stapler » en 1991 puis « En public » en 1997). On l’a ensuite entendu en trio avec le Français Frédéric Favarel à la guitare et, à la contrebasse, soit Hein Van De Geyn (« Fredaines » de 1999), soit Bas Coijmans (« Surprises » de 2003). Et, dernièrement, en quartet avec Sylvain Luc (guitare), Hein Van De Geyn (contrebasse) et Mino Cinelu (percussion) pour « Roots and Wings ». Le voici dans un projet original à plusieurs titres : un trio trombone-piano-percussions. Première particularité : pas de contrebasse. Deuxième : non pas un mais quatre pianistes différents selon les plages : deux Belges, un Néérlandais et un Allemand. Côté belge, d’une part, Bas Bulteel qui a étudié au Conservatoire de La Haye avec Rob Van Bavel puis à Untrecht avec Bert Van Den Brinck. Il a notamment formé un trio avec Bart De Nolf et Bruno Castellucci (album « Country Home » en 2014). Ensuite, Ivan Paduart que Phil avait croisé en quartet, avec Sam Gerstmans (contrebasse) et Mimi Verderame (batterie) pour l’album « K.Fée Live » en 2006. Le public belge connaît bien le Néérlandais Johan Clement qui a beaucoup joué avec Roger Vanhaverbeke et accompagné des chanteuses, de Deborah Brown à  Hilde Vanhove ou Mandy Gaines. Dernièrement, il a enregistré « Some Other Time », avec Bart De Nolf à la contrebasse et Luc Vanden Bosch à la batterie. Enfin, il y a Christoph Mudrich de Saarbrüchen qui, à côté de son trio, a fait partie du Junge Jazz Ensemble et du Jazzorchestra Europool, en compagnie de Phil (albums « Frenh Connection » et « European Sketches »). Aux percussions, Luc Vanden Bosch qu’on connaît principalement comme batteur, au sein du trio de Johan Clement mais aussi pour le projet « Jazz me Do » de Phil (album en 2003 et en 2007). Mais il peut tout aussi bien se révéler comme percussionniste au jeu tout en finesse, avec comme on a pu le voir lors du dernier Mithra Jazz à Liège, un matériel peu commun : caisse claire, tom, cymbales, un cajón en lieu et place d’une grosse caisse, un udu, des woodblocks, des clochettes et autres petites percussions qu’il manie le plus souvent aux balais mais aussi avec baguettes, mailloches, fagots ou à mains nues. Pour ce qui est du répertoire, Phil a demandé à chaque pianiste de lui proposer une composition personnelle. A ces quatre titres, s’ajoutent deux thèmes de Phil (Oui mais bon! et For Four Brothers), Mister Jones du pianiste Olivier Collette que Phil a croisé pour l’album « Joy and Mistery » et le classique Lush Life, « une des plus belles mélodies du répertoire traditionnel » dixit Phil. Chaque pianiste joue ainsi deux titres. Johan Clement donne des versions très swing de sa composition très bop Dab-De-Dabedodab-De et de Oui mais bon! Les autres titres sont de pures ballades mélodiques. Phil aime le scat, ici c’est son trombone qui chante : effets wa-wa (comme sur Lush Life), sourdines (comme sur For four bothers) pour moduler la sonorité du trombone. On retrouve Ivan Paduart, qui allie lyrisme et swing, sur son thème Igor (présent notamment sur l’album « Blue Landscapes ») et sur Mister Jones de son ami Olivier Collette, avec sonorités irisées de l’udu. Bas Bulteel propose sa composition  Never Regret The Things That Made You Smile et For Four Brothers. Enfin Christoph Mudrich nous invite à danser (sa composition  Dancing On A Cloud) et à rêver (Lush Life de Billy Strayhorn). La complicité entre trombone, piano et percussions repose sur une réelle empathie et sur tout un réseau d’interconnexions. Un très beau projet qui met en évidence ce parfait équilibre, chez Phil Abraham, entre sensibilité mélodique et sa technique hors pair.

Claude Loxhay