Pépites #53, Around Jazz oct15

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Pépites #53, Around Jazz

Around Jazz, quelques pépites…

C’est du jazz… mais pas tout à fait non plus. Voici une collection de disques qui méritent qu’on leur rétrocède une oreille très attentive.

Crosscurrents Trio,

Good Hope

EDITION RECORDS

Dave Holland à la contrebasse, Zakir Hussain aux tablas et aux percussions, Chris Potter, le jeunot du trio, aux saxophones. Ceci ressemble ma foi à une « dream team ». Aux allures mondiales qui plus est. Les trois musiciens proviennent en effet de continents et de cultures différentes. Cette précision est importante car les Crosscurrents puisent dans leurs différences, l’intégration culturelle et le respect mutuel, l’énergie et la force de leur projet. A ce stade, et lorsque l’on connaît les aptitudes techniques que possèdent les trois acolytes pour le maniement de leurs instruments respectifs, on pourrait attendre de ce « Good Hope » le résultat d’une démonstration en bonne et due forme. Il n’en sera (heureusement) rien… Comme l’indiquent la photo de couverture (les vagues d’une mer sans horizon) et le titre de l’album (« Good Hope »), les trois hommes délivrent ici un message humanitaire qui trace ses connections improvisées entre les points cardinaux. Puissent les organisateurs de festivals l’entendre avant l’été…

 

75 Dollar Bill,

I Was Real

TAKa:TIL

Ce patronyme tout d’abord… Un billet de septante-cinq dollars ! Bien vu ! 75 Dollar Bill donc est un duo new-yorkais qui publie avec ce « I Was Real » son troisième album. La musique de Che Chen (guitares branchées sur amplis fatigués) et Rick Brown (kit de batterie incomplet) se situe à l’exacte rencontre des bissectrices d’un triangle dont les côtés auraient pour noms Godspeed You ! Black Emperor, le Velvet Underground et Tinariwen. GYBE pour ses longues envolées oniriques, le Velvet pour son penchant en faveur de farandoles un peu foutraques, et Tinariwen pour le son et l’esprit. A la manière du dernier cité, « 75 Dollar Bill » s’accroche désespérément à un gimmick asséché comme le naufragé à sa bouée de survie. A la longue, les amplis surchauffent, les peaux brûlent, tandis que nous nous surprenons à taper du pied en cadence. Ca s’appelle la plénitude et ça mérite qu’on leur attribue la paternité d’un nouveau billet de banque.

 

Baba Sissoko,

Amadran

HOME RECORDS

Où il s’agit de retourner à la source, au plus près de l’os, sans artifices. Chacun son histoire. Celle de Baba Sissoko remonte à la descendance Fakoli, fondateur de l’Empire Mandingue. De ce prince, la famille Sissoko a hérité d’un intérêt pour la culture et du don pour faire de la musique. Pris en charge par son grand-père, Baba apprend les gestes qui en font un musicien… Le tambour tamani, mais aussi le n’goni, la guitare traditionnelle malienne, sont ses instruments de prédilection. Ils lui ouvriront des horizons internationaux. Parmi la liste non exhaustive des collaborations qu’on lui connaît, nous citerons bien volontiers les Belges d’Aka Moon, Habib Koité et même l’Art Ensemble of Chicago ! Ca, c’est pour l’histoire… Pour nous en tenir à l’actualité, il y a ce nouvel album publié chez les Liégeois de HomeRecords. Enregistré en solo, d’une franchise et d’une authenticité rarement entendue en ces temps qui manquent de légèreté. Armé de quelques cordes, de sa voix et d’un écho léger, Baba Sissoko chante la sagesse, les traditions et la terre. Aux sources d’un blues aride, l’homme nous offre ce qu’il possède de mieux : un bonheur serein.

 

Joseph « YT » Boulier