Francesco Cataldo, Spaces juin11

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Francesco Cataldo, Spaces

Francesco Cataldo, Spaces (Alfa Music)

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Le guitariste et compositeur italien Francesco Cataldo a le chic de savoir bien s’entourer : Clarence Penne à la batterie, Scott Colley à la contrebasse, David Binney au saxophone, Erik Frielander au violoncelle pour un titre et, last but not least, son compatriote et complice, le pianiste Salvatore Bonafede. « Spaces » a été enregistré et mixé à New York, voilà bien autant de signaux avant-coureurs pour une galette qui devrait surprendre. Las, le cédé interpelle, face à la production actuelle. La maîtrise technique et le sens de l’écoute des membres du quintet sont mis au service d’une écriture avec un sens de la mélodie maîtrisé, dominé par une tension perpétuelle entre un sourire et une larme… un blues à l’italienne ? Le premier titre de l’album, Our Jazz (Prologue),  ne doit sans aucun doute rien au hasard. Francecso Cataldo semble inviter l’auditeur pour un voyage dans la note bleue, version européenne, méditerranéenne… Mais, Ortigia, le quatrième titre de l’album, qui en compte 12, pour plus de 75 minutes au total, laisse déjà une impression de déjà entendu. En effet, la structure de « Spaces » ressemble fort à une suite, aux harmonies, à la sonorité, comme un fil rouge. D’ailleurs, le dernier titre The Rain And Us, est sous-titré Épilogue ! Ceci souligne cette intuition de départ. S’agit-il d’un parti pris du guitariste qui a programmé son instrument entre la sonorité grasse de John Scofield et l’attaque incisive d’un Mike Stern ? La guitare acoustique sur Your Silence, mise à part, bien entendu. Les rythmes son plutôt donwtempo, ce qui donne l’occasion de goûter avec plaisir aux moindres détails du travail d’accompagnement de Clarence Penn et Scott Colley, ainsi qu’au minimalisme et à la science rythmique de Salvadore Bonafede. « Spaces » nous révèle donc une écriture, une sensibilité, un univers, à explorer encore, un univers qui, dans un environnement moins standard deviendrait plus parlant, avec pourquoi pas des cordes – un quatuor ou un orchestre de chambre – pour ouvrir le jeu. L’écriture de Francesco Cataldo mérite plus d’espace… justement !

Philippe Schoonbrood