Pépites #71, Around Jazz fév25

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Pépites #71, Around Jazz

Around jazz, quelques pépites…

C’est du jazz… mais pas tout à fait non plus.

Voici une collection de disques qui méritent qu’on leur rétrocède une oreille très attentive.

Angel Bat Dawid,

The Oracle

INTERNATIONAL ANTHEM

Autrefois, lorsqu’elle logeait sur Terre, Angel Bat Dawid s’appelait Angel Elmore. Angel Bat Dawid vient de Chicago. Mais en vérité, elle vit dans une lointaine galaxie, sur une planète au nom imprononçable. Là-bas, elle occupe un manoir qu’elle a aménagé en studio d’enregistrement, où s’entassent pêle-mêle tous ses instruments. Piano électrique déglingué, harpe rafistolée, quelques vents, … Puis un téléphone portable aussi, qui lui sert d’enregistreur. Toute petite déjà (c’est elle qui apparaît sur la pochette de son disque), Angel Bat Dawid pouvait se débrouiller seule. Elle demande rien à personne, il n’y a aucune inquiétude à se faire pour elle. Seul un percussionniste venu d’Afrique du Sud sera autorisé à franchir la porte du manoir, pour quelques échanges en vase clos. La nuit, dans son studio aménagé dans ce manoir qui se trouve sur une planète au nom imprononçable, là-bas dans une lointaine galaxie, Angel Bat Dawid rassemble des éléments pour confectionner des chansons. Des chansons qui touchent au jazz et au gospel. Des chansons qui nous touchent aussi et qui font du bien, car Angel Bat Dawid est une grande sensible… Avant que l’aube ne se lève, elle dépose discrètement ses chansons dans notre boîte aux lettres, comme le facteur vous dépose le journal que vous lirez en sirotant le premier café de la journée. Le métier de Angel Bat Dawid, c’est musicienne. Enfin, si on voulait être plus précis, ce serait clarinettiste et chanteuse, même si elle joue tous les instruments que l’on entend sur son disque, sans virtuosité particulière d’ailleurs. Mais c’est un leurre… Je vous le dis, en vérité le métier de Angel Bat Dawid, c’est magicienne.

Noah Vanden Abeele,

Universe

MUNICH RECORDS

Depuis qu’il s’est assis cette première fois devant le piano qui trônait chez ses grand-parents à Renaix, Noah n’a plus quitté cet instrument qui le transporte loin des tensions, vers des paysages que son imagination invente au gré des improvisations. A l’époque, il n’a que quatre ans et beaucoup de volonté. Il faudra grandir, ne serait-ce que pour atteindre l’ensemble des touches d’ivoire. Puis passer le cap du solfège, des professeurs particuliers pas toujours agréables, du Conservatoire… Décider, enfin et à l’adolescence, que cet instrument l’accompagnerait dans un métier qu’il exercerait « dans sa vie d’homme ». Avec ses joies, mais aussi avec beaucoup de doutes. En une belle poignée d’instrumentaux piano + cordes, c’est tout ce chemin parcouru par Noah Vanden Abeele que « Universe » raconte. Son univers, forcément. Un univers chargé d’émotion et d’intimité. On n’entre pas dans cet univers-là comme on arrive chez des amis en criant « salut la compagnie ! », mais bien sur la pointe des pieds, en franchissant une porte dérobée, en s’assurant au préalable qu’elle ne grincera pas. Ce disque néo-classique, tendance « romantisme » trouvera sa place sur les étagères où l’attendent déjà ceux de Wim Mertens, Yann Tiersen ou encore Christine Ott. Apaisant !

Noah Vanden Abeele en concert : Arenbergschouwburg d’Anvers le dimanche 1er mars, au Festival 2020 de Courtrai, le samedi 7 mars et au Cactus Club de Bruges le samedi 28 mars.

BeraadGeslagen,

Duizeldorp

W.E.R.F.

Cet album est sorti il y a un an. Si on vous en parle aujourd’hui, c’est parce que ce duo de pure souche flamande occupe les salles du Sud ces jours-ci. Et ça, les échanges Erasmus façon «culturel», on aime bien ! Remarquez, les plus attentifs d’entre vous (pour autant que vous appréciez comme nous ce festival) l’avait déjà applaudi à tout rompre lorsque le BeraadGeslagen nous avait rendu visite au Micro l’été dernier. Bluffés ! Deux gars, bien ancrés sur la nouvelle scène flamande qui se maintient décidément à un très haut niveau. Lander Gyselinck percute (notamment) au sein de la formation STUFF. tandis que son comparse, Fulco Ottervanger tient les claviers (notamment) pour le trio De Beren Gieren. Deux groupes dont Jazz Around s’est déjà fait l’écho. La musique de BeraadGeslagen s’inspire de celle de ses groupes de source autant que de l’imagination sans limites des deux hommes. Ce jazz-là est aventureux, situé aux frontières de l’alternatif et d’une électro-pop guillerette. A voir et à entendre pour l’originalité d’un concert à 360° (le groupe évolue au milieu de la salle) : A l’Atelier 210 (Bruxelles) le 26 février, au KulturA (Liège) le 5 mars et à l’Eden (Charleroi) le 6 mars.

Joseph « YT » Boulier