Matteo Pastorino, éclectique ! oct31

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Matteo Pastorino, éclectique !

Matteo Pastorino, musicien éclectique

A la veille de son concert au Sounds le 16 novembre, le clarinettiste d’origine sarde Matteo Pastorino évoque ses différents projets: sa Suite for Modigliani (album chroniqué sur jazzaroundmag), le trio Claxxx avec le guitariste florentin Claudio Miotti, ses rencontres jazz et son ouverture vers d’autres horizons musicaux. Tous ceux qui ont déjà pu le voir en Belgique (Pelzer Jazz Club, CC Ans, Heptone, L’Archiduc) se souviennent de sa forte personnalité. A son propos, Claudio Miotti déclare: « Jamais je n’avais entendu un son aussi profond et une énergie aussi phénoménale sur une clarinette ». 

Propos recueilli par Claude Loxhay
Tu viens au Sounds le 16 novembre, vas-tu présenter le répertoire du dernier disque dédié à Modigliani ?
Oui, nous allons jouer la musique issue de notre dernier opus, « Suite For Modigliani », avec aussi des nouveautés. Depuis la sortie de l’album, grâce aux différentss concerts, le répertoire a pu évoluer. Nous cherchons chaque fois de présenter et expérimenter quelques nouveaux éléments que cela soit dans le répertoire sur Modigliani ou avec de nouvelles compositions.
Comment l’idée de ce projet Modigliani est-elle venue ?
L’idée de concevoir un album inspiré par un peintre m’est venue d’une forte curiosité de pouvoir décrire ma musique sans parler de musique directement. J’ai eu envie de concevoir un objet d’art qui pouvait rassembler des impressions sur différentes formes artistiques. Amedeo Modigliani représente une passion, un petit amour qui me suit depuis mon adolescence, comme j’explique dans le livret de l’album. J’y dévoile mes impressions et mes émotions envers l’art et la vie du peintre et sculpteur italienLa musique composée est inspirée des épisodes clefs de sa vie, de son processus créatif et de sa recherche artistique. La beauté pure et abstraite de ses oeuvres m’évoque le sentiment que le passé et le présent dans l’art, à toutes les époques, peuvent communiquer entre eux avec une intense originalité et dans un gracieux respect. Cette dimension de l’art de Modigliani m’a toujours fasciné et guidé dans mes recherches musicales. Dans la peinture, la sculpture, la musique ou toutes autres formes d’expression artistique, la recherche spontanée de grâce et de pureté se ressemble, s’égale, se réunit.
Pour ce projet, tu as changé de contrebassiste…
Et oui. J’étais très content de mon premier album “ V “ avec le brillant contrebassiste Bertrand Beruard, Matthieu Roffé au piano et Jean-Baptiste Pinet à la batterie. Pour ce deuxième album, j’avais besoin d’un son et d’une approche differente à la contrebasse. J’ai appelé Damien Varaillon, avec qui nous avons rapidement trouvé une belle affinité musicale et humaine.
Pour l’album, tu as fait appel, sur certains titres, au guitariste Gilad Hekselman, comment l’as-tu rencontré ?
J’ai rencontré Gilad Hekselman dans le metro à New York. Je le connaissais déjà musicalement. On a sympathisé et, quelques jours après, je suis allé chez lui pour jouer un peu ensemble en duo. J’adore ce musicien. Dans la période de l’enregistrement de l’album, Gilad passait jouer avec son groupe à Paris et donc j’en ai profité et je l’ai appelé en guest.
As-tu d’autres projets en vue ? D’autres formations ?
Pour l’instant, au moins comme leader, pas vraiment. J’essaye toujours d’écrire de nouvelles choses mais, pour l’instant, j’ai encore envie de jouer ce répertoire en intégrant chaque fois des petites nouveautés. Comme sideman je fais partie de plusieurs formations : le trio CLAXXX du guitariste Claudio Miotti, le quintet avec deux batteries La Squadra, l’ensemble Eshareh (un ensemble à géométrie variable, ouvert notamment à la musique ancienne), un trio avec David Linx et Guillaume De Chassy (piano), le quartet du contrebassiste Mauro Gargano, l’ensemble Sobre Sordos,  le Salon Ideal (un rendez-vous musical mensuel au Sunside créé par la pianiste Arièle Bertaux), le groupe du chanteur camerounais Gino Sitson et autres collaborations ponctuelles.
Comment as-tu décidé de te consacrer à la seule clarinette, alors que d’autres allient saxophone et clarinette ?
Depuis le plus jeune âge, j’étais fasciné par les instruments à vent. Mon père, contrebassiste, jouait de temps en temps avec un saxophoniste et, quand il venait à la maison pour répéter (j’avais 4-5 ans), je restais hypnotisé par cet instrument. Puis, à l’âge de 13 ans, c’était à Noel, j’ai essayé, par hasard, une clarinette d’un oncle éloigné et j’ai demandé à mon père de m’en offrir une. Et voilà, depuis, j’ai commencé à travailler cet instrument avec passion en autodidacte pour les premières six ans et puis avec des professeurs. J’écoute beaucoup de saxophonistes et trompettistes. J’ai essayé le saxophone mais, étant donné que j’ai tellement de travail et de recherche encore à entreprendre sur la clarinette, je me suis dit que ce n’est pas encore le moment !

INFOS CONCERTS

16 novembre au Sounds (Bruxelles), en quartet.  
10 avril 2019 au Jazz Club Pelzer (Liège), avec trio Claxxx (Claudio Miotti)