Jacques Vidal Quintet, Hymn nov01

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Jacques Vidal Quintet, Hymn

Jacques Vidal Quintet, Hymn 

SOUPIR EDITIONS

Après avoir étudié la contrebasse classique, Jacques Vidal s’est initié au jazz au sein du Conservatoire de Versailles. S’il a fait partie du groupe jazz rock Magma à ses débuts, il a très vite dirigé ses propres formations, notamment un quintet avec Florin Nicolescu, impressionnant au violon et Frédéric Sylvestre à la guitare (album « Traverses », suivi de « Ramblin’ » et « News of Bop »). Ces dernières années, il s’est principalement dédié à la musique de Charles Mingus avec les albums « Cuernavaca » (2004), « Mingus Spirit » (2007) et « Fables For Mingus » (2011), albums pour lesquels il a formé un quintet axé sur le saxophone alto de Pierrick Pedron et le trombone de Daniel Zimmerman. Mais des albums antérieurs témoignaient déjà de cette allégeance : Duke Ellington’s Sound Of Love figurait sur « Traverses » et Goodbye Pork Pie Hat sur « Ramblin’ ». Pour « Hymn », il revient à la composition avec 11 titres pour  lesquels il retrouve, d’une part, Pierrick Pedron (rappelez-vous des albums « Monk’s Kubic », « Pierrick Pedron meets Greg Houben Quartet » et le récent « Unknown » avec l’Américain Greg Hutchinson à la batterie) et, d’autre part, Daniel Zimmerman (dernier enregistrement en date « Montagnes russes »). Au piano, on retrouve Richard Turegano, un élève du Conservatoire de Paris qui a fait partie du trio et du quartet de Jacques Vidal et a enregistré avec le trompettiste Jan Schumacher et le tromboniste Gueorgui Kornazov. A la batterie, le très demandé Philippe Soirat. Elève du Conservatoire de Monaco, il a gagné Paris dès 1986 pour croiser Barney Willen comme les frères Belmondo. Il a enregistré un bon nombre d’albums comme sideman d’Hervé Sellin (piano), Gordon Beck (piano), Ted Curson (trompette), Samy Thiébaut (saxophone) ou Michel Legrand. Pour ces 11 compositions, Jacques Vidal s’est montré soucieux des rapports entre mélodie et harmonie mais aussi entre mélodie et rythme, avec la volonté affichée d’écrire en fonction de ses musiciens. Ainsi, Charles Mingus’ Sound of Love a été écrit pour l’alto suave de Pierrick Pedron, Miles pour le trombone de Daniel Zimmerman et Alice pour le piano de Richard Turegano. L’album s’ouvre sur le groovy To Dance et ses allures latinos, avec solo de piano et dialogue fiévreux entre alto et trombone. Suit la ballade Charles Mingus’ Sound of Love, inspirée par Duke Ellington’ Sound of Love, une mélodie amorcée par l’alto avec le trombone en contrechant. Le rythme redevient très énergique avec Spirit exposé à l’unisson par Pedron et Zimmerman, avant un solo de contrebasse et de trombone. Retour à la ballade avec Walk in New York dont la mélodie est d’abord portée par l’alto et qui propose un beau solo de piano puis un passage de contrebasse jouée à l’archet. Miles est dédié au trombone vrombissant de Zimmerman. Jazz Attitude, au titre évocateur, marque tout l’attachement de Vidal à la grande tradition jazz, avec ses solos énergiques d’alto et trombone. Hymn s’ouvre sur une intro de Vidal suivie d’un subtil dialogue entre contrebasse et trombone. Retour à un tempo vigoureux avec Phrygian Mode emmené par l’alto virevoltant de Pedron. La composition offre un bel espace d’impro à la batterie puis un dialogue fiévreux entre batterie, alto et piano. Alice est une belle mélodie née d’une improvisation : le thème est dédié à un piano trio, avec contrebasse omniprésente et délicat jeu de balais. La même mélodie est l’occasion d’une Variation de 6 minutes jouée tout du long à l’archet et révélatrice de la formation classique de Vidal. L’album se clôt, comme il s’est ouvert, sur un thème dansant avec alto volubile et trombone tonitruant. Bref, voilà un quintet tout en équilibre qui permet à chacun de s’exprimer ad libitum.

Claude Loxhay