Pépites #78, Around Jazz avr14

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Pépites #78, Around Jazz

Around Jazz, quelques pépites…

C’est du jazz… mais pas tout à fait non plus.

Voici une collection de disques qui méritent qu’on leur rétrocède une oreille très attentive.

Un gars plus un autre gars… Plus précisément, un gars avec un batteur. Cette formule à deux complices commence à courir les rues en Belgique. Une formule qui offre quelques avantages… D’abord pour l’agencement de l’agenda des répétitions et des concerts, nettement plus aisé à organiser en duo qu’en octet… Pratique aussi pour une mise en place technique. Ça donne nettement moins de boulot aux ingénieurs du son (quoique…). Trêve de mauvaise plaisanterie, les duos batterie / claviers (ou guitare) font l’actualité chez nous en ce moment. Les « pépites » vous proposent de faire un état des lieux de quelques « disques qui méritent qu’on leur rétrocède une oreille très attentive »… A savourer à deux, avec la distance sociale requise.

On démarre avec Schntzl, un duo dont le patronyme se prononce comme il s’écrit. Libre à vous d’ajouter les voyelles nécessaires pour en faire une escalope cuisinée à la façon allemande. Deux amis de longue date qui, très jeunes déjà, ont remporté quelques concours (dont le STORM ! 2015), histoire de les propulser au titre de sérieux candidats pour remporter la catégorie des « grands espoirs du jazz flamand ». Aux claviers, Hendrik Lasure qui, du haut de ses vingt ans, voire un peu plus, a déjà cumulé les expériences. Citons, à titre d’exemples, le quintette Tacalan (déjà avec le même batteur), un duo avec Erik Bogaerts et le groupe de Francesca Palamidessi. A la batterie, un surdoué ! Casper Van De Velde, l’un des membre du trio Donder, dont Jazz Around s’est fait l’écho à de nombreuses reprises. « Catwalk », publié chez W.E.R.F. est leur second album et marie, comme le premier cédé éponyme sorti en 2016, le jazz à une certaine forme d’electronica. Ce disque a été produit par Koen Gisen, qui, l’oreille avisée, n’a pas hésité un seul instant à intégrer le duo au sein de la formation qui devait accompagner son épouse An Pierlé en tournée (fichu virus…). Notez à ce propos que le concert de Schntzl initialement prévu à l’Ancienne Belgique le 31 mai a été repoussé au 4 octobre…

On poursuit avec une formule très semblable, sinon que chez les Tournaisiens de Glass Museum, on utilise davantage le piano que les synthétiseurs. Ce qui marque un peu plus les effets de la dualité musique classique (dont est issu le claviériste Antoine Flipo) / rock (qui est le domaine du batteur Martin Grégoire). Changement de label pour le duo, qui atterrit chez les Gantois de Sdban Records après avoir connu une année riche en succès. Il est vrai que leur premier album « Deux » produit par la structure Jaune Orange, ne manquait pas d’attraits… On attendait ce « Reykjavik » sans trop d’appréhensions, mais avec prudence néanmoins. On sait en effet qu’il est toujours plus difficile de confirmer un succès que de l’atteindre. Changement de label donc, mais pas de changement de cap. On oscille toujours entre un néo-classique mélodieux et une musique aux allures pop légère. Ou mélancolique, au choix…  Notez que la tournée de Glass Museum subit elle aussi les effets du COVID-19 (fichu virus…). On y reviendra dans l’agenda des concerts disponible sur la page FaceBook de JazzAround…

Parfois, une simple photo – © Carlo Van Den Heuvel – suffit pour que l’on devine déjà… Ici, avec La Jungle, on entre dans une nouvelle dimension qui soulève les passions et les culs hors des chaises. Il y a dans cette photo, une reproduction fidèle et précise de l’énergie qui habite Jim et Roxie. La puissance de l’atome ! Au service d’une musique instrumentale qui puise ses sonorités dans le rock métallique et ses effets hypnotiques dans la techno. Pour produire ces déflagrations supersoniques venues d’un nouveau monde, il leur faudra disposer chacun des bras d’une pieuvre et de bons samplers. C’est bien entendu en concert que le duo montois déploie l’étendue de ses capacités à vous subjuguer. L’agenda était particulièrement bien rempli… Nous avions même convenu de nous rencontrer à la Zone (Liège) où devait officiellement sortir ce live gentiment intitulé « Coucou Beuh » (une production EXAG Records)… Un album uniquement disponible en version double vinyle, enregistré lors de la dernière édition du festival de Dour (où le duo a fait un malheur…) et au Périscope de Lyon (où le duo a certainement fait un malheur aussi…). Djû ! Fichu virus, vraiment !

N.B. : le concert à la Zone (donc notre rencontre) est reporté au samedi 31 octobre.     
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Fin de notre parcours duettistes avec Bààn, qui se compose de Pascal N. « Paulson » Paulus aux claviers (multi-instrumentiste aux côtés de notre chère Melanie D.) et de Jean-Philippe De Gheest aux fûts (fin collaborateur de Mark « Queens of the Stone Age » Lanegan et activiste au sein du trio Piloot). Ce duo est né à Bruxelles en 2016 et compte à présent trois albums dans sa discographie. On s’éloigne ici du métal de La Jungle, mais aussi de l’electronica-jazz abordé plus haut. Mais pour aller dans quelle direction me direz-vous ? Facile : tout droit au paradis ! Tout en demeurant peu éloigné des influences du jazz, Bààn déploie ses tentacules dans un post-rock psychédélique et tournoyant. Un tourbillon en effet dans lequel on se laisse happer avec plaisir… Une dose de dopamine transmise par des claviers floydiens soutenus par une rythmique bornée. « Reset » (une publication Electric Woman), comprend trois titres marathoniens à savourer sur une platine Technics montée à la main dans une unité de production Matsushita. Tentant non ?!

Etat des lieux

- Schntzl : Catwalk (W.E.R.F.) ;

- Glass Museum : Reykjavik (Sdban Records) ;

- La Jungle : Coucou Beuh (EXAG Records) ;

- Bààn : Reset (Electric Woman Records).

Joseph « YT » Boulier