Edition Records, Pépites #11 août21

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Edition Records, Pépites #11

Around Jazz, quelques pépites…

C’est du jazz… mais pas tout à fait non plus. Voici une collection de disques qui méritent qu’on leur rétrocède une oreille très attentive. Edition spéciale !

Exceptionnellement, la rubrique « pépites » de cette semaine sera entièrement consacrée à un seul label, Edition Records, qui fête ses dix ans d’existence ! Des défricheurs que nous souhaitons mettre particulièrement à l’honneur.

Tout a donc démarré il y a dix ans, lorsque le claviériste Dave Stapleton décide de mettre un peu de sous dans la production d’un duo d’improvisations au piano, qu’il enregistre en compagnie de Matthew Bourne. Par la suite, le label publiera ses disques selon le principe des dominos : un des musiciens qui enregistre pour le compte de son leader devient à son tour leader pour le disque suivant et provoque de nouvelles rencontres… Et ainsi de suite.

L’entreprise artisanale basée au départ à Cardiff grandit peu à peu, pour passer du statut de micro-label de sensibilité européenne à celui de structure internationale. Devant la crise qui frappe le secteur de plein fouet, Edition Records fait face à l’adversité. Cette survie, le label la doit certainement à la passion qui habite Dave Stapleton, et au succès international que les disques du trio Phronesis rencontrent.

Une centaine de disques ont été publiés à ce jour pour achalander un catalogue pour le moins éclectique. Avec le jazz pour terreau, mais avec, aussi, des racines qui dérivent vers la pop sophistiquée (cf. le duo SnowPoet, chroniqué il y a peu dans nos colonnes), le jazz-rock ou la musique concrète. Pour fêter cet anniversaire tout en rondeurs, Edition Records nous présente ces mois-ci, une belle poignée de nouveautés.. Comme autant de bougies à souffler sans nostalgie.

Yves « Joseph Boulier » T.

Slowly Rolling Camera,

Juniper

EDITION RECORDS

A tout seigneur tout honneur : on démarre cet inventaire avec le trio (à géométrie très variable) Slowly Rolling Camera à la tête duquel on retrouve Dave Stapleton himself. Cette association née de la rencontre de trois amis de collège il y a quinze ans, débouche aujourd’hui sur l’enregistrement d’un troisième album intitulé « Juniper ». Outre le boss qui tient les claviers, on y découvre aussi le batteur surdoué Elliot Bennett et le bidouilleur/machiniste Deri Roberts. Le trio s’est adjoint pour l’occasion les services d’une petite dizaine de collaborateurs parmi lesquels on remarque la présence de Nicolas Kummert aux saxophones et de Stuart McCallum, l’ex-guitariste du formidable Cinematic Orchestra, auquel Slowly Rolling Camera s’identifie clairement.  A l’aide de sonorités modernes, de groove de jazz progressif et de mélodies fortes, le trio entre lui aussi de plain-pied dans la nouvelle tendance anglaise (Portico Quartet, Mammal Hands, GoGo Penguin). Et ça, on aime plutôt bien !

Verneri Pohjola & Mika Kallio,

Animal Image 

On se souvient très bien du trompettiste finlandais Verneri Pohjola et de son disque « Pekka ». Celui-ci avait été enregistré à la mémoire de son père, l’un des pionnier du jazz-fusion scandinave. On le retrouve ici dans un projet largement plus aventureux (voire un brin hermétique) qu’il partage avec le percussionniste Mika Kallio. « Animal Image » est une illustration sonore du documentaire du même nom, signé Perttu Saksa, lequel analyse les échanges de rapports entre humains et animaux. Sonorités expérimentales, effets électroniques et la trompette de Verneri Pohjola repoussée dans ses derniers retranchements…

 

Enemy, Enemy

Enemy n’a évidemment rien d’une formation classique piano/basse/batterie ! Les trois musiciens brillants et énigmatiques qui composent le trio savent mieux que personne que la vie ne peut se résoudre à la traversée d’un long fleuve tranquille. Leur disque éponyme est donc truffé de changements de rythme déconcertants et de breaks inattendus. Vous l’aurez deviné, cette musique intense et complexe nage davantage dans les torrents tumultueux du Bad Plus que dans la piscine couverte d’un Keith Jarrett Trio.

 

 

 

 

 

Tim Garland, Weather

Changement radical de direction à nouveau avec le compositeur/saxophoniste britannique Tim Garland. Son «Weather Walker », enregistré au mythique studio d’Abbey Road (où il a fallu entasser les trente-cinq âmes de l’English Session Orchestra), s’inspire des magnifiques paysages du Lakeland. Le résultat nous donne une œuvre écologiste pour cordes, saxophones et piano (on note ici la présence du claviériste allemand Pablo Held), dont l’objectif vise à rendre compte de l’étendue de paysages majestueux. Un jazz symphonique et sans swing, mais qui ne manque pas d’intensité !

Dinosaur, Wonder Trail

On achève ce tour d’horizon « Edition » avec Dinosaur, le quartet (d)étonnant de la trompettiste Laura Jurd.  Leur second album « Wonder Trail » enjambe les ponts avec humour et tendresse. Un zig côté jazz, un zag vers le rock ou vers la pop synthétique (où sont-ils donc allés dénicher ces claviers obsolètes ?!). C’est bourré de groove et de belles surprises !