Toronzo Cannon & The Chicago Way nov11

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Toronzo Cannon & The Chicago Way

Toronzo Cannon & The Chicago Way,

The Preacher, The Politician Or The Pimp

ALLIGATOR RECORDS

Cannon est né à Chicago en 1968. Acquis au blues, il a acheté sa première guitare en 1990 et de 1996 à 2002 il va jouer avec toute une série de blues bands avant de former les Cannonball Express. Après 3 albums, « My Woman » (2007, autoproduit), « Leaving Mood » ( 2011, Delmark Rec.) et « John The Conqueror Root » ( 2013, Delmark), il a rejoint la famille Alligator Records en 2016 avec un premier opus « The Chicago Way », en route pour une gloire nationale et internationale. Il est aujourd’hui un des guitaristes/chanteurs/compositeurs les plus doués de sa génération. Il déborde de talent et les amateurs de blues l’ont bien compris, ils sont nombreux à le suivre dans ses concerts en clubs comme en festivals et dans ses tournées, tant aux USA qu’en Europe. Curieusement il a gardé son métier de conducteur de bus au sein du CTA (Chicago Transit Authority), il y tient beaucoup car il est un observateur attentif du comportement des gens, de leurs discussions sur la vie, la politique, les crises, etc… Que ce soit en journée dans son bus ou le soir dans les clubs, tout cela inspire largement ses compositions. C’est encore le cas dans ce nouvel album, il a composé les 12 titres et l’actualité du moment y est présente, avec un humour teinté de férocité comme dans (I need Some)Insurance, un problème prégnant et concret en Amérique avec les essais de l’administration Trump pour supprimer l’Obama Care; le titre éponyme est lui aussi dans cette catégorie : il y décortique les différences et travers entre ces 3 catégories de personnages, sans oublier The Silence Of My Friends où il cloue au pilori ceux qui refusent de parler d’(in)justice sociale, etc. Sans oublier le machisme ambiant avec Stop Me When I’m Lying avec sa touche New Orleans amenée par un trio de cuivres (Joe Clark trompette, Mark Hiebert saxe baryton, Chris Shuttleworth trombone) et boostée par R.Purifoy au piano ainsi que les problèmes de couple dans (Give Me An)Ordinary Woman, Let Me Lay My Love On You, She Loved Me (Again). Inutile d’insister sur ses autres talents, tant ils sont évidents et récurrents : comme chanteur avec un timbre bien reconnaissable (ce qui est la marque de tous les grands bluesmen) et comme guitariste avec une virtuosité étourdissante, un registre très large et une créativité sans failles de bout en bout. Ses partenaires sont à la hauteur avec Roosevelt Purifoy( piano, orgue), Marvin Little (basse) et Melvin Carlisle (batterie) sans oublier les guests dans d’autres points forts de l’album : Nora Jean Bruso (voix) dans le bien balancé That’s What I love About ‘Cha, Billy Branch (harmonica) dans Insurance, – avec en prime, le boss, Bruce Iglauer en personne dans le rôle du médecin – et Joanna Connor (slide guitare) dans un très émotionnel I’m not scared. Le blues, le vrai, à la mode Chicago.

Robert Sacre