WUYTS & LOOS : NAT (Quetzal) fév01

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WUYTS & LOOS : NAT (Quetzal)

Natacha Wuyts & Charles Loos, NAT (Quetzal Records)

Issue d’une famille de musiciens, Natacha Wuyts s’est tournée tout naturellement vers le chant. Elle a d’abord poursuivi des études au Jazz Studio d’Anvers puis a étudié le chant classique, à Bruxelles, avec la cantatrice hongroise Eva Nyakas. Si elle a pas mal tourné avec son quintet, en compagnie du guitariste Manu Bonetti, et fait partie de The Bundle, un tentet dirigé par Bruno Castellucci, elle n’avait pas encore enregistré à ce jour. La rencontre avec Charles Loos fut, sans conteste, primordiale à ce sujet. Compagnon de route de Maurane (trio HLM avec Steve Houben) comme de Christel Wautier (projet Radoni’s Tribe), le pianiste bruxellois crée un véritable climat d’empathie avec les chanteuses. Pour ce premier album en commun, les deux complices ont porté leur choix sur un répertoire particulièrement éclectique :  de grands classiques de Gerschwin tels Someone to Watch Over Me et But Not For Me ou comme ce That Old Black Magic cher à Ella Fitzgerald, des ballades langoureuses comme You Go To My Head chanté dès 1938 par Billie Holiday ou ce You’ve Got a Friend plus récent de la chanteuse Carole King. Natacha Wuyts interprète aussi de célèbres standards comme ce Feelings célébré par Ella comme par Sinatra (attribué au Brésilien Morris Albert, il s’agit, en fait, d’un démarquage d’une mélodie signée initialement par Loulou Gasté), un traditionnel tzigane (Les YeuxNoirs) et deux compositions originales, l’une signée par la chanteuse (Family), l’autre par le pianiste (musique pétillante au rythme tournoyant et aux paroles françaises signées Hervé Wuyts). Pour mettre en évidence la limpidité ondoyante de la voix de Natacha Wuyts, les deux complices ont eu aussi l’intelligence d’opter pour des formations à géométrie variable. L’empathie qui unit vocaliste et pianiste s’illustre à merveille dans le duo intimiste de Feelings tandis que la rythmique, constituée de Cédric Raymond (beau solo sur I Wonder Who’s Kissing Him Now) et de Basile Peuvion (solo sur The Old Black Magic), met en évidence le sens du swing et du scat de Natacha Wuyts. Par ailleurs, les invités sont multiples. Stéphane Mercier double la voix de la sonorité chaude de son alto sur That Old Black Magic, la guitare de Manu Bonetti apparaît sur deux thèmes, quant au bugle ou à la trompette bouchée de Jean-Paul Estiévanart, ils se marient idéalement à la voix cristalline de Natacha et au piano primesautier de Charles sur les deux compositions de Gerschwin. Enfin, l’Orchestre de Chambre de la Néthen, au sein duquel on retrouve le violoncelle de Kathy Adam, apporte ses nappes de cordes sur trois thèmes, notamment sur les Yeux Noirs, dans un tourbillonnant dialogue entre voix et cordes sans  rythmique. Bref, une belle réussite qui illustre parfaitement toutes les palettes vocales de Natacha Wuyts en parfaite osmose avec le doigté limpide de Charles Loos.

Claude Loxhay