Yoann Loustalot, Slow oct17

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Yoann Loustalot, Slow

Yoann Loustalot-Julien Touery-Eric Surmenian-Laurent Paris

Slow 

BRUIT CHIC

Yoann Loustalot est un des trompettistes les plus actifs de la scène française actuelle. Avec le saxophoniste Fred Borey, au sein de Lucky Dog, il a enregistré, en Cité Ardente, « Live At The Jacques Pelzer Jazz Club ». En compagnie du pianiste François Chesnel, du bassiste Frédéric Chiffoleau et du batteur Christophe Marguet, il a gravé « Old And New Songs ». Avec Aérophone, il a enregistré en compagnie de Glenn Ferris et, en trio avec François Chesnel, il a gravé « Pièces en forme de flocons ». Le voici à la tête d’un nouveau quartet quatre étoiles. Au piano, Julien Touery, membre du quartet d’Emile Parisien (quatre albums dont « Spezial Snack »). Il a aussi côtoyé Michel Portal comme Louis Sclavis et a enregistré avec Sylvain Kassap (« 8 Détours ») et Christophe Marguet (« Happy Hours »). A la contrebasse, Eric Surmenian qui, après s’être tourné vers la guitare, a opté pour la contrebasse au Conservatoire de Marseille puis à Amsterdam. Musicien très sollicité, il a croisé aussi bien les Français Eric Barret et Serge Lazarevitch que les Belges Eric Vermeulen, Bart Defoort et Diederik Wissels pour « Streams » ou Toine Thys pour « Take The Duck » mais aussi le Néérlandais Ernst Reijseger. Plutôt que de choisir un batteur, Yoann Loustalot a opté pour un percussionniste : Laurent Paris qui, après des études de percussions classiques, s’est inscrit à l’IACP pour un parcours jazz. Il a ainsi côtoyé Guillaume de Chassy (piano), Denis Badault (piano) ou Jean-Marc Padovani (sax). Cet album « Slow » est un véritable éloge du calme, de la lenteur et du lyrisme mélodique. Au répertoire, 5 compositions du leader, 3 du pianiste, 1 du bassiste et 1 du percussionniste, avec une inspiration commune : les paysages nordiques (Fjords ou Vers le Nord de Touery, Saoul les nuages ou Sonnig und dabei kalt, soit « ensoleillé et froid » de Loustalot ou Winter de Laurent Paris. Avec la sonorité ouatée de son bugle, Yoann Loustalot brode une invitation à l’introspection, comme sur Table rase qui évoque cette technique d’écriture spontanée à laquelle il se livre 10 minutes chaque matin et qui propose un beau solo de piano. La musique se fait contemplative, toujours avec ce bugle aux teintes irisées, avec le motif obsédant de Fjords. On retrouve encore le bugle, ce « son de l’âme » selon l’expression d’Enrico Rava, sur Sonnig und dabei kalt ou sur Ama Lur Gaixoa, titre de en langue basque de Surmenian, signifiant « terre-mer malade ». Yoann passe à la trompette, avec une sonorité plus tranchante sur Vers l’Ouest ou sur Vers le Nord ou avec la sonorité ouatée d’une sourdine sur Winter. Par ailleurs, Yoann est parfaitement aidé par le lyrisme naturel de Julien Touery, la contrebasse de Surmenian, parfois jouée avec l’archet (Winter) ainsi que le jeu original et tout en délicatesse de Laurent Paris : des sons frottés, grattés ou percutés, avec force cymbales ou bol tibétain (Vers le Nord). A noter aussi, l’intro bruitiste de Métal contact, avec cymbale frottée sur la grosse caisse. Slow, un autre versant du talent de Yoann Loustalot.

Claude  Loxhay