Berardi, Foran & Karlen : Haven nov27

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Berardi, Foran & Karlen : Haven

Earshift music

Ce n’est pas tous les jours qu’un label australien nous fait parvenir directement un cd. Ce trio, formé en 2014 à Brisbane, regroupe des musiciens assez renommés sur leur continent, à savoir la chanteuse Kristin Berardi (vocaliste lauréate au Montreux Jazz Festival), le pianiste Sean Foran (de Trichotomy) et le saxophoniste Rafael Karlen. Mais il y a un « special guest » qui nous donne un élément probant sur l’arrivée de ce disque à la rédaction : la présence du vibraphoniste luxembourgeois Pascal Schumacher aux côtés du trio du Queensland ! Après « Hope in My Pocket » paru en 2015 voici donc « Haven ». Enregistrée en juin 2017, cette musique a mis trois ans avant de se voir publiée. Etrange mais aucune explication à vous fournir. Sur une superbe photo prise de l’espace, on découvre, je suppose, la plage de Whitehaven avec son sable blanc face à la mer de Corail. Cette pochette est en parfait accord avec la musique proposée par ces musiciens et cette chanteuse. Le disque s’ouvre avec la superbe ballade, sortie en single, « No Shepherds Live Here »  qui pourrait faire partie du répertoire de Rickie Lee Jones ou de Kate Bush,  avec un très bel échange piano / vibraphone cristallin caressé ensuite par le saxophone. Et la musique va continuer son ruissellement, souvent sous cette forme, tout en douceur, survolée par les délicates vocalises de Kristin (j’avoue : j’ai parfois regretté de vraies paroles mais l’improvisation fait partie de son adn), les souffles de Rafael et toujours ce cristal, cette pureté instrumentale. On entendrait presque la touche qui s’enfonce pour frapper la corde du piano (un piano à queue Shigeru Kawai quand même !). Ce jazz relativement doux, de facture minimaliste, s’écoute de préférence dans un endroit propice à la rêverie, un coin cosy, tamisé par de petites lumières, où on va se laisser envahir par les notes distillées avec économie. Et les pensées alors vagabondent. Tellement loin qu’on va se retrouver dans le bush le temps d’un « Bushfire Two » où le saxophone sonne pratiquement comme un didgeridoo ! Landscape music sans équivoque. C’est le titre « Begin Again » qui referme cet album et si votre voyage intérieur est toujours d’une belle plénitude, vous savez où se trouve la touche Play. Et les caresses de « Haven » recommencent… J’ai adoré. Nous reviendrons vers ce groupe et plus particulièrement vers le pianiste Sean Foran via « Between the Lines » le nouveau cd de Trichotomy qu’il a promis de nous faire parvenir.

Claudy Jalet