The Wrong Object, Zappa Jawaka, jan18

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The Wrong Object, Zappa Jawaka,

The Wrong Object, Zappa Jawaka

OFF-RECORD

Entre jazz, jazz-rock et rock, c’est le chemin suivi depuis longtemps par « The Wrong Object », la voie de « Soft Machine », « Matchin’Mole », « King Crimson », l’école de Canterbury, et des « Mothers of Invention » de Frank Zappa. C’est à la musique de ce dernier qu’est consacré le nouvel opus du groupe de Michel Delville (guitars et voix), François Lourtie (saxes et voix), Marti Melià ( sax et clarinette), Antoine Guenet (claviers et voix), Pierre Mottet (basse) et Laurent Delchambre (drums et samples). C’est à un véritable zapping zappesque que « The Wrong Object » nous invite, l’album parcourant de nombreuses étapes du parcours du génial compositeur de Baltimore : Wonderful Wino repris de l’album  « Zoot Allures » (1976) ouvre l’album en puissance, celle de la guitare déchaînée de Michel Delville et des riffs soutenus du sax de François Lourtie… La suite composée de Mr Green Genes, hymne végétarien, et King Kong provient du film « Uncle Meat », que Zappa n’avait pu terminer faute d’argent. Big Swifty (1972) est tiré de « Waka/Jawaka », un album plutôt fusion du guitariste. La suite This Town Is A Sealed Tuna Sandwich et The Sealed Tuna Bolero provient de « 200 Motels » (1971), suivent Apostrophe et Chunga’s Revenge du début des années 1970, puis Sleep Dirt du premier album 100% instrumental de Zappa (1979), Wedding Dress Song et Handsome Cabin Boy des années 1980 et enfin I’m The Slime de l’album « Over-Nite Sensations », enregistré avec Tina Turner au grand dam de Ike, paraît-il… Mr Green Genes/King Kong s’inspire du côté le plus jazz de Zappa avec le superbe solo d’Antoine Guenet. Big Swifty tourne aussi autour de structures jazz  balancées et d’improvisations solidement déjantées. Il faut savourer le jeu de Laurent Delchambre au début de This Tow, histoire de rappeler que Keith Moon (The Who) et Ringo Starr ont participé à la version d’origine, si je ne me trompe… Avec Sleep Dirt, le moment d’apaisement permet à tous les solistes de dévoiler la finesse des mélodies zappesques, avant que Wedding Dress Song nous replonge dans une atmosphère festive où brillent les sax de François Lourtie et Mart Melià, et les claviers d’Antoine Guenet.  Cinquante minutes ébouriffantes dans l’univers facétieux du grand Zazou que je continue à me repasser en boucle. Sûr que les fans mordront à pleine dent dans ce tribut, alors que les autres  tourneront vite au « zappaddict ».

Jean-Pierre Goffin